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Allemagne : le chômage est au plus bas depuis vingt ans

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Frank Paul Weber, à Berlin  |   -  360  mots
Un demi-million d'emplois ont été créés en 2011. Et les employeurs allemands n'entendent pas dégraisser, malgré la phase actuelle de récession.

Lors de ses voeux au pays, samedi dernier, la chancelière Angela Merkel n'avait pas manqué de le souligner : « Le chômage est à son niveau le plus bas depuis vingt ans », soit moins de 6 % (au sens du BIT). "L'Allemagne va bien, même si l'an prochain [2012, Ndlr] sera sans doute plus difficile que 2011", avait-elle toutefois ajouté.

Outre-Rhin, 41,04 millions de personnes ont un emploi : c'est un nouveau record et un chiffre plus élevé encore qu'au moment de la réunification du pays en 1990, avant même que, dans l'ex-RDA, des licenciements massifs soient opérés.

En un an, l'économie allemande, en croissance d'environ 3 %, a créé plus d'un demi-million d'emplois (535.000 pour la précision), indique l'Office fédéral des statistiques.

Et malgré un net ralentissement de l'activité attendu pour cette année (voir aussi page 6), soit une progression du produit intérieur brut (PIB) de seulement 0,6 %, le nombre de personnes disposant d'un travail en Allemagne devrait atteindre un nouveau niveau record, selon la plupart des économistes.

D'après l'institut de recherche RWI d'Essen, 41,24 millions de personnes devraient avoir un job en 2012. Pour son homologue de Berlin, le DIW, 120.000 emplois seront créés en douze mois malgré la courte phase de récession de ce début d'année. La première économie de la zone euro va continuer à profiter des effets des deux dernières années de forte croissance : « Malgré le flot d'informations négatives, les entreprises ont toujours un énorme carnet de commandes, cela soutient le marché du travail », explique Andreas Rees, économiste à UniCredit. "Avant Noël, quelques constructeurs automobiles ont même annoncé une réduction du temps de vacances de décembre pour assurer ces commandes encore à honorer", rappelle-t-il, prévoyant une poursuite des créations d'emplois dans les prochains mois.

Malgré l'actuelle phase de récession, les employeurs n'ont, en majorité, pas l'intention de réduire leurs effectifs : seuls 8 secteurs sur les 46 dénombrés par l'institut de recherche IW de Cologne (proche du patronat) envisagent des coupes dans leur personnel. Les autres veulent maintenir l'emploi, les secteurs des machines-outils, de l'aéronautique, de l'édition et du commerce prévoyant même d'embaucher.

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Commentaires

La Vigie  a écrit le 07/02/2012 à 17:14 :

Dans un contexte vous ne vous interrogez pas sur la performance de l'Allemagne qui paraît trop belle pour ne rien caché!!! Enqueter et faite votre boulot de journalise. Visiblement le dépot de bilan ne vous a rien appris!
L'Allemagne ne va pas bien du tout!!!!!! comme les autres pays européens.

EIFFEL  a écrit le 05/01/2012 à 8:35 :

Avec une population en décroissance, l'Allemagne est un modèle économique et social.

La Palisse  a écrit le 05/01/2012 à 7:35 :

Les conditions de départ et avantages naturels des pays de l'Union Monétaire sont très différents les uns des autres.
Même si la France ou encore moins l'Italie, par un effort surhumain pouvait arriver à égaler l'Allemagne et son excédent commercial, cela voudrait dire que le déficit des membres de la Zone Euro qui sont encore plus désavantagés que la France, devrait augmenter. Le problème reste le même. Il ne peut pas y avoir d'excédent sans déficit équivalent. Il est mathématiquement impossible que tout le monde ait un excédent commercial.
Au mieux une balance équilibrée est possible. Il faut donc modifier les accords de façon à limiter, même éviter, les excédents et déficits. C'est uniquement en modifiant les traités que l'on peut résoudre le problème des excédents et déficits entre des pays aussi différents les uns des autres que les pays membres de l'Union Monétaire Européenne.