Espagne : Rajoy rattrapé par un scandale de corruption

 |   |  660  mots
Copyright Reuters
Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2011. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Le nom du Premier ministre espagnol figure sur des documents non authentifiés publiés ce jeudi par le quotidien El Pais. Ces listes laissent supposer que l'actuel chef du gouvernement, ainsi que d'autres membres de son parti, le PP, ont bénéficié pendant plusieurs années de versements de la part d'entreprises privées. Le point sur un scandale qui n'a pas fini d'agiter l'Espagne.

Polémique en Espagne. Des documents publiés ce jeudi par le quotidien El Pais font grand bruit. Et pour cause : le nom du Premier ministre Mariano Rajoy apparaît dans une série de listes présentées comme des documents de comptabilité de son parti, le PP (Parti populaire). D?après cet extrait, il aurait reçu 25.200 euros chaque année entre 1997 et 2008, sous forme de versements trimestriels ou semestriels. Le chef du gouvernement a réagi en réunissant ce jeudi un comité extraordinaire exécutif du PP. Les noms d?autres grandes figures du parti populaire sont cités dans ces documents dont les plus anciens sont datés des années 1990. Parmi eux : Rodrigo Rato, le président de Bankia, Jaime Mayor Oreja, ancien ministre de l'Intérieur ou encore Dolores Cospedal, l?actuelle secrétaire générale de la formation de centre-droit.

Des versements de la part d'entreprises du BTP?

Ce dossier s?est ouvert le 16 janvier avec un article du journal El Mundo qui affirmait sans citer de noms que des responsables du parti avaient touché jusqu?à 15.000 euros par mois de la part d?entreprises privées. D?après le quotidien, elles consistaient en commissions remises par des sociétés de bâtiment et travaux publics. Or, ces versements présumés auraient été réalisés en plein essor du marché immobilier espagnol dans les années 2000. Et certaines de ces entreprises auraient justement bénéficié de contrats publics. ?Certaines de nos sources affirment que Mariano Rajoy et José Maria Aznar [un prédecesseur de l?actuel Premier ministre] ne pouvaient pas ignorer ces agissements?, explique Pablo Rodriguez, journaliste chez El Mundo.

"L'affaire Barcenas"

Les fameux documents publiés ce jeudi auraient été rédigés notamment par un ancien trésorier du parti, Luis Barcenas, limogé en 2009 après une implication dans une affaire de financement illégal. Une enquête menée par la justice espagnole à son sujet a révélé que 22 millions d?euros avaient transité sur un compte en Suisse détenu par l?ex-argentier du PP. Une bombe au sein du PP dont certains membres n?hésitent plus, désormais, à diffuser des informations dans la presse.

Démenti du PP

Le Parti populaire a fermement démenti ces accusations, mais pour l?instant, aucune plainte n?a été déposée. ?Nous n?avons absolument rien à cacher?, a ainsi affirmé Maria Dolores de Cospedal, la secrétaire générale du PP lors d?une conférence de presse ce jeudi. Selon elle, même si un membre du parti, Pio Garcia-Escudero a reconnu avoir obtenu 5 millions de pesetas en 2000, cela ne prouve en rien l'authenticité des listings manuscrits.

De leur côté, des membres de l'opposition se sont emparés de l'affaire pour réclamer le départ de Mariano Rajoy. C'est le cas notamment de l'ex-ministre de l'Intérieur socialiste Antonio Camacho, qui a appelé le Premier ministre espagnol à "prendre ses responsabilités".

Des gens "descendront dans la rue demain"

