La croissance française restera assez molle en 2011

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Les prévisions de l'Insee pour 2011 montrent une croissance modeste, de 0,3 % au premier trimestre et de 0,4 % au deuxième, après une hausse de 0,5 % au dernier trimestre 2010.
Les prévisions de l'Insee pour 2011 montrent une croissance modeste, de 0,3 % au premier trimestre et de 0,4 % au deuxième, après une hausse de 0,5 % au dernier trimestre 2010. (Crédits : © 2009 Thomson Reuters)
Selon l'Insee, le PIB de la France va continuer à croître au premier semestre 2011 à son rythme actuel. Grâce, encore et toujours, à la consommation des ménages.

Pas de rechute à craindre pour l'économie française au premier semestre 2011, voilà pour la bonne nouvelle. Les prévisions de l'Insee communiquées jeudi montrent cependant un rythme de progression modeste, de 0,3 % au premier trimestre 2011 et de 0,4 % au deuxième, après une hausse de 0,5 % au dernier trimestre 2010.

Sur la première partie de 2011, la France "se maintiendrait sur la tendance qu'elle connaît depuis la sortie de récession", avance ainsi l'Insee, qui prévoit pour 2010 une croissance de 1,6 %. Considérant ces prévisions pour les deux premiers trimestres 2011, l'acquis de croissance à la mi-2011 serait de 1,3 %. La sortie de crise se poursuivra donc en 2011, mais ce sera donc sans tambours ni trompettes.

Les industriels confiants

"Quantitativement", souligne-t-on au cabinet de la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, ces prévisions sont "un peu ternes au regard des anticipations des industriels". Car l'indice de confiance des industriels, telle que le mesure par exemple la société Markit, reste bien orienté en cette fin d'année, malgré les grèves d'octobre et les intempéries de décembre. La croissance du volume des nouvelles affaires, notamment, est dynamique, du fait de la reconstitution des stocks chez les clients. Chez les prestataires de service également, décembre a connu une accélération de la hausse des nouveaux contrats, selon Markit.

Les perspectives d'activité favorables et "l'amélioration des conditions de financement" tireront l'investissement des entreprises, prévoit l'Insee, surtout au premier trimestre 2011 (+ 0,7 %). Le mouvement de reconstitution des stocks, en revanche, "s'essoufflera quelque peu" à l'horizon mi-2011, "ce qui freinerait les importations", dont le dynamisme a surpris en 2010. Les exportations ralentiraient également, "en ligne avec une demande mondiale moins porteuse", notamment en Europe, explique l'Insee. Ainsi, la contribution du commerce extérieur à la croissance sera nulle sur ce semestre.

Au final, c'est la consommation des ménages qui reste l'alpha et l'oméga de la croissance française. Elle augmenterait de 0,9 % au dernier trimestre et de 1,7 % sur l'ensemble de 2010. Mais la fin de la prime à la casse en décembre la ferait fléchir en 2011, à 0,1 % et 0,2 % lors des deux premiers trimestres, laissant entrevoir des difficultés pour l'industrie automobile et ses sous-traitants.

Des impôts qui pèsent sur le pouvoir d'achat

Au premier semestre 2011, le pouvoir d'achat des ménages augmentera de 0,9%. Il ralentit donc par rapport au second semestre 2010 (+1,2%). Pourtant les revenus d'activité augmenteront, les prestations sociales également, et l'inflation fléchira (1,4% à juin 2011). Comment s'explique dès lors cette morosité ? Par les impôts... "Conséquence de la meilleure tenue des salaires" (+0,7% pour le salaire moyen de base), ces derniers seront "dynamiques", selon l'Insee, en particulier l'impôt sur le revenu. La réduction de certaines niches fiscales n'aura en revanche d'impact qu'au second semestre, au moment des régularisations de fin d'année.

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Commentaires
a écrit le 18/12/2010 à 14:04 :
L ILLUSION EST TOTALE SORTIR DE L EUROPE VITE REVENIR SUR LA LOI DITE ROTCHILD
a écrit le 17/12/2010 à 18:04 :
Comment crôitre?
Les 35 heures,L'assistanat généralisé,les pauses PIPI-Cigarettes-,les RTT,les arrêts de toutes sortes,GREVES comprises,font de ce Territoire,une Zône difficile à motiver pour un Travail,supportant la comparaison avec les Anglos-saxons..
Alors,on comprend la présence Chinoise,qui eux ne connaissent pas les mots MOU ou MOLLE
a écrit le 17/12/2010 à 17:18 :
mais la ministre reine de l'optimisme béat sera là pour transformer (verbalement) la mollesse en dureté....
a écrit le 17/12/2010 à 17:04 :
baser la croissance sur la consommation des ménages et exclusivement sur elle est pour le moins hasardeux, car le pouvoir d'achat va se rétracter sensiblement du fait de l'augmention des charges incontournables (assurances habitation, voiture, maladie, impôts...) et la liste n'est pas exhaustive. En résumé croissance molle, désespérément molle, enfin pour le français lamda, pour le reste ça va bien merci
a écrit le 17/12/2010 à 13:06 :
Aussi molle que le peuple français et ses représentants
a écrit le 17/12/2010 à 12:24 :
Croissance molle veut dire accroissement du chômage et amorce d'un cercle non vertueux comme peur du chômage = épargne de précaution = moindre consommation = accroissement du chômage= augmentation de la dette !
Réponse de le 17/12/2010 à 12:58 :
Ce n'est l'accroissement du chomage mais une réduction plutôt lente.
Réponse de le 17/12/2010 à 13:37 :
@eiffel. ce que vous évoquez "ce cercle non vertueux", c'est dans les livres d'économie pour les nuls qu'on lit cela, dans la "vraie" vie excusez moi ce n'est pas tout à fait la même chose, c'est comment dire.......un peu plus compliqué ou moins simpliste.
Réponse de le 17/12/2010 à 17:30 :
Détrompez-vous dudu, l'économie c'est très basique, trop même. Et c'est bien pour cette raison que les technocrates européens et les grands dirigeants des Etats européens n'ont toujours pas compris que la gestion est un équilibre des dépenses et qu'une entité fût-elle grande comme l'Europe des 27 ne pourra garder l'euro avec des fondamentaux pourris et la constitution actuelle !
a écrit le 17/12/2010 à 11:51 :
Dear Sirs , your information of the UK economy is sadly NOT correct ..
which creates a lack of European creditability ...?
English viewers also watch French TV I.E.
la Grande Journal ..

a écrit le 17/12/2010 à 10:45 :
Faisons confiance à l'oral de C. Lagarde qui saura transformer cette croissance molle en croissance dure......
Réponse de le 17/12/2010 à 15:21 :
avec une dure lutte. ;-)
a écrit le 17/12/2010 à 10:23 :
La performance est effectivement un peu moyenne. Ceci étant quand on la compare aux autres grands pays de la zone euro, ça n'est pas la catastrophe : 2 % sont attendus pour l'Allemagne par exemple. Par ailleurs, on sait très bien que la France a encore quelques petites réformes à mener... Avec l'inertie apparente de notre pays, c'est déjà extraordinaire que l'on réussisse aussi bien !
a écrit le 17/12/2010 à 10:17 :
C'est curieux, plus çà, moins j'ai l'impression qu'on vit sur la même planète les économistes et moi !! Moi je vois surtout qu'il va falloir rembourser la dette de la France, payer les retraites, la dépendance etc, combler le trou de la Sécu, payer les augmentations d'impôts locaux dus au désengagement de l'état, payer toutes les augmentations de prix genre loyer (merci l'immobilier), assurances, gaz, élèctricité etc etc, et tout çà avec les salaires qui ne bougent pas. Je me demande toujours comment se fait-il que la consommation ne se soit pas déjà totalement effondrée ...

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