Artisanat : la dentelle à fleur de peau
Fanny Arlandis
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

La maison Jean Bracq fabrique depuis 1889 de la dentelle sur des métiers à tisser d’époque.
© LTD / FANNY ARLANDIS
Fanny Arlandis
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

La maison Jean Bracq fabrique depuis 1889 de la dentelle sur des métiers à tisser d’époque.
© LTD / FANNY ARLANDIS
La photo, glissée dans un cadre, est accrochée au mur de la boutique, bien en évidence. « Voici notre meilleure représentante ! » pointe Julien Bracq, à la tête de l'entreprise de dentelle Jean Bracq, dont la manufacture se trouve en périphérie de Caudry, au cœur du Cambrésis. Sur l'image, Kate Middleton. La princesse de Galles arbore une longue robe noire et élégante toute en dentelle, signée Alexander McQueen. « Ça vient de chez nous, on reconnaît nos enfants ! » ponctue le dentellier avec fierté.
Soirées, galas... même à son mariage, Kate Middleton portait un ouvrage de Calais-Caudry. « En plus d'être raffinée, sa transparence offre des possibilités infinies », détaille Sylvie Facon en passant la main sous l'étoffe de l'une de ses robes. Cette créatrice arrageoise les conçoit toutes avec de la dentelle. « Travailler ce matériau m'est toujours apparu comme une évidence, indique-t-elle. J'en prélève des morceaux : les fleurs, les feuilles, comme si je faisais un bouquet. »
À lire également
Car la particularité de la dentelle de Calais-Caudry est de pouvoir être découpée sans s'émailler. Elle est confectionnée sur des métiers à tisser Leavers, du nom de son créateur, qui produisent un tissu à la fois solide et fin grâce à un système complexe d'entrelacements de fils noués. C'est le spectacle qui se déploie dans l'atelier de la manufacture Jean Bracq, où l'odeur d'huile se mélange à celle de l'acier. En bruit de fond, le rythme assourdissant et régulier des métiers en action. Sur l'un d'eux - monstre de 12 tonnes -, une dentelle chantilly aux traditionnels motifs floraux se dessine ligne après ligne. « De l'esquisse jusqu'à la dentelle ennoblie, le produit nécessite une vingtaine d'étapes, note Julien Bracq, cinquième génération à la tête de l'entreprise qui emploie 42 salariés. La plupart sont effectuées à la main, d'où son prix. »
Fanny Arlandis
Location meublée : la côte Atlantique au cœur du bras de fer entre économie locale et régulation nationale
Vencorex : les porteurs du projet de reprise Exalia contraints à l'abandon définitif
Risques sanitaires élevés : le bassin industriel autour de Saint-Nazaire reste sous surveillance
Montagne : la Banque des Territoires investit 6 milliards d’euros pour réinventer l’économie des massifs