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La présence économique française en Algérie reste encore confidentielle

Fabien Piliu

Publié le 19 mars 2012 à 13:37 - Mis à jour le 19 mars 2012 à 14:37

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On ne recense qu'environ 350 entreprises tricolores en Algérie. A titre de comparaison, on en dénombre 1.250 en Tunisie et plus de 500 au Maroc.

Cinquante ans après les accords d'Evian qui mettaient fin à huit années de guerre, les relations économiques ne sont pas aussi dynamiques que les synergies possibles pourraient le laisser espérer. Fait assez rare pour être souligné, les relations bilatérales entre la France et son ancien département sont à l'avantage de l'Hexagone. Celui-ci a affiché un excédent commercial de 1,3 milliard d'euros en 2011 selon les Douanes.

Au premier rang des principaux produits exportés par les entreprises tricolore, les céréales. Viennent ensuite les voitures, les préparations pharmaceutiques, les produits du raffinage et du pétrole, les machines pour l'extraction ou la construction, les ordinateurs et les produits laitiers. Les exportations se ont élevées à 5,7 milliards d'euros l'année dernière.

Des hydrocarbures et des fruits tropicaux débarquent en France

De son côté, la France importe essentiellement des hydrocarbures et leurs produits dérivés, c'est-à-dire du pétrole, du gaz naturel, des produits raffinés, des engrais, des fruits tropicaux et du sucre. Le montant de ses achats frôle les 4,4 milliards d'euros.

Compte tenu de la nature des biens échangés, essentiellement manufacturiers à forte valeur ajoutée, le montant des échanges franco-algérien est supérieur à celui des échanges réalisés avec la Tunisie et le Maroc. Les exportations françaises vers le Maroc s'élèvent en effet à 4,3 milliards avec le Maroc et à 3,2 milliards vers la Tunisie.

Ces écarts ne signifient pas pour autant que l'Algérie est la tête de pont des entreprises françaises au Maghreb. En dépit de la proximité géographique de l'Algérie et des liens affectifs et culturels entre les deux pays - ou peut-être à cause d'eux ? -, peu d'entreprises françaises se sont implantées de l'autre côté de la Méditerranée. L'Ambassade de France en Algérie n'en recense que 350. A titre de comparaison, on en dénombre 1.250 en Tunisie et plus de 500 au Maroc. On comptabilise par ailleurs près de 600 entreprises chinoises sur le sol algérien...

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« Pourtant, c'est un pays au potentiel formidable, et pas uniquement dans la filière des hydrocarbures. La téléphonie mobile, le secteur bancaire sont en pleine effervescence », constate Bertrand Milas, directeur associé du groupe Solic, une société de conseil en ressources humaines et recrutement, implantée en Algérie depuis 2007 qui partage son emploi du temps entre les deux pays. Ce qui lui permet de mettre à mal certains clichés, comme le poids de l'administration. «L'administration algérienne est comparable à l'administration française. Elle serait un peu moins informatisée, c'est tout », explique-t-il.

"Les Français sont des cousins, pas d'anciens colons"

« Quant au poids du passé, il est bien évidemment présent. Mais ce sont surtout les Etats, les gouvernements qui en parlent. Pour les citoyens algériens en revanche, le passé n'est pas un poids. Nous avons simplement une histoire commune. Les Français sont plutôt considérés comme des cousins, pas comme d'anciens colons », poursuit Bertrand Milas.

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Alors, comment expliquer la faible présence française en Algérie ? Serait-elle uniquement due à des facteurs psychologiques, renvoyant au traumatisme de 1962 ? Bertrand Milas avance une autre explication, bien plus pragmatique. « Contrairement au Maroc et à la Tunisie, le contrôle strict des changes existe encore en Algérie. On facture en dinars et on ne remonte nos dividendes en euros qu'une fois par an. Il faut donc avoir les reins assez solides financièrement».

Fabien Piliu

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