"Il faut trois grands pôles universitaires à Paris"

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Valérie Pécresse explique à La Tribune pourquoi la rentrée universitaire s'annonce sereine. La ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche réaffirme aussi ses ambitions pour les universités parisiennes.

La Tribune - Vous avez promis une rentrée sereine mais certains syndicats estiment que les tensions restent fortes. Cela vous inquiète ?

 - J'ai dit que les conditions me semblaient réunies pour une rentrée sereine. La réforme est en marche. Je serai très attentive à ce que cela se fasse le plus sereinement possible. Tous les sujets ne sont pas épuisés, c'est évident. La réforme de la formation des maîtres est sur les rails ; elle suscite un certain nombre de craintes et de questionnements. Je connais très bien la complexité de cette réforme qui est le préalable à la revalorisation des carrières des enseignants du premier et du second degré.

Mais j'aimerais que l'on n'oublie pas les bonnes nouvelles. Tout d'abord, en trois ans, nous avons ouvert 30.000 chambres dans le parc Crous, dont 12 000 cette année. Nous atteignons pour la première fois les objectifs du plan Anciaux et nous allons continuer en 2010. Nous avons aussi introduit la colocation dans le parc HLM avec la loi Boutin, nous travaillons sur les logements modulaires comme il en existe aux Pays-Bas ou en Estonie et, après Arras et Sourdun, avons six projet de réhabilitation de casernes. Quant aux bourses, elles ont été augmentées de 1,5 % dans un contexte d'inflation négative et le nombre de bénéficiaires a progressé de 10 %. C'est un effort sans précédent. Et cela avant même que le Président de la République ne dévoile son plan jeunesse aujourd'hui.

 - La réforme du statut des enseignants-chercheurs vient d'entrer en vigueur. Il n'y a plus de contestation à redouter ?

- Le plan de revalorisation des carrières des enseignants-chercheurs et des chercheurs qui accompagne cette réforme prévoit le doublement de toutes les promotions de grades, de nouvelles primes d'excellence scientifique, l'augmentation considérable des primes de responsabilité pédagogique (jusqu'à 15.000 euros), le doublement des primes pour les chercheurs qui enseignent et une augmentation de 20 % de l'enveloppe de primes pour les personnels. Et toutes les universités devenues autonomes ont obtenu une enveloppe de primes majorée de 10 % pour tous leurs personnels. A cela s'ajoute le contrat doctoral qui permet enfin de reconnaître le doctorat comme une expérience professionnelle. En prenant en compte les années doctorales et post-doctorales des jeunes maîtres de conférences recrutés en 2008-2009, nous faisons progresser leurs salaires entre 12 % et 25%. Désormais, un jeune maître de conférences démarre à un salaire de 2.340 euros brut minimum. A une époque, on recrutait les docteurs à 1.500 euros. Enfin, je rappelle qu'il n'y aura pas de suppressions de postes dans l'enseignement supérieur et la recherche. Mieux, en 2008-2009, nous avons même recruté 85 enseignants-chercheurs supplémentaires du fait d'une meilleure gestion des emplois.

 - Vous avez instauré l'égalité entre TP et TD dans le décompte des services des enseignants-chercheurs mais certains syndicats craignent que son application n'entraîne des inégalités.

- C'était une revendication historique de tous les syndicats et cela constitue une avancée spectaculaire pour les filières scientifiques car jusqu'à présent, on ne reconnaissait pas les travaux pratiques à leur juste valeur. Certains demandent à ce que cette mesure s'applique aussi aux vacataires. D'une manière générale, qu'il s'agisse des accélérations du début de carrière ou des nouvelles bonifications de rémunérations, je m'engage à faire examiner les situations individuelles afin de permettre à chaque membre de la communauté universitaire de bénéficier des effets positifs du plan de revalorisation.

 - Votre budget est en augmentation et vous avez largement bénéficié du plan de relance. Mais les étudiants français restent moins bien lotis que dans la plupart des grands pays industrialisés...

