Après les législatives, Les Républicains dans la tourmente

 |   |  719  mots
A l'instar du PS, le parti Les Républicains se trouve dans la tourmente après la vague Macron. L'heure de la clarification - et peut-être de la scission - a sonné entre les partisans d'une droite dure et ceux qui se définissent comme constructifs face au nouveau Président de la République.
A l'instar du PS, le parti Les Républicains se trouve dans la tourmente après la vague Macron. L'heure de la clarification - et peut-être de la scission - a sonné entre les partisans d'une "droite dure" et ceux qui se définissent comme "constructifs" face au nouveau Président de la République. (Crédits : © Charles Platiau / Reuters)
Avec 137 élus, Les Républicains (LR) et l'UDI sauvent les meubles à l'Assemblée nationale. Mais le parti LR est en réalité très divisé entre ceux qui veulent travailler avec la majorité présidentielle et une ligne dure qui veut camper dans l’opposition. Une situation qui pourrait conduire à la scission du parti.

La cause est entendue, le Président de la République disposera d'une large majorité à l'Assemblée nationale avec 350 élus La République en Marche (LREM) et MoDem. Il va pouvoir dérouler son programme, à commencer par son emblématique réforme du Code du travail dont il a fait une priorité. Dès le 28 juin, le projet de loi d'habilitation à recourir aux ordonnances sera présenté en Conseil des ministres. A cet égard, bien qu'il n'en ait pas besoin - la majorité absolue se situe à 289 sièges -, le gouvernement sait qu'il pourra compter sur une majorité encore plus large à l'Assemblée pour voter ce texte, notamment dans les rangs du parti Les Républicains.

Les Républicains, principale force d'opposition...

De fait, et cela va être tout l'enjeu des semaines à venir, le séisme provoqué par cette longue séquence électorale (primaires, présidentielle et législatives) va faire sacrément tanguer la droite et notamment le parti Les Républicains (LR). LR, UDI et divers droite ont obtenu 137 députés (113 LR et 18 UDI), sur le papier, ils constituent la première force d'opposition à la majorité macroniste, devant le PS et ses alliés- qui ont été laminés avec 44 élus - et la France Insoumise/PCF (27 députés). Quant au Front national, avec 8 élus, il ne pourra pas constituer un groupe parlementaire (il faut 15 députés), sauf à s'entendre avec des personnalités « indépendantes ». Incontestablement donc, LR est bien le parti dominant de l'opposition... Mais encore faut-il que la formation sauve son unité. Et ce n'est pas du tout certain car l'heure de vérité est arrivée. Déjà, avant le premier tour, l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin avait tenté de mettre sur la table le débat sur le comportement à avoir avec le nouveau Président de la République. Bernard Accoyer, secrétaire général de LR, avait renvoyé la question après les législatives. On y est.

... mais miné par les conflits internes

En substance, deux lignes s'affrontent. Il y a d'une part les « constructifs », ceux qui veulent accorder la confiance à Edouard Philippe et soutenir la politique d'Emmanuel Macron. On retrouve là des personnalités comme les députés Thierry Solère, Franck Riester, Pierre-Yves Bournazel et le sénateur Jean-Pierre Raffarin. Ce camp "macroncompatible" veut donner sa chance à la nouvelle majorité et soutenir certains de ses projets, telle la réforme du Code du travail.

D'autre part, il y a les tenants d'une ligne « dure » qui ne veulent pas se voir « dilués » dans la majorité présidentielle et qui souhaitent s'opposer au gouvernement et ne voteront pas la confiance à Edouard Philippe, lui-même issu des rangs LR.

Eux refusent l'augmentation de la CSG de 1,7 point prônée par Emmanuel Macron. Ils lui reprochent aussi de n'être pas assez ferme sur les questions du terrorisme et de négliger la politique familiale...

Cette ligne est incarnée par les députés Eric Ciotti, Guillaume Peltier ou par le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez qui compte même briguer la présidence du parti LR à l'automne. Entre ces deux camps, on retrouve quelques ténors qui veulent tenter de sauver l'unité du parti, tels François Baroin - qui a déjà annoncé qu'il ne voterait pas la confiance au Premier ministre-, Valérie Pécresse ou encore Xavier Bertrand. Ça va tanguer donc. Et les occasions de se compter ne vont pas manquer. Déjà, Thierry Solère envisage de se présenter à la présidence du groupe LR à l'Assemblée. Il songe même à fonder un groupe autonome si la ligne dure l'emportait. Il y aura donc aussi le test du vote de la confiance à Edouard Philippe...