Malgré les dénégations du PP, l?affaire a de quoi se révéler explosive dans une Espagne minée par la récession et le chômage. Elle pourrait même réveiller la colère des "Indignados". ?Cette affaire est un vrai tournant. Pour la première fois les gens vont réagir. Certains descendront dans la rue demain, voire dès ce soir?, prédit même Pablo Rodriguez. ?Nous avons publié en une de notre site des images de notre plus grand rival, El Pais?, souligne le journaliste d?El Mundo, qui y voit un signe fort du consensus que devrait susciter l?affaire. Si, pour l?heure une démission du Premier ministre ne lui semble pas envisageable, de nouvelles révélations sur fond de crise économique aggravée pourraient à ses yeux contraintre Mariano Rajoy à convoquer des élections anticipées.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 01/02/2013 à 12:29 :
politiciens de tous les pays, unissez-vous ! de toutes façons, quel que soit le pays et le parti, vous êtes bien tous les mêmes...
a écrit le 01/02/2013 à 8:34 :
Vas t'il falloir ressusciter Franco ? n'oublions pas les causes de la prise du pouvoir en Espagne par les fascistes de l'époque,le même scénario se profile , attention danger pour l'Europe ainsi que le reste du monde.
a écrit le 01/02/2013 à 8:20 :
El PP partido de centro derecha? Le PP de centre droit? Ha ha alors UMP c' est du communisme!!!
a écrit le 31/01/2013 à 21:13 :
Et non, la crise n'est pas finie, comme le prétend Monsieur Hollande. Après la crise économique et financière qui a secouée l'Espagne, voici maintenant une crise politique très profonde qui s'annonce, avec l'obligation de provoquer des élections anticipées. De plus, n'oublions pas que l?Espagne est menacée d'implosion, notamment de par les volontés indépendantistes des basques et catalans, alors même que les manifestations monstres reprennent à travers le pays.. Bref, tout ceci pourrait bien être un nouveau cocktail détonnant risquant d'ébranler une nouvelle fois la zone Euro. Et oui, la crise est encore là !
Réponse de le 31/01/2013 à 23:31 :
La, ou les crises sont CHRONIQUES! parlons donc de "Maladie", ce serait plus adéquat !
a écrit le 31/01/2013 à 20:56 :
Aujourd'hui l'Espagne, demain ailleurs, rien de bien nouveau.
a écrit le 31/01/2013 à 20:22 :
Je me demande souvent si les chefs d'état européens qui ont accepté le traité de Maastricht ne se sont laissés acheter par les multinationales allemandes ou si c'était simplement par naiveté qu'ils ont voulu l'Euro sous de tels conditions. Traité qui n'avantagent que l'Allemagne, puisque grand pays exportateur, elle profite le plus de la libre circulation des marchandises dans l'UE en général mais surtout dans la zone euro où les dévaluations périodiques, indispensables aux économies en croissance, sont impossible. Le Diktat de Berlin faisant loi. La campagne de dénigrement des médias allemands sous contrôle du gros capital allemand contre les pays du sud n'a pour but que de faire porter le chapeau par les victimes.
L'Italie est de loin la plus grande perdante de l'Euro, avec une production industrielle en baisse de plus de 25% depuis 2007 et qui est retombée au niveau de 1987, ceci malgré des salaires bien plus bas qu'en Allemagne et surtout qu'en France. Elle a été littéralement cannibalisée par les internationales allemandes et en moindre mesure françaises. Comment le gouvernement italien de l'époque a-t-il pu accepter de signer ces accords voulus et imposés par l'axe infernal franco-allemand et qui en fait avantagent les économies fortes et désavantagent les économies faibles?
Quoi d'étonnant à ce que des démagogues comme Berlusconi se fassent les avocats du diable et peuvent se permettre de vanter les mérites de Mussolini de cette façon.
L'Espagne semble avoir été la victime de la même mafia des multilaterales, selon ces rumeurs. On a vendu le pays.
Réponse de le 01/02/2013 à 9:34 :
N'oubliez pas que l'Italie est aussi une puissance industrielle. Mais la mode de ces vingts dernières années a été de se tourner vers les services et même vers "l'industrie sans usines" selon un inénarrable énarqe apprenti industriel. Les allemands, ces huit dernières années ont effectué un virage de retour vers l'industrie qui est en train de porter ses fruits et elle en tire un avantage trop exagéré, profitant de l'Europe. Mais les autres pays évoluent aussi, quoi qu'on en pense, et le retour de bâton va être violent. Les leçons s'apprennent et la mémoire persiste.
Réponse de le 01/02/2013 à 9:53 :
@ Memoire,
le vrai problème c'est que l'on n'a ren prévu dans ces accords pour empecher les déséquilibres des balances commerciales entre pays avec une même monnaie.
Que l'industrie allemande soit plus forte, cela ne se discute pas, les pays de l'Union n`étant pas tous les mêmes avantages naturels.
Le problème c'est qu'un pays produit plus qu'il ne consomme, L'Allemagne en l'occurence, et donc cela résulte en un déficit chez d'autres.
Réponse de le 01/02/2013 à 11:05 :
Oui, dans le traité il est prévu des sanctions pour les pays dont la balance des échanges avec le reste de l'Europe est trop positive pendant une certaine période, (6% sur 3 ans). L'Allemagne est d'ailleurs sous surveillance. Mais ça personne n'en parle car les Allemands ont persuadé tout le monde que c'est le modèle à suivre. Il serait temps d'en parler haut et fort, et constamment !! Ils ne respectent pas les règles européennes qui les gênent mais forcent les autres à respecter celles qui les avantagent. Mais les politiciens et économistes sont suivent le troupeau et les ordres allemands!!!
Réponse de le 01/02/2013 à 14:22 :
@ réponse au commentaire précédent,
quand on sait qu'un politicien gagne bien moins qu'un PDG de petite entreprise, on peut deviner qu'il doit être facile pour les multinationales de les acheter.
Sinon pourquoi auraient-ils accepté des accords qui livraient les petites économies pieds et poings liés par l'Euro à l'Allemagne? Ils est impossible de croire qu'ils aient étés aussi naif !
L'esclavagisme, sous forme de républiques bananières, est en train de s'installer dans l'Union. Alors pour en sortir il nous faut des Mussolini. Les gros salaires à la race des seigneurs et les boulot mal payé à la race inférieure. (en somme tous les autres)
a écrit le 31/01/2013 à 19:58 :
Ou faut il se tourner pour trouver qqchose de propre dans la politique...????
Réponse de le 01/02/2013 à 8:27 :
Dans les cimetières devant leur tombes,et,encore
a écrit le 31/01/2013 à 19:47 :
en Espagne c'es tcomme en France avec l'UMP-UDI
Réponse de le 31/01/2013 à 21:28 :
Il est vrai que la France rose-verte- rouge est tellement irréprochable ! :)

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :