Procès AZF : peine maximale requise contre l'ex-dirigeant et Grande Paroisse, rien contre Total

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Le ministère public a demandé des peines maximales contre l'ex-directeur de l'usine, Serge Biechlin et Grande Paroisse. Ils risquent respectivement 3 ans de prison avec sursis avec 45.000 euros d'amende, et 225.000 euros d'amende. Rien n'a été requis contre Total et son dirigeant.

Après quatre mois de débats, le parquet a requis les peines maximales pour le procès AZF. L'ex-directeur de l'usine, Serge Biechlin, risque donc 3 ans de prison, mais avec sursis et une amende de 45.000 euros. Grande Paroisse (groupe Total) est menacée d'une amende de 225.000 euros. Le procureur, Patrice Michel, la poursuit pour homicides, blessures et dégradations involontaires.

De plus, en cas de condamnation, le jugement devra être publié dans la presse et figurer pendant deux mois sur le site internet de Total, "une peine complémentaire à laquelle nous sommes sensibles", a déclaré Me Stella Bisseuil pour "l'association de victimes endeuillées". Mais le parquet n'a pas demandé la condamnation de Total ni de son ancien dirigeant, Thierry Desmarest. Après la catastrophe, ils avaient été placés sur les rangs des prévenus dans le cadre d'une citation directe, mais ces citations "n'ont apporté aucun élément nouveau" aux débats, selon le procureur.

Patrice Michel a toutefois regretté les "déclarations hâtives du procureur (Michel Bréard à l'époque) privilégiant la thèse de l'accident" dès le 24 septembre 2001, ce qui "a jeté le doute et la suspicion sur la police, la justice et les experts".

Les deux représentants du ministère public ont appelé à "tirer toutes les leçons de cette catastrophe industrielle qui n'avait rien d'une fatalité" et provoqua la mort de 31 personnes le 21 septembre 2001. Ils ont mis en cause au terme de quatre mois d'audiences, "un dysfonctionnement grave dans la gestion des déchets et le recours à la sous-traitance, dans une usine pourtant classée Seveso 2".

L'accusation attribue la catastrophe au déversement accidentel, sur un tas de nitrate d'ammonium, d'un produit chloré (DCCNa) incompatible, récupéré avec une benne dans des sacs au hangar 335 par le salarié d'une entreprise sous-traitante, Gilles Fauré. Une réaction chimique pourrait être à l'origine de l'explosion.

Lundi prochain, à l'issue des plaidoiries de la défense, le tribunal mettra son jugement en délibéré.
 

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