Léger ralentissement de l'activité manufacturière française en mai

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(Crédits : © 2009 Thomson Reuters)
L'activité de l'industrie manufacturière française a continué à se développer en mai tout en montrant des signes de ralentissement. L'indice PMI qui la mesure se replie après trois mois de hausse.

Les conditions d'exploitation de l'industrie manufacturière française ont continué de s'améliorer en mai mais dans une moindre mesure par rapport aux mois précédents, selon l'enquête PMI publiée mardi par l'institut Markit Economics et réalisée auprès de quelque 750 entreprises.

L'indice PMI Markit/CDAF a fléchi à 55,8, son plus bas niveau depuis trois mois, après avoir atteint en avril un plus haut depuis 45 mois de 56,6. Il avait été initialement annoncé à 56,2 en estimation "flash" le 21 mai.

"La croissance conserve son élan en mai dans l'industrie manufacturière française, reflétant à peine l'impact de la crise de la dette souveraine européenne", relève Jack Kennedy, économiste chez Markit.

Le volume des nouvelles commandes a progressé pour le onzième mois consécutif, avec une demande en provenance du marché national et des marchés étrangers qui se renforce depuis avril. Le taux de croissance des nouvelles commandes à l'export s'est maintenu à un niveau proche du pic de quarante mois observé en avril, avec la demande en provenance d'Asie, d'Europe et des Etats-Unis qui s'est également renforcée en mai.

Les répondants à l'enquête ont expliqué la hausse de l'activité par une augmentation du nombre d'heures travaillées et une amélioration de la productivité. Le volume des arriérés de production a aussi augmenté pour le dixième mois consécutif, confirmant l'existence de contraintes de capacité. "La forte hausse du volume de travail en cours devrait encourager à court terme de nouvelles hausses de production", souligne Jack Kennedy.

L'emploi proche de la stabilisation

Les fabricants ont néanmoins poursuivi les réductions d'effectifs pour le vingt-cinquième mois consécutif, mais le taux de suppression d'emplois est le plus faible de la période avec un sous-indice de l'emploi juste sous la barre de 50. "Les entreprises interrogées expliquent principalement cette tendance par le non remplacement des départs", précise Markit.

Les réductions des stocks de produits finis ont continué pour le dix-neuvième mois consécutif, avec un taux de repli qui est le plus fort depuis janvier, les entreprises cherchant à faire face au volume croissant des ventes. Les répondants ont également fait état de retards dans leur production en raison de problèmes d'approvisionnement. Les délais moyens de livraison ont ainsi connu en mai leur plus forte hausse depuis juillet 2006, reflétant des ruptures de stocks chez les fournisseurs.

Les pénuries mondiales d'un certain nombre de matières premières et produits de base comme l'énergie, les métaux, le papier et les matières plastiques ont continué de stimuler la hausse des prix des achats, avec un taux d'inflation qui a atteint son plus haut niveau depuis octobre 2004.

Soucieux de préserver leurs marges de l'augmentation rapide des coûts d'exploitation, environ 11% des répondants ont indiqué avoir augmenté leurs prix de vente moyens. Le sous-indice des prix de vente a ainsi augmenté pour le deuxième mois consécutif mais, comme le note Markit, "si les fabricants sont en mesure de répercuter en partie cette hausse de leurs coûts, ils restent confrontés aux pressions concurrentielles qui entravent leur pouvoir de tarification".

Par ailleurs, les prix à la production de l'industrie française pour le marché intérieur ont nettement augmenté en avril (+1%), après une progression déjà soutenue en mars de 0,7%, a annoncé l'Insee mardi. Sur un an, la hausse atteint 4%, selon l'Institut national de la statistique. Comme le mois précédent, cette augmentation est alimentée par "les fortes hausses des produits pétroliers et des matières premières industrielles".

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