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ÉconomieFrance

Tepa : des avantages "pas négligeables" mais des "effets pervers"

Thibaut Pézerat

Publié le 21 août 2009 à 01:21 - Mis à jour le 21 août 2009 à 04:26

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Sur le site du groupe Safran à Massy (Essonne), les réactions des salariés aux heures supplémentaires sont partagées.

Visiblement, la loi Tepa est arrivée à point nommé pour Safran. Mise en place "immédiatement" dans l'usine de Massy (Essonne), selon son délégué CFDT Daniel Retat, la défiscalisation des heures supplémentaires avait a priori de quoi contenter tout le monde. Car, il y a deux ans, les semaines à 35 heures ne faisaient pas la règle : certains employés y travaillaient même le samedi après-midi, en plus de leurs horaires de la semaine. Avec l'arrivée de ces nouveaux avantages, la réaction des salariés fut pourtant partagée, selon le syndicaliste : "Globalement, les salariés en ont profité sur le plan du pouvoir d'achat. Mais ils ont ressenti un fort sentiment d'injustice à l'égard de la collectivité."

Entre intérêt personnel et sentiment que des embauches pourraient être possibles, le syndicaliste prend un exemple qu'il connaît bien : le sien. Et il reconnaît que le premier des avantages introduits par la loi, l'exonération de cotisations salariales pour chaque heure supplémentaire travaillée, s'avère rentable. Sur une base de 35 heures hebdomadaires et 3.000 euros mensuels sur sa fiche de paie, la moyenne de 3 heures supplémentaires par semaine lui rapportait "environ 60 euros supplémentaires chaque mois". Un avantage "pas négligeable", cumulé à la déduction d'"environ 4.000 euros" sur sa déclaration de revenus annuelle, également permise par la loi. Si ces bonus apportés au porte-monnaie des salariés ont été globalement bien reçus par ceux-ci, le syndicaliste pointe cependant certains effets pervers que la loi aurait entraînés. Il réfute d'abord les effets incitatifs qu'aurait eus cette réforme : "Chez nous, le volume d'heures supplémentaires n'a pas augmenté après la loi puisqu'on en faisait déjà beaucoup." Mais il affirme également que les négociations annuelles de revalorisation salariale, qui donnent traditionnellement droit à des augmentations de salaire, ont fortement pâti de la mesure : "Certains employeurs se disent que grâce aux heures sup, cela leur évitera d'augmenter les salaires." Problème, la crise est passée par là.

Baisses de salaires indirectes
Même si l'aéronautique souffre d'un ralentissement moins marqué que d'autres secteurs, le nombre d'heures supplémentaires proposées par l'employeur s'est réduit comme peau de chagrin. Au niveau national, le volume d'heures supplémentaires s'est réduit de 10,5 % sur un an. Sur son site, Daniel Retat affirme qu'elles sont désormais quasi inexistantes. Résultat : des baisses de salaires indirectes provoquées par le ralentissement de l'activité, qui font rager le syndicaliste, jamais très loin de ses instincts politiques : "C'est une loi à contre-courant de la situation actuelle. Elle est désormais contre-productive et vidée de tout son sens." Malgré son deuxième anniversaire, le "travailler plus pour gagner plus" de la campagne de 2007 continue manifestement de diviser.

Thibaut Pézerat

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