La pénurie de carburant s'accentue

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(Crédits : © 2009 Thomson Reuters)
Le marché pétrolier est l'un des secteurs les plus touchés ce mardi par les mouvements sociaux : grève dans les raffineries, blocage des dépôts de carburant, pompes à sec... La situation devrait, selon le gouvernement, se rétablir dans 4 à 5 jours. En attendant, cliquez sur cet article pour découvrir la carte des stations-service en rupture de stock.

Malgré les propos rassurants du gouvernement, qui affirme qu'il n'y a et n'aura pas de pénurie d'essence en France, les files s'allongent dans les stations-service qui disposent encore de stocks. Lundi soir, les distributeurs ont indiqué que plus de 2.500 stations, sur les 12.500 du pays, étaient à sec. A noter que la Normandie et l'Ouest de la France sont particulièrement touchés.

Un plan d'acheminement de carburant a été mis en place ce mardi matin et il faudra quatre à cinq jours pour que la situation redevienne normale, a annoncé François Fillon devant les députés UMP. "Un tiers des départements français ont des difficultés d'approvisionnement en carburant" aux stations-service, a souligné le Premier ministre.

Mais à l'issue d'une réunion qui s'est tenue en fin de journée à Matignon, l'Ufip, l'Union française des industries pétrolières a annoncé que les distributeurs de carburant vont mutualiser leurs stocks et mettre en place de nouveaux moyens de transport pour ravitailler les stations-service touchées par des pénuries. "Le fait de mutualiser les stocks de réserves, ça va donner plus de flexibilité dans le système", a expliqué Jean-Louis Schilansky, son président.

"On va mettre en place de nouveaux moyens de transport parce que c'est là qu'est le goulot d'étranglement qui ne nous permet pas d'approvisionner les stations-service comme on voudrait à partir des dépôts", a-t-il ajouté.

A la question de savoir quel était le type de moyens envisagés, il a répondu : "Essentiellement du camion, du fer, éventuellement certains transports qui pourraient venir de l'étranger. Le problème, c'est qu'on a du produit en depôt mais qu'on du mal à l'acheminer assez rapidement."

En attendant, Total a annoncé qu'un quart de son réseau de stations -service était touché par les problèmes d'acheminement de carburant. Or, le groupe pétrolier est le premier opérateur français avec environ 4.000 points de vente sur un total avoisinant 12.500, un quart du réseau est touché "sur un ou plusieurs produits".

Le nombre de stations-service totalement fermées est très difficile à établir mais l'absence de certains carburants, notamment le gazole, dans plusieurs centaines d'entre elles se traduit par la multiplication et l'allongement des files d'attente. Un site internet a mis en ligne une carte très pratique pour éviter de se rendre dans des stations ne disposant plus de carburant (pour voir cette carte cliquez ici)

La FNTR, principale fédération de transporteurs routiers, a mis en garde contre un risque de pénurie en précisant que près de la moitié des pompes dédiées aux routiers sont déjà à sec.

Si de nombreux dépôts pétroliers restent bloqués par des grévistes, certains ont pu reprendre leurs expéditions au moins temporairement lundi après l'intervention des forces de l'ordre. Mais celles-ci devraient être davantage mobilisées mardi par les 266 manifestations prévues dans toute la France à l'occasion de la nouvelle journée d'action nationale. "Le week-end avait beaucoup aggravé la situation. Une journée comme hier a fait du bien, avec notamment l'utilisation de stocks stratégiques", a expliqué un porte-parole d'Esso, la filiale française du géant américain Exxon Mobil .

La France a en effet commencé à puiser dans ces stocks stratégiques, qui représentent plus de trois mois de consommation, pour pallier les perturbations dans l'approvisionnement. Le secrétaire d'Etat aux Transports, Dominique Bussereau, a fait état lundi d'un bond de 60% des achats de carburants la semaine dernière par rapport à une semaine "normale".

La grève se poursuivait mardi dans les douze raffineries françaises et à Fos-Lavera (Bouches-du-Rhône), le premier terminal pétrolier français, touché par des arrêts de travail pour le 23e jour consécutif, 47 navires pétroliers restaient bloqués, un chiffre inchangé par rapport à lundi.

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