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Pourquoi les 35 heures divisent la droite

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Publié le 05 janvier 2011 à 09:56

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La majorité au pouvoir laisse éclater ses divergences sur la question de la durée légale du temps de travail relancée par le socialiste Manuel Valls. L'UMP souhaite faire des 35 heures l'un des dossiers clés de la future campagne présidentielle. Mais les poids lourds du gouvernement estiment que les discussions doivent plutôt porter sur le coût du travail.

Le déverrouillage de la loi sur les 35 heures auquel veut s'attaquer la droite est loin de faire l'unanimité dans les rangs même de la majorité et ce alors que cette dernière souhaite mettre ce sujet au coeur de la campagne présidentielle pour 2012. 

"Les 35 heures, c'est un problème pour tout le monde" a réaffirmé le nouveau patron de l'UMP Jean-François Copé. De son côté, Hervé Novelli, secrétaire adjoint du parti majoritaire, a indiqué mardi qu'il proposerait que les partenaires sociaux puissent négocier librement de questions comme la durée conventionnelle du travail dans le cadre d'un "nouveau contrat social". "Ce contrat consisterait à échanger sur une période de cinq ans les allégements de charges contre une flexibilité plus grande pour les entreprises et davantage de sécurité pour les salariés", a-t-il dit. La durée légale du travail étant supprimée, il reviendrait au patronat et aux syndicats de négocier des conventions sur le sujet au niveau des branches.

Le projet complet de l'UMP sur les 35 heures présenté en février.

Encouragé par le chef de l'Etat, Nicolas Sarkozy, et par le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, pour lancer ce débat, Jean-François Copé veut aller "assez vite" dans cette réflexion sur les 35 heures relancée pourtant dimanche par le député socialiste Manuel Valls. "2012, c'est demain! Il faut que ce débat pénètre l'atmosphère", a-t-il expliqué en défendant son credo du "travailler plus et mieux". "On a ouvert une brèche importante avec les retraites, il faut en ouvrir une deuxième avec le temps de travail", a insisté le député-maire de Meaux. Il souhaite présenter le projet complet de l'UMP sur ce sujet d'ici à février.

Coût du travail...

Mais pour Xavier Bertrand, les 35 heures ont été enterrées avec la loi Tepa. "Les 35 heures à la mode de Martine Aubry, c'est fini", a déclaré ce mercredi sur Canal Plus le prédecesseur de Jean-François Copé et actuel ministre du Travail. Selon lui, le "vrai débat" doit plutôt porter sur le coût du travail. Il a précisé ce mercredi avoir demandé mardi à son successeur à la tête de l'UMP de pouvoir rencontrer ceux qu'il a chargés de mener la réflexion sur ce thème au sein du parti présidentiel, pour qu'il "puisse leur dire (que) le vrai débat est la question du coût du travail, pas seulement pour 2012 mais pour les années à venir".

Le ministre estime que la priorité est de savoir "comment on peut avoir davantage d'emplois en France et pour ça la question c'est celle du coût du travail"."Je propose que ce débat soit élargi à cela, parce que les allègements de charges, si on revient dessus, ce sont des emplois en moins, c'est tout le contraire qu'il faut faire", a-t-il ajouté.

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"Si vous changez les 35 heures, si vous les relevez, les salariés y perdent dans la minute sur leur fiche de paie, parce que les heures supplémentaires ne sont plus payées 25% de plus" a-t-il expliqué. "Les 35 heures sont devenues en quelque sorte un plancher à partir duquel on fait des heures supplémentaires qui sont mieux payées dès la 36ème heure", a-t-il ajouté.

... Durée globale du travail

"Manuel Valls, au fond, n'a fait que déposer aimablement une rose sur la tombe des 35 heures, version Aubry" qui sont déjà "mortes et enterrées, et depuis longtemps", a affirmé de son côté le ministre du Budget François Baroin.

C'est en effet le député socialiste et par ailleurs candidat aux primaires pour l"élection présidentielle qui a jeté le premier un pavé dans la mare dimanche dernier en déclarant que la gauche devait déverrouiller les 35 heures en cas de victoire.

Et François Baroina de citer chronologiquement le dispositif de déplafonnement des heures supplémentaires en 2003, leur défiscalisation en 2007, "qui en réalité a fait sauter le système des 35 heures ", puis en 2008 "la décision de François Fillon de permettre, au niveau des entreprises, de gérer son stock d' heures supplémentaires".  "La question n'est pas simplement aujourd'hui de la durée hebdomadaire du temps de travail, mais de la durée globale du travail".

... taux d'activité

Le parti de Dominique de Villepin République solidaire plaide pour sa part pour "un nouveau pacte social" sur le travail. "La question de la durée du temps de travail ne peut pas être un simple sujet de polémique entre le PS et l'UMP", explique Daniel Garrigue, le porte-parole du parti, dans un communiqué. "Dans une économie mondialisée où il faut faire plus de place à la compétitivité et à l'effort de recherche, où les équilibres démographiques se modifient profondément, la question du temps consacré au travail mérite d'être posée sereinement", fait-il valoir en proposant de "l'inscrire dans une vision plus large du travail dans notre société".

Pour le député, il serait notamment nécessaire de réfléchir à "l'amélioration urgente du taux d'activité des différentes classes d'âge, prioritairement les jeunes et les seniors" et au "rôle majeur de la formation professionnelle dans l'accès à l'emploi". Il faudrait également prendre en compte "la réduction des inégalités de revenus, entre les hommes et les femmes, mais aussi entre les différents acteurs du monde économique, ainsi que le rééquilibrage des charges pesant respectivement sur les revenus du travail et les revenus du patrimoine"

.... Allègement des charges

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  • Le socialiste Manuel Valls persiste et signe sur les 35 heures

"Nous avons des gens qui nous disent: "l'affaire est réglée, la page est tournée". C'est le point de vue du ministre du Travail d'aujourd'hui. Il y a des gens qui ne disent rien parce que ça les arrange. C'est le patronat. Ça les arrange d'avoir des subventions", a pour sa part déclaré Gérard Longuet, le président du groupe UMP au Sénat et chargé avec Hervé Novelli de réfléchir sur cet thème. "Le contribuable peut-il indéfiniment payer en lieu et place des entreprises, (...) les exonérations concédées soit par Mme Aubry entre 2000 et 2002, soit en 2003 par le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin, lorsque François Fillon était ministre du Travail ? C'est une somme difficile à évaluer, qui, selon les points de vue, varie entre 15 et 20 milliards d'euros", a-t-il ajouté. Selon lui, "pratiquement 40% de l'impôt sur le revenu sert à payer les exonérations de charge liées aux 35 heures".

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