Une semaine marquée par la journée d'action syndicale

A la Une de l'actualité cette semaine, la grande journée d'action qui a rassemblé entre 1 et 2,5 millions de manifestants. La forte révision à la baisse des prévisions de croissance du FMI, la nouvelle vague de plans sociaux, l'attribution de la construction du deuxième EPR à EDF et GDF Suez et les profits record d'Exxon Mobil ont également fait les gros titres.

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ENTRE 1 ET 2,5 MILLIONS DE MANIFESTANTS

La grande journée d'action a fortement mobilisé ce jeudi, les syndicats se félicitant de l'importance des cortèges. Les défilés devraient rassembler plus de monde que lors de la dernière journée interprofessionnelle de mai 2008, mais moins que lors des manifestations anti-CPE en 2006. Selon la CGT, 2,5 millions de personnes ont pris part aux manifestations organisées un peu partout en France. C'est "un événement social de grande importance", pas "un coup de colère passager, il y aura des suites", a averti Bernard Thibault., le leader de la CGT. Pour la CFDT, il s'agit des plus grandes manifestations syndicales depuis 20 ans. "Dans tous les échos que l'on a des villes de province, le niveau des manifestants est au niveau des plus grosses manifestations du CPE avec une différence très importante: c'est qu'aujourd'hui ce sont les salariés. Ce sont donc les plus grandes manifs de salariés depuis une vingtaine d'années", a ainsi expliqué le responsable du syndicat François Chérèque. Comme d'habitude, l'écart est grand entre les chiffres communiqués par les représentations syndicales et ceux du ministère de l'Intérieur. Ce dernier a comptabilisé pour sa part 1,08 million de manifestants. Confronté à sa première épreuve sociale d'ampleur depuis le début de la crise, Nicolas Sarkozy a répondu qu'il avait entendu "l'inquiétude" exprimée ce jeudi dans la rue et confirmé qu'il poursuivrait ses réformes, en maintenant le dialogue avec les partenaires sociaux.

LE FMI ABAISSE FORTEMENT SES PREVISIONS DE CROISSANCE

C'était attendu, c'est confirmé. Le Fonds monétaire international (FMI) a revu en forte baisse ce mercredi sa prévision pour la croissance mondiale, qui ne devrait pas dépasser 0,5% cette année, sous l'effet d'une forte contraction de 2% du produit intérieur brut (PIB) des pays développés. Il s'agirait alors de la plus faible croissance depuis 1945. En novembre, le FMI prévoyait encore 2,2% de croissance mondiale en 2009. L'évolution du PIB a été revue en nette baisse pour toutes les grandes économies. Parmi les pays développés, les Etats-Unis seraient le pays qui résisterait le mieux à la crise, avec un PIB en recul de 1,6% (après une hausse de 1,1% en 2008). La zone euro serait plus durement touchée, avec une contraction de 2% (après +1% en 2008), bien plus marquée que celle de 0,5% anticipée jusqu'ici. Pour la France, le recul serait de 1,9% (après +0,8% en 2008), contre une baisse de 0,5% prévue en novembre. L'Italie connaîtrait trois années consécutives de recul du PIB entre 2008 et 2010, avec un pic cette année (-2,1%). Pour la première économie de la zone, l'Allemagne, les prévisions avaient déjà été publiées six jours plus tôt, avec un recul de 2,5% en 2009 (après +1,3% en 2008). Le Japon devrait voir son PIB reculer de 2,6%, au lieu du petit fléchissement de 0,2% attendu jusqu'ici. La deuxième économie mondiale serait ainsi en récession pour la deuxième année consécutive, après une baisse de 0,3% en 2008.

