Geert Wilders donne le ton de la future campagne électorale néerlandaise

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Geert Wilders, leader du PVV. Copyright AFP
Geert Wilders, leader du PVV. Copyright AFP
Le leader populiste qui a fait chuter le gouvernement de centre-droit se retrouve isolé et perd du terrain dans les sondages. Mais il n'en est pas moins celui qui impose les thèmes de la politique de Bruxelles et de l'euro aux médias et aux autres partis.

C?est Geert Wilders qui donne le ton et tient littéralement son pays en otage. Le populiste de droite, à la tête du troisième parti du pays depuis les législatives de juin 2010, avait choisi de soutenir la coalition de droite formée par les libéraux et les chrétiens démocrates depuis le Parlement. Et ce, sans prendre le risque d?assumer lui-même de responsabilités ministérielles. Il a décidé de faire tomber le gouvernement le 21 avril, lui retirant son soutien après sept semaines de vaines négociations sur de nouvelles mesures d?austérité.

Ne pas payer pour les Grecs

Les Pays-Bas, menacés par leur dette privée (223 % du PIB) et leur déficit budgétaire, ont déjà procédé dans le budget 2012 à des coupes claires de 18 milliards d?euros. Pour contenir le déficit sous la limite de 3 % du PIB imposée par Bruxelles et ne pas voir leur note de crédit dégradée, ils doivent faire encore 9 à 12 milliards d?économies. Ce qui risque d?aggraver la récession, en entamant le pouvoir d?achat, les retraites et l?emploi. ?Nous n?allons pas laisser nos vieux payer la note des fraudeurs grecs?, a déclaré Geert Wilders, aussitôt accusé par Neelie Kroes, Commissaire européenne à la concurrence issue du Parti libéral néerlandais (VVD), d?exposer une ?vision déformée? des faits.

Seul, mais omniprésent


Geert Wilders est seul désormais, notent les commentateurs politiques. Il prend le risque de se voir reprocher la paralysie politique du pays dans les prochains mois, au moment où il faudrait au contraire passer à l?action. Il ne peut plus espérer s?entendre avec les libéraux, qui restent en tête dans les sondages. L?actuel Premier ministre libéral Mark Rutte a vivement reproché son attitude à Geert Wilders. Le populiste de droite n?en reste pas moins la personnalité politique la plus citée par les médias de son pays. Il continue de donner le ?la?, annonçant le 22 avril que la campagne autour des prochaines législatives, sans doute à l?automne, porteront sur l?Europe et l?euro. Geert Wilders critique inlassablement Bruxelles et voudrait voir la monnaie unique européenne supprimée aux Pays-Bas, pour permettre à l?ancienne devise nationale, le florin, d?être réintroduite.


Quel profit va tirer de la situation le Parti de la liberté (PVV) de Geert Wilders? Pour l?instant, il se trouve en relatif déclin dans les sondages. Il retombe à la quatrième place derrière les libéraux, les chrétiens démocrates et les travaillistes. Si des élections se tenaient auourd?hui, il n?aurait plus que 19 sièges sur 150 au Parlement, contre 24 actuellement. Va-t-on pour autant vers un grand retour de la gauche aux Pays-Bas ? Rien n?est moins sûr. Le Parti travailliste (PVDA) pourrait retrouver sa place de troisième formation du pays. Mais le plus grand parti de gauche, impuissant ces dernières années face à l?essor de Wilders, se trouve en plein chambardement depuis la démission de son chef, Job Cohen, le 20 février dernier.

 

 

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Commentaires
a écrit le 24/04/2012 à 12:01 :
il y une erreur sur le ratio de la dette publique hollandaisz

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