Sauvetage de la Grèce : Les Européens prennent leur temps et taclent Timothy Geithner

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Réunis vendredi et samedi à Wroclaw, en Pologne, les ministres européens des Finances se sont donné jusqu'à la mi-octobre pour trouver un accord, au lieu de septembre initialement. Les grands argentiers ont trouvé "bizarre" que le secrétaire américain au Trésor viennent leur dire ce qu'il faut faire alors que les fondamentaux de l'économie sont " plus mauvais" outre Atlantique.

Comme on dit en bon français : « Qui va piano, va sano »... Mais pourra-t-on aller ainsi « lontano » ? Alors que sur les marchés financiers des milliards peuvent changer de main en quelques nanosecondes, les ministres des Finances de l'Union européenne prennent tout leur temps pour ratifier l'accord du 21 juillet sur la deuxième aide à la Grèce. Réunis vendredi et samedi à Wroclaw, en Pologne, ils se sont donné jusqu'à la mi-octobre pour trouver un accord, au lieu de septembre initialement prévu.
Une réunion pour rien ? Pas tout à fait. Car si ce sommet des grands argentiers européens a été surtout marqué par des désaccords persistants sur la réponse à apporter à la crise de l'endettement des pays du sud de l'Europe, à commencer par le sauvetage de la Grèce, il a aussi été l'occasion d'un sursaut rassurant de fierté européenne, grâce à Timothy Geithner, invité surprise de la réunion.
Vendredi, le secrétaire américain au Trésor est donc venu exprimer les inquiétudes de Washington et demander aux pays de l'UE qui le peuvent de mettre en ?uvre des mesures de relance de leur économie pour doper la croissance. « Il est très dommage de constater, a -t-il notamment lancé, qu'il existe non seulement des divisions dans le débat sur la stratégie en Europe, mais aussi qu'un conflit existe entre les gouvernements et la BCE ».

 

Fin de non recevoir

Il s'est aussitôt fait sévèrement tacler et à plusieurs reprises par les Européens. En témoigne l'échange entre Timothy Geithner et son homologue allemand Wolfgang Schäuble rapporté à quelques journalistes par la ministre autrichienne des Finances, Maria Fekter. « Il (Timothy Geithner) a insisté sur le fait que plus de fonds étaient nécessaires afin d'éviter que le système (financier) se trouve en difficulté. (Wolfgang) Schäuble lui a répondu qu'il était très improbable qu'il soit possible de faire peser ce fardeau sur les contribuables, en particulier si ce fardeau est imposé principalement aux pays AAA", a-t-elle expliqué. "Dans ces pays, a-t-elle ajouté, il y a un désir de mettre en oeuvre une taxe sur les transactions financières (...) Il (Geithner) l'a exclu ».
"Je trouve bizarre qu'alors même que les Américains ont des fondamentaux bien plus mauvais que ceux de la zone euro, ils nous disent ce qu'on doit faire et que lorsque nous leur faisons une suggestion, ils disent non immédiatement (...) J'aurais espéré que lorsqu'ils nous disent comment ils voient le monde ils écoutent ce que nous avons à leur dire", a-t-elle insisté.
Lors de la conférence de presse postérieure à la réunion de l'Eurogroupe, son président, Jean-Claude Juncker, a lui aussi apporté une fin de non recevoir aux demandes américaines de mettre un frein à l'austérité et d'augmenter les capacités de son Fonds de secours (FESF). Et Jean-Claude Junker d'ajouter : « Nous ne discutons pas de l'élargissement ou de l'accroissement du FESF avec un pays non membre de la zone euro ».

Coup de pied de l'âne

Enfin, samedi, à l'issue de la réunion de Wroclaw, alors que le président de la Banque centrale européenne (BCE) est venue apporter sa contribution sous forme du coup de pied de l'âne (aux yeux américains) : "Prises dans leur ensemble, l'Union européenne et la zone euro sont dans une situation probablement meilleure que les économies d'autres grands pays développés", a souligné Jean-Claude Trichet.
Quant au sauvetage de la Grèce, aucune avancée concrète n'a été enregistrée pour la finalisation du second plan d'aide de près de 160 milliards d'euros promis, alors que le pays est menacé d'un défaut de paiement s'il n'obtient pas de rallonge financière. Le plan du 21 juillet "prend un certain temps, car nous vivons en démocratie, mais début octobre tout sera en place", a voulu rassurer Luc Frieden, ministre luxembourgeois des Finances. Il semble que le dossier bloque les garanties financières exigées par la Finlande en échange de nouveaux prêts. Les négociations vont donc se poursuivre.
Jean-Louis Alcaide

 

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a écrit le 17/09/2011 à 15:04 :
Je parie un napoleon (en choco bien sûr) que dès lundi 19, les agences vont venir distribuer des mauvaises notes à l'Europe. Mr Geithner n'a pas dû apprécier du tout de se faire bouler de la sorte. Le cartel bancaire aux ficelles qu'il représente ne va pas se laisser humilier de la sorte.
a écrit le 17/09/2011 à 13:51 :
Je trouve drôle que l?on invite Timothy Geithner a venir s?exprimer (sachant bien la position des USA) pour ensuite se plaindre de ce qu?il dit et le châtier. La solution allemande de taxer les transactions financières pour résoudre le problème grecque est encore plus surprenante : quel est le rapport des transactions financiers et la dette grecque? C?est aussi logique que de taxer les croissants. Quoi qu?il en soit, supposons que l?on finance la Grèce, est-ce quelqu?un a démontré comment ils vont rembourser ce qu?ils empruntent (d?où la demande Finlandaise) ?
a écrit le 17/09/2011 à 13:51 :
Je trouve drôle que l?on invite Timothy Geithner a venir s?exprimer (sachant bien la position des USA) pour ensuite se plaindre de ce qu?il dit et le châtier. La solution allemande de taxer les transactions financières pour résoudre le problème grecque est encore plus surprenante : quel est le rapport des transactions financiers et la dette grecque? C?est aussi logique que de taxer les croissants. Quoi qu?il en soit, supposons que l?on finance la Grèce, est-ce quelqu?un a démontré comment ils vont rembourser ce qu?ils empruntent (d?où la demande Finlandaise) ?

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