Le parquet de Paris pourrait engager une enquête préliminaire contre Total et Michelin pour "blanchiment de fraude fiscale"

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Selon le Parisien qui révèle cette information, les deux groupes disposeraient de fondations au Lichtenstein. Le Parquet de Paris et le ministre du Budget Eric Woerth confirment la transmission à la Justice des dossiers.

Le parquet de Paris a confirmé avoir reçu une dénonciation du ministère des Finances sur une éventuelle fraude fiscale qu'auraient pu commettre les groupes Michelin, Elf et Adidas ce qui devrait donner lieu à l'ouverture d'une enquête judiciaire. Le Parisien de ce mardi 31 mars révélait qu'une enquête préliminaire allait être ouverte contre Total et Michelin par le parquet de Paris, à la demande de Bercy, pour "blanchiment de fraude fiscale". Eric Woerth a confirmé ce mardi sur LCI que le ministère "avait transmis à la justice trois dossiers" tout en refusant à "infirmer ni confirmer le nom des entreprises citées par le Parisien". Michelin et Total ont formellement démenti les informations du Parisien.


Le quotidien indique que cette affaire fait suite à l'enquête au long cours menée, depuis plus d'un an, pour connaître les entreprises qui ont caché de l'argent dans des fondations opaques de la principauté du Lichtenstein. Débuté par les révélations d'un informateur des services de renseignement allemand travaillant au sein de la banque LGT basée à Lichtenstein, poursuivie le 14 février 2008 par l'ouverture d'une enquête contre le patron de la Bundespost, l'affaire rebondit en France. Le 26 février, Bercy reçoit une liste de 200 noms de citoyens français soupçonnés d'évasion fiscale, pour un montant estimé par Eric Woerth d'un milliard d'euros. L'enquête est alors menée par la Direction générale des finances publiques (DGFP) dans le plus grand secret. Le journal assure qu'une soixantaine de groupes seraient concernés par cette enquête mais que la plupart seraient en train de négocier. Certains d'entre eux acceptant de payer leurs dettes fiscales majorées de pénalités.
 

C'est donc la DGFP qui, selon le Parisien de ce mardi, a transmis au Procureur de la République de Paris la liste des fondations liées à Michelin et Total, mais aussi Adidas. C'est le cas de la fondation Copa qui serait liée au groupe Michelin et de la fondation Elf trading SA que Total a hérité de Elf après la fusion avec les deux groupes pétroliers. Ces deux fondations auraient utilisés à des fins frauduleuses les comptes de la banque LGT.
 

En tout cas, la réaction de deux des groupes mis en cause est nette. Total dément "formellement" avoir une fondation Elf Trading au Liechtenstein qui lui servirait "à faire du blanchiment d'argent".  Pour sa part, le groupe Michelin "dément formellement les informations parues dans l'édition du 31 mars du Parisien". Il "ne détient aucune fondation Copa et ne possède aucun compte au Liechtenstein dans la banque LGT".
 

Interrogé sur ce qu'il attendait de la justice dans cette affaire, Eric Woerth a répondu qu'il souhaitait obtenir "la vérité, sur la manière dont ça s'est passé, sur d'où est venu l'argent sur ces trois affaires (...) et in fine sur le plan fiscal, bien évidemment la récupération des impôts qui ont été édulcorés et des pénalités".
 

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Commentaires
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Si les faits sont avérés exacts, M. Sarkozy doit prendre son téléphone comme Obama et demander à M. Christophe De Margerie de quitter son poste immédiatement sans indemnité ni rien
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Il me paraît peu probable que des entreprises industrielles aient ouvert des comptes douteux; le retour des délations me rappellent VICHY...
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Je propose à M Woerth de créer un label éthique pour ceux qui payent leurs impôts traitent correctement leurs salariés et la planète et ne se goinfrent pas de stocks options et autre parachutes dorés ou retraites dignent des résultats du loto. Ce label sera affiché partout et sur leurs produits notamment.
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Stupide démolition des entreprises Françaises,
Annoncer en pleine crise des poursuites contre les plus grandes entreprises Françaises est une bien curieuse façon de les aider.
Si les faits sont exacts, il fallait attendre les résultats définitifs des enquêtes pour l?annoncer.
Mais si les enquêtes sont négatives, dans ce cas qui va réparer le mal fait aux entreprises concernées ?

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