Budget 2010 : les principaux points discutés dès mardi

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(Crédits : © 2009 Thomson Reuters)
L'examen du projet de loi de finances 2010 débutera mardi à l'Assemblée nationale. La réforme de la taxe professionnelle, la remise en cause du bouclier fiscal et la taxe additionnelle sur les bénéfices des banques seront au cœur des débats.

En ces temps de crise économique, l'exercice, traditionnellement périlleux, d'élaboration du budget de l'Etat prend des airs de mission impossible. Mardi, les députés débuteront l'examen d'un projet de loi de finances 2010 déjà âprement critiqué.

Elaboré avec une hypothèse de croissance de seulement 0,75% et une inflation de 1,2%, le budget devrait se traduire par un déficit de 116 milliards d'euros et une dette atteignant 84% du PIB (produit intérieur brut). Pour l'opposition, c'est inadmissible. La gauche dénonce une politique fiscale "injuste" et Didier Migaud, le président PS de la Commission des finances appelle à arrêter de baisser les impôts.

Bouclier fiscal

Le célèbre bouclier fiscal, cher à Nicolas Sarkozy, concentre un grand nombre de critique. Même au sein de la majorité, il n'est plus aussi soutenu. La limitation de l'imposition à 50% fait grincer des dents et même si le Président de la république affirme qu'il ne veux pas qu'on y touche, deux députés UMP (Jean-Luc Warsmann et Marie-Anne Montchamp) ont déposé un amendement pour sortir la CRDS (contribution au remboursement de la dette sociale) du bouclier.

Taxe professionnelle

Mais les plus gros désaccord interviennent sur la réforme de la taxe professionnelle (TP). Actuellement, les entreprises s'acquittent de 26 milliards de TP, ce qui, ajouté à 10 milliards apportés par l'Etat, finance les collectivité territoriales à hauteur de 36 milliards d'euros par an. Il s'agit d'une des principales sources de revenus pour les collectivités.

Dès 2010, la part des entreprises va tomber à 18 milliards d'euros, dont 11,4 milliards au titre d'une nouvelle contribution complémentaire (CC) sur la valeur ajoutée. Celle-ci concernera les entreprises à partir de 500.000 euros de chiffre d'affaires et sera calculée avec un barème progressif.

Or, si en 2010, les pertes des collectivités locales seront compensées, dès 2011, elles ne percevront plus que 75% du la nouvelle CC et Gilles Carrez, le rapporteur UMP du Budget a déposé un amendement pour réduire cette part à 55%.

Taxe carbone

La taxe carbone ne devrait pas susciter de grandes vagues, le débat sur le sujet a déjà eu lieu. Calculée à partir de la tonne de CO2 fixée à 17 euros en 2010, elle sera compensée par un crédit d'impôt.

Taxe (exceptionnelle) sur les bénéfices des banques

La dernière proposition en date concerne la mise en place d'une taxe additionnelle de 10% à l'impôt sur les sociétés destinées aux banques, qui ont bénéficié de larges plans de sauvetage de la part de l'Etat ces derniers mois. C'est Didier Migaud qui a déposé cet amendement et l'UMP Chantal Brunel a demandé à ce que ce dispositif soit limité à 2010.

Sur ce point, le débat ne fait que commencer. En Europe, Londres serait en train d'étudier une mesure similaire, selon la presse, ce qui pourrait apporter de l'eau au moulin des défenseurs de cette nouvelle taxe.

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Commentaires
a écrit le 19/10/2009 à 15:55 :
Taxe carbone et CO2, la bonne blague :

http://www.youtube.com/watch?v=tPYlKKfRkk8
a écrit le 19/10/2009 à 12:36 :
heureusement que l'Etat ne réduit pas drastiquiement la voilure, hein!!!
a écrit le 19/10/2009 à 7:02 :
Le socialiste D Migaud demande d'arrêter de baisser les impôts.
Mais pour qui les impôts ont-ils baissé?
- Pas pour tous ceux dont la taxe d'habitation et les taxes foncières ont augmenté de 12% par exemple à Grenoble municipalité socialiste.
- pas pour ceux qui vont payer la taxe carbone sur des déplacements de plus en plus longs en raison de la mobilité nécessaire pour trouver un emploi dans un contexte de crise.
- pas pour les petits épargnants imposés à la CSG /RDS sur leur livret.
Ne serait-il pas urgent de d'exiger une réforme fiscale plus juste en supprimant des niches fiscales, le bouclier fiscal certes et en rétablissant surtout l'impôt progressif avec plus de tranches. Il ne suffit pas de s'arcbouter sur l'ISF qui est l'objet d'une fraude très forte pour paraître de gauche. Les déclarants honnêtes de l'ISF sont encouragés à ne pas le rester.
Le langage, les propositions des socialistes ne sont plus compris par les classes moyennes qui les soutenaient.
Quand vont-ils changer???
a écrit le 19/10/2009 à 5:16 :
Alors que le déficit de l'Etat s'est envolé, Il y a encore des cadeaux mais non aux contribuables de la classe moyenne qui au contraire verra sa fiscalité elle aussi s'envoler. Bientôt avec un chomage toujours grandissant, la France devient peu à peu un pays pauvre qui joue encore aux riches!
a écrit le 19/10/2009 à 4:15 :
Ils parlent d'or! Dépenses d'avenir, stratégies d'investissement, renforcement des fonds propres des petites et moyennes entreprises, et j'en passe. Il serait intéressant de savoir l'effet que produisent ces termes sur le citoyen de la rue, à une époque où les mots n'ont de signification que pour une minorité de gens. Je parierais que tout ça les laisse de marbre, et pour cause: il y a 50 ans déjà que l'on n'instruit plus les gens, bien qu'ils paient très cher pour cela. Je dirais même qu'on se garde bien de les instruire. Il ferait beau voir que les manants deviennent intelligents et exercent leur jugement! Or donc, que nous réservent les instances dirigeantes, elles qui savent de quoi elles parlent? Elles s'apprêtent à nous voler, mon brave! Ni plus, ni moins. Le discours qui émerge peu à peu est celui du "grand emprunt à moindre coût". Ce qui signifie : le meilleur moyen de se procurer de l'argent est de le prendre là où on est sûr qu'il se trouve, c'est à dire dans les économies des français, et comme ce sont de bons citoyens, pour qui solidarité, destin commun, avenir de nos enfants ne sont pas de vains mots, ils prêteront leurs sous à leur Etat bien-aimé , sans contrepartie, bien sûr, justement parce que ce sont de bons citoyens, très attachés aux bienfaits de l'Etat. J'en reste là, parce que je sens que je m'échauffe et si je continue, je pourrais exagérer. La spoliation, vous connaissez? Non, hein? Jamais entendu parler? "La spoliation d'état, la pire de toutes". (Frédéric Bastiat). Qui c'est, çuilà???

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