Si une scission n'est déjà pas intervenue d'ici là - le remaniement attendu du gouvernement pourrait être une bonne occasion pour Emmanuel Macron de « séduire » de nouvelles personnalités LR - , c'est au congrès du parti, à l'automne, que le débat sera définitivement tranché. Si Laurent Wauquiez accède à la présidence, on ne voit pas Thierry Solère et ses troupes cohabiter avec lui au sein du même mouvement. Comme au PS, l'heure de la clarification a donc sonné pour Les Républicains.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 20/06/2017 à 18:18 :
Dans une démocratie, le rôle de l'opposition c'est de discuter des lois proposées par le gouvernement selon ses convictions, sachant que c'est la majorité qui aura le dernier mot. Que veulent donc les républicains "constructifs": voter tout ce que propose Macron, devenir des béni oui-oui, ou simplement un poste donné par le Prince. Cette attitude qui se comprendrait s'il y avait une majorité à constituer me parer déplorable et anti constructive. LR a tout intérêt à voir ces girouettes rejoindre REM pour s'en débarrasser.
a écrit le 20/06/2017 à 15:16 :
LR serait très divisé. Certes, je le crois aussi. Mais l'article ne montre pas qu'il y aurait division sur le projet de réforme du code du travail, tout LR pourrait voter une réforme attendue; le "petit" problème porte sur le flou de ce qui constitue le projet Macron, et par suite celui du gouvernement. Les quelques uns qui se disent constructifs trahissent plusieurs points qu'ils ont défendu lors des présidentielles (CSG ou taxe d'habitation par exemple, plus généralement fiscalité, communautarisme ...); ils ont été les premiers à quitter le navire et ont une grande part dans l'échec de leur camp d'origine. Dès lors qu'il y a un rassemblement, il peut y avoir des sensibilités différentes. Aujourd'hui, ceux qui ont profité du soutien LR pour leur élection et sont prêts à rallier Macron qui dispose d'une majorité absolue présumée converger vers ce que dit Macron, me paraissent plus intéressés à leur carrière personnelle qu'au sort de la France. Je préfère ceux qui sans être dans une opposition systématique apprécieront les projets au cas par cas, à ceux qui vont faire allégeance sur un projet somme doute encore imprécis .
Réponse de le 20/06/2017 à 17:45 :
On se doute bien que les LR sont favorable à cette loi travail , elle était dans leur programme.Le plus écœurant est de voir des anciens du PS , cette fameuse aile droite aisée apparemment nombreuse qui a rejoint le Jupitérien être favorable à cette réforme désastreuse pour les salariés.Il doit se retourner dans sa tombe le Jaurès en voyant se troupeau d'ex- PS renier totalement leurs idéaux de départ.
Réponse de le 21/06/2017 à 17:16 :
@lachose: sauf que Jaurès n'a rien à voir avec les prétendus socialistes actuels. Je pense en fait que de son vivant, il les aurait poursuivi pour usurpation d'identité. "Parti socialiste" est un slogan marketing auquel de nombreux gogos se sont laissés berner. Chacun est libre de psner ce qu'il veut, mais il es honteux de prétendre d'être ce que l'on est pas et en ce qui me concerne, j'espère que le PS disparaitra totalement pour ne jamais revenir :-)
a écrit le 20/06/2017 à 13:30 :
Des LR pour soutenir MACRON, mais combien sont allés devant les électeurs en le disant. S'ils ėtaient des démocrates avec une ėthique et une certaine idée de leur engagement, ils dėmissionneraient Pour se reprėsenter devant leurs électeurs.
a écrit le 20/06/2017 à 11:32 :
Sur la confiance il y aurait une ligne intermédiaire, l'abstention et la liberté de vote. Il y a de très bonnes choses dans les propositions de Macron comme la loi travail et la réduction d'effectifs de la fonction publique qu'il faudrait simplement muscler à 300-400000 sur la législature.
a écrit le 20/06/2017 à 9:27 :
Un article sur LR et aucun sur le PS? tiens donc pourtant c'est plutot le PS au fond du trou il me semble
a écrit le 19/06/2017 à 19:40 :
Les républicains devraient simplement être solidaires et étudier les projets Macron les uns après les autres. Pas d'opposition stérile , travailler dans les commissions et essayer de convaincre de la pertinence de leurs idées. La guerre des chefs ne sera pas supportée par son électorat.
a écrit le 19/06/2017 à 17:38 :
Les élections majeures sont à présent terminées, les anciens partis dominants vont pouvoir tout remettre à plat et il y a du boulot pour quelque temps. Les accords de façade, au sein de LR vont exploser, les divergences clairement affichées au sein du PS, vont continuer à saper ce qui reste du parti. Bref on va assister à un grand chambardement et une recomposition du paysage politique. J'en suis personnellement ravi et j'espère enfin une prise de conscience de nos élites, pour ne pas renouveler les mêmes erreurs.
Réponse de le 21/06/2017 à 11:50 :
voila , tout est dit , les biens élus comme les autres , 38% des inscrits se sont exprimés , comme fiasco électoral , difficile de faire mieux , ce gouvernement n'est pas crédible et ne représente que lui-même , cette pseudo opposition après s'être tirée une balle dans le pied essaie de nous jouer une autre chanson , ceux qui ont votés pour eux et j'en suis commencent déjà à déchanter . Les futurs ralliés vont à la soupe c'est évident une raison supplémentaire de voir le nombre d'abstentionnistes augmenter aux prochains scrutins .
a écrit le 19/06/2017 à 16:17 :
Sauf que divisés, ils finiront par disparaître en tant que tels, absorbés par leur gauche et par leur droite !!! Macron qui a reconstruit un PS à côté du PS historique avec la bénédiction de Hollande, et en aspirant quelques opportunistes de la droite aura du mal à maintenir la cohérence de l'ensemble face aux contraintes de la réalité et des positions qu'elles lui forceront à prendre !!!
a écrit le 19/06/2017 à 15:48 :
Mince certains dinosaurs et plusieurs cockroaches ont survêcus, hélas!
a écrit le 19/06/2017 à 15:44 :
Mince certains dinosaurs ont survêcus, hélas!
a écrit le 19/06/2017 à 15:33 :
C'est surtout qu'on se demande bien comment vont faire les LR avec autant de millions de moins dans les caisses !

Déjà que quand ils en ont beaucoup ils arrivent à en dépenser encore plus...

Bon sinon sans rire, la mort de ce parti ainsi que celle du PS ne sont pas des mauvaises nouvelles on attend celle du FN qui on l'espère va virer philippot et doit déjà faire sans la joker marion le pen qui même si elle devait revenir, la pauvre je ne lui souhaite pas, sous la pression magistrale du milieu familiale aura cassé une forte dynamique générée autour d'elle.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :