Europe, 2017 (1) : y aura-t-il un référendum d'autodétermination en Catalogne ?

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2017 sera-t-elle l'année de l'autodétermination catalane ?
2017 sera-t-elle l'année de l'autodétermination catalane ? (Crédits : reuters.com)
[Série]: Les enjeux européens pour 2017. Première partie : la question du référendum d'autodétermination en Catalogne, annoncé pour la mi-septembre par le gouvernement catalan. Mais aura-t-il bien lieu ? Tentative de réponse.

En 2016, la question de l'indépendance de la Catalogne a presque entièrement disparu des radars médiatiques. La victoire des deux listes indépendantistes, Junts Pel Sí (regroupant centristes et sociaux-démocrates) et CUP (gauche indépendantiste), lors des élections autonomiques du 27 septembre 2015, n'a pas débouché sur une sécession immédiate de la Catalogne. L'année 2016 aura plutôt été celle de la gestion difficile de l'unité du camp sécessionniste et de la construction d'une stratégie encore fragile. La cohabitation entre les deux listes a été particulièrement délicate.

En 2016, une majorité indépendantiste divisée

En janvier 2016, la CUP avait accepté de soutenir un nouveau président de la Generalitat (gouvernement catalan), Carles Puigdemont, en remplacement d'Artur Mas, honni par la gauche pour ses mesures d'austérité prises pendant la crise. Le nouveau président de l'exécutif catalan, indépendantiste convaincu, était un gage d'engagement vers la sécession pour la CUP, qui, en retour, acceptait d'entrer pleinement dans la majorité parlementaire. Mais en mai, cette construction s'effondrait lorsque la CUP refusait de soutenir le budget de la Generalitat. Carles Puigdemont annonçait alors une question de confiance au parlement pour septembre.

Durant l'été, les négociations vont faire évoluer la « feuille de route » indépendantiste. Pour garantir l'unité de la majorité, Carles Puigdemont accepte pour la première fois l'idée d'un mouvement unilatéral, sans accord de l'Espagne. Une concession importante faite à la CUP qui a toujours défendu cette option et qui est sanctionnée par l'adoption en juillet par le parlement d'un rapport d'une commission sur le processus vers l'indépendance évoquant l'option de l'unilatéralité. Dès lors, la CUP affirme son soutien à Carles Puigdemont lors de la question de confiance fin septembre. Une « feuille de route indépendantiste mise à jour » est alors annoncée par le président de la Generalitat avec en son centre un référendum d'autodétermination dans la deuxième quinzaine de septembre 2017, « accordé par l'Espagne ou non ».

Le gouvernement espagnol affirme qu'il n'y aura pas de référendum

Ce référendum annoncé verra-t-il vraiment le jour ? En Catalogne et en Espagne, beaucoup en doutent. La CUP demande la fixation rapide d'un jour pour le vote afin que l'on ne puisse plus reculer. A l'extrême opposé, les partis unionistes et le gouvernement espagnol clament très haut que ce référendum n'aura pas lieu. Vendredi 23 décembre, le porte-parole du gouvernement de Madrid, Iñigo Méndez de Vigo, a affirmé qu'il « n'y aura pas de référendum d'autodétermination en Espagne ». Et d'ajouter : « on ne peut pas parler plus clairement ». Le 14 décembre, le responsable local du parti populaire (PP, conservateur) catalan, Xavier Albiol, « garantissait qu'il n'y aurait pas de référendum ».

Si le gouvernement espagnol se montre si sûr de lui - et si la CUP demeure aussi méfiante - c'est que le référendum proposé par Carles Puigdemont a peu de chance d'être légal. Certes, depuis sa réélection à la tête du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, ne cesse d'affirmer vouloir « dialoguer » avec la Catalogne, mais ce « dialogue » reste à construire et, surtout, il exclut explicitement tout référendum d'autodétermination. Ce dernier est, du point de vue du gouvernement, contraire à la constitution espagnole qui affirme l'intégrité du territoire. Ce serait, de plus, à leurs yeux, un précédent dangereux. Mais pour les Indépendantistes, il n'est plus question d'évoquer un nouveau « statut » catalan comme le propose Mariano Rajoy avec un PP qui a contribué à censurer en 2010 l'essentiel de celui adopté en 2006. Aucun dialogue n'est possible, pour eux, sans reconnaissance du droit à l'autodétermination catalane.

Accepter l'unilatéralité ?

Dans ces conditions, l'option d'un référendum accepté par l'Espagne, sur le modèle du référendum écossais du 18 septembre 2014, semble strictement impossible. Or, cette option est, pour le moment, la priorité de la Generalitat. Lors du sommet sur le référendum, organisé par Carles Puigdemont, à Barcelone le 23 décembre, ce dernier a expliqué que « le fil conducteur qui nous unit est de tenir un référendum qui soit contraignant pour l'Espagne et la Catalogne et de le faire de façon accordé avec l'Espagne ». Dès lors que ce « fil conducteur » se brise sur le refus espagnol, l'idée du référendum sera en danger. Carles Puigdemont devra choisir entre passer outre la légalité espagnole et organiser un référendum unilatéral ou respecter cette légalité et renoncer au référendum. Les Unionistes et Madrid comptent bien sur cette dernière option en s'appuyant sur l'idée que les Indépendantistes catalans ont toujours reculé au moment d'entrer dans l'illégalité.

2017 comme 2014 ?

Le 9 novembre 2014, ils ont renoncé à ce même référendum d'autodétermination après la décision du Tribunal constitutionnel (TC)  espagnol de le rendre illégal et se sont contentés d'une simple « consultation » sans conséquence. Du reste, en 2017, comme en 2014, il ne fait pas le moindre doute que le TC rendra illégal tout référendum unilatéral catalan d'autodétermination. Pour les Unionistes et Madrid, ceci suffira à faire reculer la Generalitat ou, du moins, à discréditer un tel scrutin en détournant les indécis et les Unionistes des urnes. Dès lors, le référendum sera limité à une simple « consultation interne » aux Indépendantistes, forcément biaisée et peu significative. Qu'il se tienne ou non, il n'aura aucune importance.

Mais 2017 n'est pas 2014. La situation a changé. La majorité parlementaire, même si elle n'a obtenu que 47,6 % des voix le 27 septembre 2015, a été élue sur un programme indépendantiste. Son seul ciment, comme l'a montré 2016, réside dans ce référendum d'autodétermination et Carles Puigdemont, à la différence d'Artur Mas, est un Indépendantiste de toujours. Il s'est ouvertement engagé en septembre dernier à tenir un référendum. Désormais, outre la CUP, la gauche républicaine, ERC, le principal parti indépendantiste du vice-président de la Generalitat, Oriol Junqueras, a fait du référendum, y compris unilatéral, un élément central de son programme. Le 23 décembre, il l'a réaffirmé : ce sera « un référendum ou un référendum », sous-entendu, quelle que soit la décision de Madrid. De plus, le fossé s'est aussi un peu plus creusé entre Barcelone et Madrid et les procédures judiciaires lancées contre des dirigeants indépendantistes, à commencer par celle menée actuellement contre la présidente du parlement catalan Carme Forcadell, n'y a pas peu contribué.

Renoncer au référendum, un suicide de l'indépendantisme politique

En bref, renoncer à ce référendum serait politiquement suicidaire pour l'Indépendantisme catalan. Cela signifierait clairement que les partis politiques sécessionnistes refusent de facto la sécession, sauf dans le cadre impossible d'un pacte avec Madrid. À quoi bon alors voter pour eux ? C'est précisément le piège dans lequel les partis unionistes catalans veulent enfermer leurs adversaires. Dans une tribune publiée récemment par le site Vila Web, un député de la Gauche républicaine (ERC), principal parti indépendantiste, Joan Tardà, explique que s'il n'y a pas de référendum en septembre, alors « nous quitterons notre parti, nous nous sentirons trahis ». L'indépendantisme politique implosera alors sans doute et laissera le champ libre à un gouvernement unioniste. Carles Puigdemont aura alors mis fin à sept ans de dynamique favorable à l'indépendance. Ce qu'il ne veut à aucun prix. De son point de vue, il est moins grave de perdre un référendum d'autodétermination que de renoncer à une telle consultation : le précédent rendra possible dans ce cas un nouveau scrutin et donc la poursuite de la lutte. C'est pourquoi 2017 est différent de 2014 et c'est aussi pourquoi il sera très difficile pour les Indépendantistes de renoncer à ce référendum.

Élargie la base de soutien à un référendum unilatéral

Pour autant, Carles Puigdemont ne peut pas éluder le risque d'un référendum insignifiant, réduit aux Indépendantistes et donc impossible à faire respecter internationalement. Il ne peut se permettre un nouveau 9 novembre 2014, car ce serait, là aussi, perdre toute crédibilité. Selon un sondage réalisé par l'institut Gesop et publié dans El Periódico le 17 décembre dernier, 49,6 % des Catalans sont prêts à soutenir un référendum unilatéral. C'est trop peu pour rendre ce référendum réellement contraignant pour la communauté internationale et pour Madrid. Un référendum unilatéral sera un état de fait, pour devenir source de droit, il devra disposer d'une forte légitimité démocratique. L'enjeu pour Carles Puigdemont est donc d'élargir la base de soutien à ce projet et de convaincre une grande partie des 35 % de Catalans qui ne défendent qu'un référendum accordé avec l'Espagne de participer à ce scrutin unilatéral. Pour cela, il ne peut s'appuyer que sur une force : celle de la maire de Barcelone Ada Colau.

Ada Colau tient la clé du scrutin

Ada Colau, élue en 2015 autour d'un regroupement comprenant Podemos et d'autres formations de gauche non-indépendantiste appelé les « Comuns », est très populaire dans la capitale catalane, majoritairement opposée à l'indépendance. Les « Comuns » - qu'Ada Colau tente d'unifier dans un nouveau parti actuellement - sont arrivés en tête en Catalogne lors des deux élections générales espagnoles du 20 décembre 2015 et du 26 juin 2016. C'est donc une force importante qui, en cas de ralliement à l'idée d'un référendum, peut donner de la légitimité à ce dernier, en lui assurant le soutien des deux tiers des électeurs catalans. Dès lors - et c'est le calcul de Carles Puigdemont - une dynamique se mettra en place. Voyant le projet de décrédibilisation du référendum échoué, les Unionistes désireux d'éviter l'indépendance se mobiliseront pour voter « non » à l'indépendance. Dès lors, nul ne pourra contester la légitimité du référendum et, mieux encore, son existence, ce qui est le plus important pour les Indépendantistes.

La maire de Barcelone à l'heure des choix

Convaincre Ada Colau est donc la clé de ce projet référendaire. Carles Puigdemont l'a bien compris et c'était le but du sommet du 23 décembre à laquelle Ada Colau a participé. Certes, pour le moment, cette dernière reste attachée à l'idée d'un référendum accepté par l'Espagne. Mais le président de la Generalitat suit sa route : il s'engage à explorer cette voie le plus possible et a tenté de trouver un accord avec Madrid. C'est pourquoi il a parlé alors du « fil conducteur » du « référendum accepté », sans évoquer l'unilatéralité. Mais en cas d'échec - ce qui semble certain - de ces discussions, Carles Puigdemont prouvera par les faits l'impasse de cette solution « pactée » et mettra alors Ada Colau face à ses responsabilités en lui demandant de tirer les conséquences de cet échec et de soutenir l'option unilatérale. Ce sera un choix difficile. Refuser le référendum unilatéral serait certes tentant pour triompher sur les ruines de l'indépendantisme politique, mais les « Comuns » devront assumer la responsabilité de cet échec et leur alliance de fait avec le gouvernement conservateur espagnol. L'accepter reviendrait à accepter de franchir le pas de l'illégalité et, donc, d'accepter de s'engager vers l'indépendance. Que choisiront Ada Colau et les siens ? Nul ne le sait aujourd'hui, mais de leur décision dépendra sans doute l'existence du référendum d'autodétermination catalan.

Qui remporterait le référendum ?

Reste une question : si ce référendum se tient effectivement, quel sera son résultat ? Impossible à dire, pour le moment. Les derniers sondages restent assez incertains. Selon l'enquête déjà citée de la Gesop, le « oui » obtiendrait 48,9% des suffrages contre 40,3% au « non » et 8,2% d'indécis. Un mois auparavant, l'institut CEO accordait 44,9% au « oui » et 45,1% au « non ». Tout ceci est donc très indécis et, pour tout dire, assez peu significatif tant que l'on ne connaît pas le format du référendum, la question posée et le soutien au scrutin des différentes formations politiques. La vraie bataille de 2017 sera celle de la tenue du référendum plus que de son résultat. En cas de victoire de l'indépendance dans les urnes, une autre bataille commencera, non moins difficile : celle de la reconnaissance du vote par l'Espagne et la communauté internationale. Elle sera très ardue compte tenu de la division de l'Europe sur le sujet et du caractère inédit de la situation pour l'Union européenne. D'où la nécessité pour la Generalitat de disposer d'une forte légitimité démocratique.

En cette fin de 2016, il est donc bien difficile de dire si le référendum d'autodétermination catalan aura lieu ou non dans neuf mois et demi. Un vaste combat stratégique va se tenir autour de ce scrutin entre Mariano Rajoy, Carles Puigdemont et Ada Colau, chacun essayant de piéger les autres. Mais ce jeu subtil peut s'accélérer sous le coup d'événements externes, notamment une éventuelle condamnation de Carme Forcadell qui pourrait, avant l'heure, mettre les Indépendantistes catalans dans l'obligation de rompre la légalité espagnole avant le référendum.

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a écrit le 05/01/2017 à 6:18 :
Pour rappel aux dernières élections espagnoles: PP+PSOE+CIUTATANOS= 16500000 votes sur une population de 47000000 d'habitants soit 35 % des voix .
Pour des donneurs de leçons sur la représentativité des Indépendantistes en Catalogne ,ils feraient mieux de se taire...
a écrit le 01/01/2017 à 10:21 :
2017 ,année de la Catalogne libre et indépendante !!!

