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La Tribune - Comment expliquez le bon comportement du marché du travail allemand ?
- Il y a trois raisons principales. On a, d'abord, pris des mesures pour faciliter les mesures de réductions de temps de travail. Cela concerne le chômage partiel (Kurzarbeit), mais pas seulement. Les entreprises ont également utilisé la possibilité de solder les "comptes épargne temps" et de réduire les heures supplémentaires. Ces mesures ont permis, grâce à la réduction du nombre d'heures travaillées, de faire face à la réduction massive des commandes et de la production sans réduire le nombre de salariés. Cela a naturellement eu un coût pour l'Etat, qui a subventionné le chômage partiel, pour les entreprises qui ont dû continuer à payer en partie leurs salariés et pour les salariés qui ont dû accepter de voir leurs rémunérations baisser temporairement. Cette stratégie a cependant bien fonctionné parce que la crise a été courte. L'Allemagne a profité de circonstances heureuses.
La deuxième raison de ce bon comportement est sectorielle. L'industrie allemande a réduit ses effectifs, malgré ces mesures, pendant la crise, mais cette tendance a été compensée par le secteur des services sociaux, comme la santé, l'assistance ou l'éducation, qui a continué à créer beaucoup d'emplois.
Enfin, la troisième raison est démographique. De plus en plus de personnes quittent pour des raisons d'âge le marché du travail où de moins en moins de jeunes entrent en raison de la faible natalité et des études plus longues. Avec un solde migratoire devenu négatif, l'arrivée sur le marché du travail de nouvelles personnes, notamment des femmes, ne suffit pas à compenser ce phénomène. L'an passé, il y avait 60.000 personnes de moins sur le marché du travail allemand.
- Comment voyez-vous l'évolution future du marché du travail en Allemagne ?
- Actuellement, cette évolution est très positive, mais avec un taux de chômage de 7,5 %, l'Allemagne est encore loin du plein-emploi que l'on peut estimer à 4 %. Il existe encore des problèmes en Allemagne et on ne peut parler d'expansion du marché du travail. Le nombre de chômeurs de longue durée est particulièrement inquiétant, y compris en comparaison avec les autres pays européens. Les réformes Hartz ont réduit le problème, mais il y a encore beaucoup à faire pour réussir l'intégration de ces chômeurs de longue durée.
- L'Allemagne peut-elle être un modèle pour l'Europe en termes d'emploi ?
- Je vois toujours avec scepticisme le transfert d'un système dans un autre pays. Chaque pays a ses particularités et l'implantation ailleurs d'éléments comme le travail partiel pourrait ne pas forcement être un succès.
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tonio a écrit le 21/08/2010 à 07:56 :
d' une façon globale, l'allemagne a conservé son secteur secondaire contrairement à la france. Croire que l'on peut se passer de l'industrie dans un économie capitaliste c'est une erreur que la france paie chaque jour un peu plus.
thejy a écrit le 20/08/2010 à 13:45 :
Tout à fait d'accord avec Diesec, on en a un parfait exemple avec SAGEM qui s'était fait une spécialité de la baisse des coûts. La pression induite sur les salariés et fournisseurs a provoqué une érosion du savoir faire technique et in-fine, la vente des activités (équipement auto, mobiles, etc.)
lamiche a écrit le 10/08/2010 à 14:25 :
il faudrait envoyer Sarko et Lagarde faire un stae en Allemagne. Quand on pense que mme Lagarde s'est permis de critiquer le comportement industriel des allemands, c'est honeux et scandaleux
réduction-réduction a écrit le 30/07/2010 à 19:53 :
réduction du temps de travail et réduction du chomage, comme quoi!
Diesec a écrit le 30/07/2010 à 09:20 :
Les économistes oublient toujours le fond et n'analysent que des chiffres. Le tournant Allemagne, France s'est fait après le 1er choc pétrolier et surtout dans la période Barre. la structure déjà différente de notre tissu industriel a alors été orientée nettement vers une consommation dirigée par le prix au détriment de la qualité. Les allemands dont l'industrie est un agglomérat de PME familiales sont sans stratégie aucune restés sur leur ligne. On produit ce qu'a toujours su faire et tant pis pour le client qui ne pourra pas acheter immédiatement, il patientera. Cette non intervention de l'analyse sur l'industrie qui a été rendue possible en France, pays de Grands Groupes Industriels, dont les dirigeant sont nommés par l'état porte ses fruits maintenant de la manière la plus évidente. Les pays émergents savent produire pas cher et n'achètent à l'extérieur que qualité et image. Ce que nous avons dilapidé merci les analystes économiques.
nicolasd a écrit le 30/07/2010 à 08:56 :
Tout cela semble logique pour pour un allemand, mais pas pour Sarkozy qui fait le contraire de ces mesures bonnes pour l'emploi.
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d' une façon globale, l'allemagne a conservé son secteur secondaire contrairement à la france. Croire que l'on peut se passer de l'industrie dans un économie capitaliste c'est une erreur que la france paie chaque jour un peu plus.
par tonio le 21/08/2010 à 07:56
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