- Il y avait un réel retard de l'investissement de l'Etat dans l'université. En 2007, la dépense annuelle par étudiant était de 7.200 euros, contre 10.000 euros par lycéen. C'est un déséquilibre inacceptable pour un pays développé. En 2009, nous atteignons 9.132 euros par étudiant. L'objectif est d'arriver à au moins 10.500 euros d'ici 2012. Depuis 2007, les moyens dédiés à l'enseignement supérieur et à la recherche augmentent de 1,8 milliard d'euros par an. Et en 2009, grâce au plan de relance, s'y ajoutent 730 millions d'euros. Nous sommes aujourd'hui dans une logique de rattrapage : c'est donc le contraire de ce que craignent les adversaires de l'autonomie, puisque celle-ci s'accompagne d'un engagement financier massif de l'Etat pour ses étudiants. Pour preuve, nous venons de transmettre à toutes les universités leur budget consolidé avec les dotations d'Etat. En moyenne, l'année dernière, leur budget de fonctionnement et d'investissement a augmenté de 20 %, hors plan Campus.

- Mais toutes ne sont pas logées à la même enseigne. Certaines n'ont-elles pas vu leur budget baisser ?

- Non. Tous les budgets ont progressé d'au moins 10 %. Certaines universités ont bénéficié de 100 % de hausse, car cela dépend aussi de la vétusté des locaux, des projets immobiliers... Toutes les informations sur ces budgets au profit des universités sont désormais disponibles sur le site du ministère, de même que les informations sur les revalorisations de carrières. L'effort de l'Etat va très vite devenir visible dans chaque université. Si les gouvernements ont peu investi par le passé - à droite comme à gauche- c'est faute de réforme. Les moyens nouveaux sont la contrepartie de l'autonomie qui se met en place aujourd'hui.

 - N'y a-t-il pas un risque de favoriser les universités très réputées au détriment des petites moins prestigieuses ?

- Non. Au contraire, l'autonomie donne une prime aux universités en initiative. Et permet de distinguer celles qui bougent et qui changent. La semaine dernière, j'ai souhaité inaugurer une unité Inserm mixte à Paris XIII, lieu d'excellence en hématologie. Pourquoi ? Parce que cette unité a failli ne pas voir le jour, l'Inserm préférant regrouper ses unités d'excellence dans une grande université parisienne. Ce n'était pas ma vision ; pour moi, l'autonomie doit libérer les énergies et le seul critère pour labelliser une unité de recherche doit être l'excellence scientifique. Quand un laboratoire est évalué A+, qu'il soit à Paris XIII ou à Paris V, l'Inserm doit l'accompagner. C'est une question de stratégie scientifique pour le pays. Autre exemple souvent cité, celui de La Rochelle. Ses équipes se sont battues pour obtenir l'autonomie. Depuis, La Rochelle est considérée comme pionnière et a élaboré un projet pédagogique innovant. Auparavant, les moyens étaient seulement alloués en fonction du nombre de mètres carrés et du nombre d'étudiants inscrits. La grande difficulté aujourd'hui est de combattre les idées reçues. Or, l'université change de visage, entre dans le XXIe siècle à grandes enjambées, se rapproche des grandes écoles. Nous sommes partis de 85 universités et 225 écoles ; à la fin de l'année, nous aurons restructuré le paysage en 15 grands pôles de recherche d'enseignement supérieur (PRES) grâce au ciment financier de l'opération Campus.

 - 18 universités ont accédé à l'autonomie au début de l'année. Mais certains présidents d'université se plaignent d'être trop contrôlés et demandent une refonte du système d'allocation des moyens...

- Demandez-vous plutôt pourquoi 33 universités supplémentaires ont demandé et obtenu l'autonomie pour 2010 ! C'est que le bouche à oreille a été bon... Cela dit, certains établissements ont eu besoin d'être accompagnés par l'administration au démarrage. Développer le contrôle de gestion, la gestion des ressources humaines, maîtriser sa masse salariale, cela ne s'apprend pas du jour au lendemain. Je ne vais pas laisser des établissements publics gérer plusieurs centaines de millions d'euros de budget transférées sans contrôle solide. Pour l'instant, aucun « bug » n'est à déplorer. La plupart des universités découvrent même de nouvelles marges de man?uvre après que je leur ai rappelé qu'elles peuvent disposer librement de tous les moyens du plan licence dès lors qu'elles remplissent leurs objectifs, et qu'une enveloppe de primes de 10 % supplémentaire allait leur être allouée. Quant au système d'allocation des moyens, nous allons le corriger à la marge. Le modèle est bon car il prend en compte la réalité de l'activité de l'université (le nombre d'étudiants présents aux examens, etc.) et ses performances. Il ne s'agit pas de changer les critères mais il est vrai que nous avions sous pondéré les licences. Nous allons les rectifier sur ce point, ce qui sera bénéfique aux IUT et aux universités intégrant de nombreux premiers cycles. De la même façon, nous avions sous-évalué la charge des coûts fixes pour les petites universités pluridisciplinaire de moins de 11.000 étudiants. Ces ajustements à la marge permettront de supprimer les inégalités de traitement.

- La réforme de la formation et du recrutement des enseignants menace-t-elle l'avenir des IUFM (instituts universitaires de formation des maîtres) ?

- Je rappelle que leur intégration au sein des universités s'est plutôt bien déroulée. Maintenant, au-delà même de la question des IUFM, il faut réfléchir à ce que seront les lieux de la formation des maîtres de demain. Luc Châtel, qui est issu du monde des ressources humaines, et moi-même sommes sur la même longueur d'ondes. Aujourd'hui, l'enjeu c'est la formation des maîtres tout au long de la vie, le retour à l'université des professeurs. On ne peut pas commencer une carrière de professeur des écoles ou du second degré en se disant que, pendant quarante ans, on va enseigner de la même façon. Cela donne aux universités avec leurs composantes IUFM une occasion formidable de devenir des lieux de formation tout au long de la vie. Les établissements vont devoir travailler différemment, évoluer en centre de ressources interuniversitaires et nouer de nouveaux partenariats avec les UFR disciplinaires... C'est un vrai défi.

 - La question des stages en responsabilité devant une classe d'étudiants qui n'ont pas encore passé le concours inquiète aussi beaucoup la communauté enseignante.

- Aujourd'hui, les vacataires de l'Education nationale titulaires d'une simple licence peuvent remplacer un professeur à temps complet et cela ne choque personne ! Je fais aussi remarquer que les étudiants en 4ème année de médecine sont internes, font des gardes ; que les élèves d'école de commerce effectuent des missions de cadres dès leur 2ème année d'étude... Attention au discours idéologique. Nous créons un diplôme à bac+5 avec des stages en responsabilité offerts à des jeunes qui seront encadrés par l'université. S'il n'y avait qu'un seul élément positif de la réforme, ce serait celui-là : plus un seul étudiant ne passera le concours de professeur des écoles ou le Capes sans connaître la réalité d'une classe. Ma responsabilité en tant que formateur est d'offrir de la pré professionnalisation dans la formation des maîtres. Que les jeunes qui passent les concours le fassent en connaissance de cause.

 - Vous venez d'annoncer 700 millions d'euros de dotations pour les campus parisiens, dont les contours ne sont toujours pas connus. Ou en est la mission que vous avez confié à ce sujet à Bernard Larrouturou ?

- En Ile-de-France, sur la période 2007-2013, l'Etat va dépenser 4 milliards d'euros en immobilier (logement étudiant, projets Saclay et Condorcet, Jussieu, Tolbiac, Clignancourt, rénovation de la Sorbonne, d'Assas, de la bibliothèque Sainte-Geneviève...), dont 700 millions dans le cadre de l'opération campus de Paris. Celle-ci a vocation à développer des structures interuniversitaires communes et à doter en capital les futures universités confédérales parisiennes et que l'on nomme des PRES (Pôles de Recherche et d'Enseignement supérieur). Que voulons-nous faire à Paris ? Un schéma directeur immobilier qui ait du sens en matière pédagogique et scientifique et qui soit le catalyseur de rapprochements ou d'alliances entre universités et grandes écoles parce que le paysage à Paris est trop morcelé et trop clairsemé entre les disciplines. L'idéal serait d'avoir trois grands pôles universitaires. L'Ile-de-France compte environ 550.000 étudiants, dont 300.000 à Paris. Le critère retenu est de 3.000 à 6.000 doctorants par pôle. Au-dessus de 6.000 doctorants, nous ne sommes plus dans les critères internationaux.

 - La recomposition du paysage universitaire parisien entraînera-t-elle des cessions immobilières ?

- Bernard Larrouturou travaille avec les universités sur un certain nombre de projets immobiliers prioritaires, que nous voulons réaliser en concertation notamment avec la Région et la Ville. L'objectif est de passer de près de 120 sites immobiliers à une quarantaine et que chaque université se dote d'un schéma directeur immobilier avant d'obtenir la dévolution de son patrimoine qui est la deuxième étape de l'autonomie. Mais je tiens à ce qu'aucun bâtiment de prestige à vocation universitaire situé dans Paris ne perde cette vocation. Au contraire, j'aimerais récupérer certains bâtiments, notamment ceux des écoles qui partent sur Saclay ou Aubervilliers. Cette redistribution va nous permettre de donner de la cohérence.

 - Qu'espérez-vous obtenir du grand emprunt ?

- Pour moi, le grand emprunt doit être l'occasion pour la France de faire un bond en avant scientifique et technologique. Nous avons lancé il y a 6 mois un grand exercice de prospective avec les chercheurs publics et privés et les associations : la Stratégie nationale de rechercher et d'innovation (SNRI). La SNRI a défini trois grands champs prioritaires (santé et l'alimentation ; énergie et environnement ; informations et nanotechnologies) pour lesquels des programmes de recherche ont été identifiés tels le séquençage du génome à haut débit, l'interface entre l'informatique et la biologie, le photovoltaïque... Pour moi, il y a plusieurs champs à couvrir : la recherche fondamentale, la recherche partenariale, les grandes infrastructures de recherche et la valorisation de la recherche pour stimuler les PME innovantes. Dans cet optique j'organise le 6 octobre un séminaire destiné à prolonger la SNRI et la traduire en projets concrets. Je proposerai à la mission Juppé-Rocard que l'on réalise des appels à projet. Je travaille avec Chantal Jouanno en matière environnementale, Bruno Lemaire en matière d'alimentation, Roselyne Bachelot et Christine Lagarde en matière de santé. Nous souhaitons faire émerger des projets d'excellence mondiale. C'est dans ce cadre que le chef de l'Etat souhaite voir créés « cinq instituts hospitalo-universitaires de rang mondial ».

 - La règle du non-cumul des mandats remet-elle en cause quelque votre stratégie de conquête en Ile-de-France ?

- Aucunement. J'ai toujours dit depuis un an que ce combat régional est un défi supplémentaire et que, pour moi, présider la région Ile-de-France n'est pas compatible avec une fonction ministérielle.

 - Si vous l'emporter, quitter votre portefeuille ministériel ne sera-t-il pas un crève-c?ur ?

- C'est un autre défi mais d'ici au mois de mars, je vais graver la réforme dans le marbre. Dans les six mois prochains, nous allons passer des étapes décisives : réforme du CNRS, rapprochement grandes écoles-universités, plan Campus, développement de l'insertion professionnelle... A la fin de l'année, le nouveau paysage universitaire français sera regroupé en 15 PRES. En janvier, 60% des universités seront autonomes.. Toutes ces actions dans le domaine de l'enseignement supérieur, la recherche, l'innovation et de l'aménagement de pôles ...me passionnent et continueront à me passionner.

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Commentaires
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Un seul avec une bonne sélection serait suffisant. Le niveau des etudiants est de plus en plus bas.
Pour quand un vrai management de competences dans ce pays ?
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Paroles, encore des paroles, toujours des paroles! Une volée de chiffres qui ne correspondent pas à la réalité, lorsqu'ils ne relèvent pas de la basse manipulation. Comme comparer le nouveau salaire BRUT d'un maître de conférences débutant ayant 2 ans d'expérience avec l'ancien salaire NET d'un maître de conférences débutant n'ayant pas d'expérience.

Parlons budget! Que disent les textes officiels du gouvernement? Voir par exemple au Journal Officiel le texte de la LOI n° 2009-135 du 9 février 2009 de programmation des finances publiques pour les années 2009 à 2012 (voir http://www/legifrance.gouv.fr?).

L?Etat y indique clairement que pour ce qui est des autorisations d?engagement, il y aura pour l?enseignement supérieur et la recherche:
* +920 millions d?euro en 2010,
* +670 millions d?euro en 2011.

avec une partie non négligeable (490 millions d?euro) de cette somme qui est destinée au compte d?affectation spéciale des pensions. Hors pensions, l?augmentation est bien faible au regard de l'élargissement des missions budgétaires des universités. Quant à l'augmentation de 20% du budget de chaque université, les DGF (dotations globales de fonctionnement) la démentent.

Bref, tout cela est bien technique, mais il reste cette impression, le discours de Mme Pécresse ne dévoile-t-il pas au fond une certaine sous-estimation de l'intelligence des lecteurs, des citoyens, et des futurs électeurs aux régionales?
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
C'est très bien tout cela Mme la Ministre; Il y a de bonnes intentions. Mais en ce qui concerne les trois PRES de Paris, la situation semble bien floue. Pouvez vous nous dire quels sont ces 3 PRES parisiennes? Nous connaissons déjà l'alliance d'Universités et de Grandes Ecoles Paris Universitas, qui ne peut avoir le statut de PRES, mais cherche à en constituer un autour du nom "Sorbonne" (ce qui est fortement criticable puisque plusieurs Universités qui ne font pas partie de ce premier PRES en "gestation" portent ce nom et sont tout autant héritière de l'ancienne faculté de lettres de la feu Université de Paris. Madame la Ministre, pouvez vous nous dire ce qu'il adviendra de l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, héritière de l'ancienne Sorbonne, et de l'ancienne faculté de droit de Paris, qui détient les meilleures écoles doctorales de sciences humaines en France (cf les résultats de l'Observatoire Bobigny: http://blog.sorbonne-post-scriptum.com/category/le-saviez-vous).

Paris 1(jusqu'à nouvel ordre) est membre fondateur de la PRES aujourd'hui appellé Paris-Cité. Cependant, selon une motion votée récemment par le Conseil d'Administration de Paris 1 (http://www.univ-paris1.fr/universite/espace-presse/evenements-et-communiques-de-presse/motion-sur-le-pres-paris-cite/), celui-ci s'étonne d'apprendre que la présence de l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne ne serait plus souhaitée au sein du PRES Paris-Cité et "qu'ainsi une volonté d'origine ministérielle pourrait prévaloir sur la volonté des universités concernées, au moment même où l'on met en avant leur autonomie".

Vous nous parlez d'autonomie des Universités, très bien, mais alors, pourquoi n'est-elle pas mise en pratique Madame la Ministre? Etrange double discours je trouve....

a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Comme d'habitude, la ministre confond volontairement le budget total et la dotation de fonctionnement. La réduction du nombre de postes dans son ministère a pour effet de diminuer le budget total, ainsi que le taux d'encadrement des étudiants. Voilà le fond de son action. Ensuite, ces économies faites sur le dos des jeunes docteurs qui ne trouvent plus leurs débouchés naturels dans l'université et les organismes de recherches, lui permettent d'en distribuer quelques miettes sur la dotation de fonctionnement, et il ne lui reste plus qu'à ne parler que de celle-ci pour faire croire que les universités sont toujours plus riches. Le pire est que ces miettes ne sont pas affectées sur le budget de la dotation de service public, comme il est d'usage, mais à la masse salariale, en demandant aux présidents d'université de distribuer des primes au mérite. Une méthode assez orthogonale à l'esprit même du service public. Si on constate dans quelques années à l'université les mêmes problèmes qu'à France Telecom aujourd'hui, on saura à qui demander si elle est fière de ce qu'elle a fait.
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Notre établissement (une école dans les 15 meilleurs écoles d'ingénieurs en 5 ans selon le classement de l'express, qui case très bien ses étudiants) n'a pas les moyens de payer TD=TP et donc ne le fera pas !!! Les secrétaires sont des CDD renouvelés chaque année (ou pas, selon les fonds de tiroirs), toutes payées au miniumum légal et sans aucune progression de carrière. Parfois, il y a trop d'argent, mais fléché sur tel ou tel projet, donc devant être dépensé dans tel ou tel matériel clinquant et "visible" ; par contre, pour le fonctionnement, pour payer des gens : ya pas. Notre université va gratter tous les reports fin décembre, les équipes seront bien dans la merde en janvier, si elles leurs soumissions ANR du printemps dernier ont été refusées (20% d'acceptation, avec un poids important au lobbying industriel). Mme Pécresse

Vive le fundraising : vendre des mugs, changer des logos, s'autocongratuler, taxer les anciens (charité) : bref, LA FIN DE LA REPUBLIQUE.
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Pour EMME.
Management, management...
encore plus de chefaillons INcompétents... et des suicides à la clé.
Vous devriez arrêter ces discours creux, Emme.
Je vous propose plutôt de regarder au niveau des managers... un VRAI regard. Aussi.
Un étudiant ne fait pas de dégâts (pas encore...). Un manager, oui.
Et un autre VRAI regard au monde REEL et aux dégâts qu'on finit tôt ou tard par mesurer.
Alors le blabla, l'autosatisfaction, le "je sais tout" surtout quand on n'y a jamais mis les pieds ni les mains
Mais il semble qu'on ait des recettes pour tout et n'importe quoi de nos jours.... Et cela s'appelle le "manajemen".
Alors BASTA le règne des ignorants creux. Et des manipulateurs pervers.
C'est probablement les mêmes... compétences?
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Tissu de mensonge. La mission Larrouturou prend à contrepied les projets pédagogiques, scientifiques et territoriaux des présidents qui ont écrit à VP pour choisir de travailler ensemble. Par un chantage aux investissements, à de l'argent dépensé sans tenir compte des synergies scientifiques on détache ainsi paris 1/8/13 du pôle en cours de constitution Paris 3/5/7/Sciencs PO/Inalco/EHESP, IPGP. Le plan Campus sur Bichat, l'Ecole Polytechnique descartes/Diderot, la rénovation de Sciencs po ne sont en rien concrétisés...
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Si vous l'emporter -> Si vous l'emportez !
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Salut

Je suis en première année

Ds la classe de bio le prof a parlé sur les plantes essentielles tout le monde a cité quelques plantes et j'ai parlé de VETIVERT le prof a dit quelle n' a aucune de cette plante et m'a demandé je viens d'ou et lui ai dit que je suis de l'amérique centrale
elle a dit c la premiere fois quelle a entendu parler de cette espece.

C juste pour vs dire c'était de la celllule végétale qu'on parlait.............j'ai été sidéré de voir comment elle est ignorante et incomptente.
C' vraiment grave d'avoir des imbeciles qui enseignent en pleine 21e s

et ds la capitale de l'europe.

Merci
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Le doctorat en France est comme les autres diplômes à avoir subi une baisse de sa qualité, à tel point qu'aujourd'hui certains docteurs remettent en cause la validité de ce diplôme qui finalement n'en est pas un. Pour ma part, j'ai renvoyé ce diplôme au ministère invoquant qu'il n'était pas du niveau international et donc qu'il ne valait rien sur le marché français... Donc oui je confirme, c'est un luxe d'avoir ce titre dévalorisé, qui ne sert à rien en France...
J'ai par ailleurs tous mes diplômes du mon CV et je me suis rendu compte que j'avais plus d'entretien, incroyable !!!!!!! pauvre pays qu'est la France, elle ne sait plus quoi faire de ses diplômés frustrés qu'elle continue d'envoyer à l'abattoir du capital humain pour grossir les rangs de demandeurs d'emploi futurs...
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
On a vu les commentaires précédents qui démontrent bien le trompe l'oeil des chiffres donnés. On pourrait aussi ajouter le problème du crédit d'impôts, dont le montant rentre dans le calcul de aide à la recherche, mais qui en aucun cas ne retourne à la recherche publique, et qui, dans le privé, n'est rien d'autre qu'une aide d'état déguisée, rarement utilisée en R et D ! Quant à la réorganisation de la recherche, je parlerais davantage de desorganisation. Les unités mixte CNRS universités (dites UMR) se demandent quel sera leur avenir puisque MMe Pecresse a demandé au CNRS des réduire leur nombre et de laisser aux hébergeurs universitaires la charge de la gestion. Quand on voit la pagaille financière des services universitaires, leur indisponibilité 2 mois par an, il faut reconnaitre que le gestion est en générale mieux assurée à l'INRA, A l'INSERM ou au CNRS... La simplification est aussi un trompe l'oeil puisque le CNRS et l'iNSERM ont été éclaté en 8 ou 9 instituts "indépendants" (xsoit dit en passant en toute illégalité formelle eu égard aux manipulations visant à écarter les représentants du personnels des débats) et on a remis une couche supplémentaires via les "alliances" où on ne sait plus qui fait quoi. Il aura fallu 2 ans pour casser le système de recherche francais qui était bien loin d'être aussi ridicule que les libéraux l'ont dit ; il faudra 20 ans pour le reconstruire pour autant que les crises structurelles, conjoncturelles et écologiques nous le permettent.
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Les primes aux enseignants-chercheurs sont un moyen de faire accepter les évaluations individuelles, de mettre au pas par la carotte financière et administrative (trace dans le dossier de fonctionnaire) et de faire oublier les salaires médiocres. Avec bien sûr la mise en concurrence entre collègues et la bataille pour "plaire" et remporter la mise qui se gagne généralement en faisant du zèle... qui se matérialise par des heures sup non rémunérées qui arrangent bien l'administration des universités et les économies substantielles réalisées. Ces primes permettent d'étouffer les contestations. Quand on sait que souvent leur budget provient des postes rendus c'est dégueulasse.
Toujours le même mensonges sur les budgets en augmentations... C'est sûr que quand on additionne tout pour les universités surtout les dépendes nouvelles comme les charges d'entretien énormes des bâtiments ou le budget des IUT (avant indépendant) il peut y avoir des augmentations de budget... mais si on s'en tient aux lignes budgétaires des années passées cela stagne voire diminue parfois.
Equivalence TP/TD... il faut savoir que ces heures sont souvent accomplies par des vacataires, CDD, moniteurs, ... et autres précaires qui eux ne sont pas soumis à cette équivalence. De qui se moquent-t'on !
Les PRES.. on devrait dire les "presses" car cela revient à engraisser 15 pôles et d'un autre côté condamné les autres campus à une petite mort où au minimum à ne devenir que des fac d'enseignement de la licence sans recherche.
La réforme de la formation des maîtres... une énorme machine à fabriquer de la précarité chez les enseignants du secondaire (entre autre effet direct néfaste).
Pécresse est forme pour cette rentrée ! Les mensonges sont tout chaud et en stock suffisant ! La casse de l'Université et de la recherche continue. Bien sûr des choses étaient à changer mais Pécresse (et Sarko) confond modification, amélioration, ... avec merchandisation, mort du Savoir, casse, ...
Antonin, membre du collectif PAPERA (www.collectif-papera.org)


a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Juste quelques remarques, Madame Pécresse énonce que le processus de réforme des iufm était indispensable à la revalorisation des débuts de carrières des enseignants du 1 et du 2 degré (réponse à la première question). Si on traduit le caractère allusif, "si vous souhaiter des augmentations de traitements, il faudra accepter les réformes". Quel est le rapport ?
Ou encore, sur quelles logiques sociales repose la banalisation des distributions de primes ? Tantôt mon collègue de travail devient le concurrent potentiel, tantôt il est un partenaire circonstancié.
Enfin, je rappelle que sur décision du ministère de l'enseignement supérieur l'Institut Français d'Urbanisme qui dépendait de l'Université de Paris 8, l'Institut d'Urbanisme de Paris (de l'université de Paris 12) et l'Ecole des Ponts et Chaussées ont été regroupés pour configurer un pôle universitaire émergent sur l'Est de l'Ile de France. Derrière le mot autonomie, c'est aussi une planification quasi-militaire. Demandons-nous si l'Ecole Nationale d'Administration (installée à Strasbourg) fera un jour partie de l'université de Strasbourg. Après tout ce ne sont que des décisions de pouvoir. L'autonomie n'est jamais une question de totale indépendance. Les arbres sont autonomes. Ils poussent et sont dépendants de la lumière, du sol, de l'eau. Parler de l'autonomie de l'université sans évoquer les dépendances est une abérration. De quoi, de qui dans un avenir plus ou moins proches les universités autonomes serons dépendantes ?
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Quel est le seul pays au monde où certains jeunes regrettent d'avoir suivi des études, et plus encore s'ils ces études ont conduit à un niveau très supérieur????
LA FRANCE

record au monde de désespérés éduqués, record au monde du nombre de docteurs complètement frustrés...

BREF

la France est championne de la production éducative sans qualité et nulle dans le domaine de la valorisation.

Au final:

il faut arrêter l'hémorragie considérable du nombre de surdiplômés... Il en va de la survie de l'espèce dotée d'un intellect sans perspective...

Pauvre France, il vaudrait mieux être née dans un PVD, au moins dans ces pays, le blocage est structurel et l'on sait à quoi s'en tenir...

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