NOUVELLE VAGUE DE PLANS SOCIAUX

51 millions. C'est le nombre de personnes qui pourraient être mises au chômage en raison de la crise économique mondiale. Les prévisions du Bureau international du travail (BIT) peuvent sembler pessimistes mais l'accumulation de vastes plans sociaux laisse craindre une explosion du chômage mondial. Le constructeur d'engins de chantier américain Caterpillar a ainsi annoncé pas moins de 20.000 suppressions d'emplois. Même chiffre pour le groupe japonais d'électronique et télécommunications NEC. Pfizer, le premier laboratoire pharmaceutique mondial, qui rachète son homologue Wyeth, pourrait détruire jusqu'à 19.500 postes. Les effectifs de l'avionneur américain Boeing seront diminués de 10.000 unités. Et la liste est encore longue: - 9.450 postes chez le Japonais NEC Tokin, - 8.000 chez l'opérateur télécoms Sprint Nextel, - 7.000 chez le spécialiste du bricolage Home Depot, chez le bancassureur ING et chez le groupe diversifié Hitachi, -6.700 chez la chaîne de cafés Starbucks, -6.000 chez le néerlandais Phillips, - 4.500 chez le franco-italien STMicroelectronics et chez le spécialiste de l'électronique Toshiba, -3.000 chez le concepteur de logiciels SAP ou encore -2.000 chez le premier constructeur automobile américain General Motors. Ford va supprimer 1.200 emplois. Et les constructeurs japonais pourraient se séparer avant mars de 25.000 salariés.

LA CONSTRUCTION DU DEUXIEME REACTEUR EPR CONFIEE A EDF ET A GDF

La France construira bien un deuxième réacteur de troisième génération, dit EPR (European Pressurized Reactor). Sa construction a été attribuée ce jeudi soir à EDF et à GDF Suez, elle devrait commencer en 2012 pour un raccordement au réseau en 2017. Ce deuxième réacteur sera construit à Penly en Seine-Maritime. EDF sera majoritaire dans la société réalisatrice et GDF Suez sera associé au projet. Nicolas Sarkozy avait annoncé en juillet 2008 sa décision de lancer un nouvel EPR pour accroître la capacité française de production et d'exportation d'électricité. Ce choix avait suscité la colère des mouvements écologistes, qui n'ont pas tardé à réagir à la confirmation de la mise en chantier de ce nouveau réacteur. Depuis des mois, EDF et GDF Suez bataillaient pour remporter le chantier annoncé jeudi. EDF construit actuellement à Flamanville (Manche) le premier EPR, un chantier commencé en décembre 2007 et dont le coût va atteindre 4 milliards d'euros, contre 3,3 milliards prévus initialement. Il doit entrer en service en 2012 et sera exploité par EDF et l'italien Enel. Les EPR sont issus d'une technologie franco-allemande développée par Areva. Ils doivent prendre le relais des 58 réacteurs nucléaires français actuels, tous exploités par EDF.

PROFITS RECORDS POUR EXXON MOBIL

La crise économique ? Exxon Mobil ne connaît pas. La première compagnie pétrolière mondiale a encore dégagé un bénéfice net record en 2008 de 45,2 milliards de dollars. Ses profits sont en hausse de 11% par rapport à 2007, profitant de la flambée des cours du pétrole sur les six premiers mois de l'année. Ces derniers ont ainsi atteint début juillet de nouveaux plus hauts historiques, à plus de 147 dollars le baril. Le chiffre d'affaires du géant texan a progressé de 17% pour toucher 477,35 milliards de dollars. Au quatrième trimestre, le groupe pétrolier a certes commencé à subir le contrecoup du ralentissement économique et de la baisse des cours. Son bénéfice net a ainsi chuté de 33%, restant cependant à un niveau confortable de 7,82 milliards de dollars. Chevron, le deuxième groupe pétrolier mondial, affiche de son côté 23,9 milliards de dollars de bénéfice en 2008, en hausse de 28%.

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Commentaires 3
à écrit le 09/10/2009 à 13:41
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les petits tringuent et les gros s'enrichissent.

à écrit le 09/10/2009 à 13:41
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une manifestation , c'est comme un beau et jolie troupeau de mouton. bien encadré et circulant aligné sans jamais rechigner, il pase la plupart du temps inaperçu dans la plupartde nos campagnes et fait^parfois la joie de nos anfants pensant qu'il s'a...

à écrit le 09/10/2009 à 13:41
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MAAILMAKAPITALISM-autor Raivo Pommer-Eesti Der Weltkapitalismus (maailmakapitalism- autor raivo pommer) Folgen der Finanzkrise Die Staatskapitalisten Retten ohne Plan: Politiker liefern sich einen bizarren Milliarden-Wettstreit, wer am b...

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