La Tribune

Et pourquoi pas la franchise ?

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Élodie Burie  |   -  683  mots
La liberté du chef d'entreprise, mais avec le support d'un réseau : la franchise séduit des milliers de candidats chaque année. Encore faut-il en accepter les contraintes.

Devenir son propre patron tout en limitant les risques sur le type d'activité choisie : voilà ce qui attire en général les candidats à la franchise. « J'ai toujours voulu créer ma société, raconte Kamel Touzaline, 26 ans, qui vient de s'installer à Lyon comme franchisé WSI, un réseau né au Canada et spécialisé dans le conseil en marketing Internet (WSI signifie We simplify Internet). La franchise me permet d'être efficace rapidement et de profiter des expériences des autres membres. » Christophe Debuissy, qui a ouvert en début d'année le restaurant KFC de Calais (Nord-Pas-de-Calais), connaissait déjà très bien le métier et l'enseigne, dont il était jusqu'alors salarié. À 39 ans, il saisit l'opportunité de devenir partenaire. « Je connaissais bien l'entreprise de l'intérieur et je suis convaincu que la marque va se développer », explique-t-il. Aujourd'hui, il se retrouve à la tête d'une cinquantaine de collaborateurs qu'il a « le luxe d'avoir pu choisir » et peut exercer à plein ce « métier de polyvalence où il faut connaître aussi bien le marketing que les ressources humaines ». L'investissement du franchisé peut varier fortement suivant le type d'activité. Chez WSI, le droit d'entrée est de 39 700 euros, un montant qui inclut une formation intensive avec notamment une semaine à Toronto. Kamel Touzaline, lui, a été exonéré de ce paiement en tant que lauréat d'une initiative baptisée « Yes Program », lancée par WSI pour aider les jeunes. « Sinon, je n'aurais pas eu les moyens de financer cette somme », confie-t-il. Pour l'enseigne Âge d'Or Services, spécialisée dans l'aide aux personnes âgées ou dépendantes, « le droit d'entrée est très raisonnable, de 20 000 euros, confie Yvon Douarin, qui a monté en 2008 l'agence de Saint-Brieuc, dans les Côtes-d'Armor. À cela, il faut ajouter 30 000 euros de frais de démarrage ». Pour un restaurant KFC, l'investissement est beaucoup plus lourd, de 600000 à 800000 euros. Et le postulant doit se débrouiller. « J'ai monté moi-même mon financement avec mon banquier, mais comme je connaissais bien le métier et que l'enseigne a une bonne image, j'ai obtenu mes prêts sans problème », assure Christophe Debuissy. Lorsque la marque est respectée, les banques accordent leur confiance. « Ma banque m'a déroulé le tapis rouge », assure Anne-Carole Gueudin, lorsqu'elle a sollicité un prêt de 140 000 euros, avec un apport personnel de 60 000 euros, pour acquérir sa boutique de chocolats Jeff de Bruges, dans le centre de Metz (Moselle).
À ces mises de départ s'ajoutent des royalties versées au franchiseur et fonction du chiffre d'affaires. « Je verse 2 % de mon chiffre d'affaires hors taxes, précise Anne- Carole Gueudin. C'est un niveau qui me semble raisonnable. » Mais le ratio peut être plus élevé : 5 % chez Âge d'Or Services ou même 10 % chez WSI, selon l'Observatoire de la franchise.

La force d'une marque
En contrepartie, le réseau apporte des avantages. Une remise à niveau permanente, dans un monde de l'Internet en évolution rapide, chez WSI. « Je profite de la notoriété de l'enseigne, de ses campagnes de publicité, d'une centrale d'achats qui négocie les prix pour nous, énumère de son côté Christophe Debuissy. Et pour former mes salariés, j'ai pu les envoyer dans d'autres restaurants KFC de la région. » Chez Jeff de Bruges, Anne-Carole Gueudin s'est formée durant cinq semaines à la gestion d'un magasin. « Je profite aussi de la renommée de la marque, de ses publicités et d'un véritable accompagnement en cas de difficulté. » Autre avantage, « la franchise m'aide à m'équiper car Âge d'Or Services a noué des partenariats nationaux avec des fournisseurs comme Orange, Renault, Opel ou Fiat », se félicite Yvon Douarin. Au final, ces franchisés ne regrettent pas leur choix. « On se sent chef d'entreprise à part entière », assure Yvon Douarin. « J'ai une autonomie complète », ajoute Anne-Carole Gueudin, qui dit avoir passé deux ou trois ans à parcourir les salons de la franchise avant de se décider. Mais aujourd'hui, c'est « un vrai coup de coeur ». La preuve : elle prépare l'ouverture d'une deuxième boutique à la périphérie de Metz.

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