Que les français se rassurent,ce qui se passe en Catalogne/Espagne n'arrivera jamais en France: les petits peuples ( corses,alsacien,Basques,nord catalans,bretons,occitans,) sont définitivement morts et sont des français comme les autres désormais: de bons petits jacobins croyants encore dans la divinité républicaine!
a écrit le 28/12/2016 à 9:57 :
Au moins ...c'a fait noircir du papier ...! Cette histoire de referendum est devenue une utopie , et meme mr Godin semble en avoir pris conscience ; N'oubliez pas que c'est la " carte " que Mas a jouée pour ( essayer ) de garder le pouvoir ...et au bout du compte , rejeté , etre amené à y ( faire ) nommer Puigdemont qui est peut etre un " independantiste convaincu ", mais pas un foudre de guerre : simplement ..le pion de Artur Mas . Autre point à ne surtout pas negliger , c'est le resultat de la consultation du 9 nov 2014 : 80 % de oui ( pour l'independance ) mais avec une participation 38,3 % seulement...je vous laisse ...faire le calcul , celà doit faire dans les 30 % d'independentistes " convaincus ". Enfin , 2 faits nouveau effectivement , Ada Colau , mais qui est pour le referendum , et pas pour l'endependance ...; mais surtout , le réelection de Rajoy , qui a pris ce probleme catalan à bras le corps et ...à nommé Soraya Saens de Santamaria ( qui est toujours vice -presidente ) comme " ministre " des administrations territoriales ...et là , avec elle en face , Puigdemont a ...du soucis à se faire . La cohalition ( heteroclite ) catalane va de voler en éclat ... comme d'ailleurs en ce moment celà arrive à Podemos ( et aussi au PSOE)....Quant à ceux , europeens convaincus ( sic ) qui commentent sur le sujet , je pense qu'ils n'ont pas bien suivi l'actualité et les positions de Bruxelles .
Réponse de le 28/12/2016 à 15:41 :
Mon avis à moi est que, une fois encore, il y en a qui parlent beaucoup de sondages, de pourcentages et mélangent les inscrits, les votants et la population totale au mieux de leurs intérêts, mais ne veulent pas entendre parler de référendum. Peut-on être plus faux ?
J'ai bien aimé le passage "Rajoy a pris le problème à bras le corps". Ça m'a bien fait rire.
Réponse de le 29/12/2016 à 10:48 :
Pour ...!!*!! ...: pas si difficile que celà :
population : ---
inscrits : ---
votants : ---
participation : ---
je vous laisse chercher les chiffres ( ils ont été publiés ) ...c'a vous amusera .
Réponse de le 29/12/2016 à 14:46 :
C'est justement que ça ne fonctionne pas comme ça. Pour le 9N, contrairement à ce qui se fait d'habitude, les unionistes n'ont pas tenu compte du nombre de oui-oui (dans les 80% de tête), mais ont compté par rapport aux inscrits, et même par rapport à la population totale. Chacun fait assaut de mauvaise foi. Enfin ! C'est des unionistes sans le moindre argument (pléonasme).
Réponse de le 05/01/2017 à 6:05 :
Le PP et le PSOE naviguent à vue et résservent toujours la même chanson cynique .Ils ont la trouille et essaient de se rassurer.Ils ne veulent en aucun cas régler le problème catalan,puisqu'au leur yeux ,le peuple catalan n'existe pas.( même quand il y a deux millions de personnes dans les rues,la réponse du PP c'est: non il ne se passe rien...)à force de nier la réalité ça va leur péter à la figure ce problème : en 2017 ou dans 10 ans.
Question a gegemalaga: qu'à fait l'Espagne des milliards de subventions reçues depuis 30 ans de l'Europe pour avoir un chômage à 20% ? C'est plus facile de stigmatiser les catalans que de rendre des comptes.
a écrit le 27/12/2016 à 14:25 :
@Britannicus a raison. La Commission Européenne joue le jeu suivant: encourager l’autodétermination de plusieurs Régions de pays d'Europe, c'est affaiblir les États. Certains technocrates européens font un calcul cynique. Ils espèrent que l'Europe fédérale rencontrera moins de résistances avec des États affaiblis par la pertes de certaines de leurs régions. Cette "pulvérisation" de l'Europe est un grand danger. La liste est longue: Écosse, Catalogne, Corse, Padanie, Belgique... Une institution européenne, désincarnée et technocratique pourrait en profiter. Mais le résultat serait une Europe "patchwork" sans réelle articulation, une jouet désarticulé. La plus part de nos technocrates européens ont fait une partie de leurs études aux USA. Une fausse Europe, n'est-ce pas le rêve des américains?
Réponse de le 27/12/2016 à 15:44 :
La Commission Européenne encourage l’autodétermination de plusieurs Régions de pays d'Europe ???? Ah, bon. Content de l'apprendre.
Réponse de le 27/12/2016 à 21:26 :
Le rêve de quelques uns c'est une Europe unie et bien centralisée avec pas une tête qui dépasse. Mais ça, c'est une utopie encore plus lointaine que l'Europe des régions. Le prétendu "patchwork" ne serait que l'assurance que la voix de chacun serait entendue. Mais apparemment ça dérange. Alors on parle de "pulvérisation". Quelle est la taille idéale ? Faudra-t-il que tous les états s'unifient jusqu'à atteindre cette taille idéale ? Et sinon que se passe-t-il ? C'est ridicule.
Réponse de le 01/01/2017 à 20:00 :
La Commission Européenne n'est pas un phantôme apatride, c'est le club des gouvernements européens. Comment voulez-vous que la CE trahisse les états-membres?

Vous parlez d'une "institution européenne, désincarnée et technocratique"... Plus désincarnée et technocratique que la classe entière des énarques et polytechniciens en France, et ses analogues ailleurs, qui constituent l´élite sociale qui détient le pouvoir dans cette fiction de démocratie que nous vivons?

Ces illustres bureaucrates règnent à Bruxelles... comme à Paris, Berlin, Londres, Rome, Madrid, etc. En fait, s'ils peuvent règner à Bruxelles c'est parce qu'ils règnent à Paris, etc. Bruxelles n'est que leur résidence secondaire!

Croyez-vous que les petits fonctionaires de l'UE qui vivent en permanence à Bruxelles (jusqu'à leur retraite) ont un pouvoir quelconque, par dessus celui des postes politiques au sommet de tous les organes européens et qui prennent les décisions? Ces postes que chaque pays, chaque gouvernement et parti politique national au pouvoir, distribue parmi ses personalités les plus fidèles, par dessus même leur compétence? Ce sont eux, normalement des nationalistes jacobins de toutes les couleurs, qui comploteraient contre leurs propres pays et gouvernements?

Savez-vous pourquoi l'UE est peu démocratique? Non pas qu'elle se soustraie à la souveraineté des citoyens... C'est que les citoyens européens sont très peu souverains dans leur propre pays! C'est que les états-membres sont très peu démocratiques! C'est les états-membres qui décident de l'organisation et des règles du jeu de l'UE! Les européens ont à Bruxelles ce que leurs gouvernments, leurs majorités parlementaires, veulent avoir à Bruxelles. Ni plus, ni moins.

Voulez-vous une UE différente? Plus démocratique? Moins bureaucratique? Plus verte, orange, bleu ciel ou transparente? Et bien luttez pour un pays à votre goût d'abord, et montrez au reste comme cela marche à merveille.

Croyez-vous qu'en sortant de l'UE les britaniques vont bâtir enfin le pays de leurs rêves? The British Empire? Et bien détrompez-vous. Attendez les prochaines annéess et vous verrez qu'ils continuent à patauger dans la même boue qu'on patauge partout. Impossible de s'en sortir sans renouveller à fond le système dit démocratique. Ce n'est que lorsqu'on construira une vraie démocratie que, comme vrais citoyens, nous pourrons changer tout ce que nous voudrons et nous en prendre à nous mêmes, si ça ne marche pas, et nous corriger, plutôt que pleurnicher sur le fait qu'une élite hors d'atteinte, impossible à déloger, nous impose ses vues et ses intérêts.
a écrit le 27/12/2016 à 10:55 :
L'Europe à plus à perdre d'accepter, même si ça leur permettrait de récupérer l'écosse à terme. Et comme Rajoy est un valet de l'Allemagne elle même valet des marchés financiers...
a écrit le 26/12/2016 à 21:42 :
Et si "l'unilatéralité" est reconnue légale dans le cas de la Catalogne, pourra-t-on aussi, dans la continuité de cette démarche, organiser des referendum unilatéraux pour se séparer de populations avec lesquelles on souhaiterait ne plus vivre ? Parce qu'on pourrait trouver des exemples dans beaucoup d'Etats de l'Union Européenne. Cette dernière prend beaucoup de risques pour asseoir son pouvoir, en soufflant ainsi sur les braises...
Réponse de le 27/12/2016 à 12:15 :
"L'unilatéralite" est reconnue légal dans le cas de la France ou du Royaume Unie, n'est-ce pas?
Réponse de le 27/12/2016 à 16:27 :
@Jordi : vous avez des difficultés à comprendre ou vous le faites exprès parce que la réalité ne correspond pas à vos dogmes ? Si tout un peuple d'un Etat membre se décide à sortir de l'Union Européenne, ce n'est pas "unilatéral". C'est si une partie de ce peuple se décide contre la volonté majoritaire de ce peuple qu'il y a "unilatéralité". Sinon, la règle est celle de la démocratie : la majorité l'emporte et c'est comme ça pour toutes les lois dans un Etat démocratique et de droit. Pas forcément dans l'Union Européenne, on l'aura compris et je vous remercie de l'avoir fait si bien remarquer.
Réponse de le 28/12/2016 à 10:06 :
Vous reprochez à ...Jordi...de refuser de voir la réalité à cause de ses dogmes ....Et moi je me demande ce qui vous fait , vous , ce qui vous fait croire dans les utopies catalanes .
a écrit le 26/12/2016 à 19:21 :
L'UE de Bruxelles est favorable pour l'indépendance des régions mais sûrement pas pour celle des États!
Réponse de le 27/12/2016 à 12:16 :
La Catalogne est une nation. Merci.
a écrit le 26/12/2016 à 18:31 :
Les référendums, surtout quand ils portent sur des questions fondamentales comme le Brexit ou l'indépendance catalane, devraient exiger une majorité qualifiée pour changer par rapport à la situation présente. Un seuil des 2/3 des votants pour l'indépendance ou de 50% des inscrits devraient être requis, sinon le référendum serait nul et non avenu. Une telle décision définitive requiert en effet un consensus qui dépasse la moitié des votants + une voix.
Réponse de le 26/12/2016 à 21:27 :
Et pourquoi s'il vous plaît ? D'où est-ce que ça vient ? la République française n'est arrivée qu'avec une voix de majorité. On devrait revenir à l'ancien régime.
Ce genre de raisonnement est une escroquerie.
Réponse de le 27/12/2016 à 7:24 :
Ce qui est déplaisant dans cette histoire de majorité, qualifiée ou non, c'est que ça ne garantit rien. Car on pourrait ne pas s'arrêter là. De majorité simple on passe à majorité qualifiée, puis aux 2/3 des votants, puis on en arrivera, c'est certain à 2/3 des inscrits et enfin aux droits inaliénables de ceux qui ont voté contre et qui n'ont aucune raison d'accepter qu'on les fasse changer de nationalité sans leur consentement.
C'est sans fin.
Réponse de le 27/12/2016 à 9:34 :
@ !!*!! : je constate que personne n'a protesté lors du référendum d'Orban sur l'immigration en Hongrie, où il existe un garde-fou de ce genre.
@tous : il me semble qu'un seuil à 50% des inscrits (et pas des votants)est un minimum raisonnable quand une décision est à ce point lourde de conséquences irréversibles. D'autant plus qu'un référendum non validé n'empêche pas d'en faire un autre plus tard. Alors qu'il serait impossible de reconstituer l'Espagne après une éventuelle indépendance catalane. Tout comme le Royaume-Uni ne pourra pas facilement réintégrer l'UE (et de façons ça se ferait sans aucun des opt-outs dont bénéficie actuellement le Royaume-Uni) quand les britanniques auront réalisé l'étendue du désastre que provoquera le brexit dès qu'il sera effectif.
Réponse de le 28/12/2016 à 10:15 :
Un referendum doivent , surtout , etre légal ; ce n'est pas le cas ,en Espagne ou c'est meme anti-constitutionnel . Ne comparez pas le Brexit ( referendum nationnal ) à l'uniteralité de la consultation ( ratée en plus ),des catalans en 2014 , laquelle,en plus n'a meme pas recueillie la participation que vous evoquez .

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