Nadine Morano part en guerre contre l'illettrisme chez les salariés

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La ministre chargée de l'apprentissage et de la formation professionnelle a lancé mardi la première journée nationale consacrée à la "lutte contre l'illettrisme dans l'emploi".

"Ce n?est pas parce qu?on est inculte qu?on n?est pas cultivable..." C?est en citant une réplique de Gérard Depardieu - venu lui-même témoigner en faveur de la lutte contre l?illettrisme - dans le film de Jean Becker "La Tête en friche", que Jean-Paul Delevoye, président du Conseil économique, social et environnemental, a ouvert la journée de mardi consacrée à cette initiative. Voulu par Nadine Morano, ministre chargée de l?apprentissage et de la formation professionnelle, l?évènement vise à mobiliser la société, du fait qu?aujourd?hui, en France, il y a "plus de 3 millions de personnes en âge de travailler - soit 8% des salariés et 15% des demandeurs d?emploi - qui connaissent des difficultés pour lire et écrire", relève la ministre.

Une mobilisation collective

Associé à l?Agence nationale de lutte contre l?illettrisme (ANLCI), son ministère cherche d?abord à "sensibiliser l?ensemble des acteurs économiques et sociaux". Partenaires sociaux, grandes entreprises, organismes collecteurs agréés (OPCA) chargés du financement des formations professionnelles et Pôle emploi ont donc été invités à participer aux tables rondes, afin de briser le tabou de l?illettrisme dans l?emploi et y apporter des solutions. Pour pouvoir ensuite "accompagner les entreprises et les organismes de formations dans le repérage" des gens illettrés et organiser la formation visant à combler leurs lacunes.

Différent de l?analphabétisme - le fait de ne pas avoir été scolarisé - l?illettrisme concerne ceux "qui ont mal appris ou désappris les connaissances de base". Il peut se révéler handicapant pour l?entreprise qui accueille un tel salarié (et ils sont six illettrés sur dix à avoir un emploi) : problème de respect des consignes de sécurité ou de normes de qualité, gestion du changement perturbée, manque d?autonomie, mobilité professionnelle réduite. En conséquence, une entreprise sur quatre considère que l?illettrisme est un frein à son évolution.

Cela dit, ces carences posent problème dans la vie professionnelle, mais elles sont également un poids dans la vie sociale et familiale : impossibilité de faire un chèque, de lire un menu au restaurant, d?examiner les bulletins scolaires de ses enfants? Une situation qui conduit à l?isolement, voire à "l?exclusion" de la personne concernée, déplore Nadine Morano, qui voit dans cette lutte "un levier d?insertion professionnelle" et un moyen d?ascension sociale. C?est pourquoi le Conseil d?orientation pour l?emploi a demandé au Premier ministre que la lutte contre l?illettrisme soit déclarée grande cause nationale 2012.

Des témoignages pour avancer

Pendant la journée, les professionnels confrontés à l?illettrisme ont partagé leurs expériences. Ainsi, Christine Albanel, directrice exécutive du groupe France Télécom-Orange, a présenté les initiatives développées par son entreprise. Rappelant que "le monde du numérique est celui de l?hyper écrit", elle a souligné l?action "d?Orange solidarité numérique", qui a mis en place des ateliers où salariés bénévoles et formateurs collaborent dans une trentaine de villes.

Le secrétaire général du groupe Carrefour, Pierre Alexandre Teulié a quant à lui insisté : "il ne faut pas faire de la philanthropie, il s?agit d?abord de formation professionnelle et de compétitivité de l?entreprise". Sur les 200 magasins du groupe, 54 proposent une formation visant à éradiquer l?illettrisme. "Afin de détecter sans stigmatiser, nous donnons des informations sur ce type de formation à tout le monde. Même des cadres ont demandé à suivre des cours de syntaxe...", a-t-il reconnu.

Cette année, a promis Nadine Morano, quelque 186 millions d?euros seront consacrés à l?amélioration des connaissances de base des salariés : 54 millions de l?Etat s?ajoutant aux 132 millions d?euros du Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels.

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Commentaires
a écrit le 01/04/2011 à 10:09 :
Le droit a 90 jours par an d'absence sans motif!!!!!!!! Pendant ce temps l'éducation ne se fait pas!!!!!!! Après, il y a la maladie, après il y ales vacances!!!!!!!Après, après il y a des ILLETRES!!!!!!!!!
a écrit le 01/04/2011 à 6:41 :
Ne riez pas, des gens ne vont pas voter aujoud'hui, parce qu'ils ne savent pas lire, ils ont honte et peur d'entrer dans un bureau de vote. Ou sont passés les cours d'éducation civique abandonnés depuis maintenant quelques décennies. Qui en était en charge hier et aujourd'hui!!!!!
a écrit le 01/04/2011 à 6:28 :
A cause de qui cet illétrisme? Il a été voulu et organisé par une partie de l'éducation nationnale par plusieurs facteurs. Il est plus facile de manipuler des gens illétrés qu'instruits, c'est bien connu. Au moyen âge, on lisait au peuple ( donc on disait ce que l'on voulait). Un autre facteur, beaucoup ont choisi cette carrière pour ses avantages ( maladie, vacances, absences......) et le laisser, aller de la morale, du respect de l'autre, QUI SONT LES VRAIS FAUTIFS?
a écrit le 31/03/2011 à 11:53 :
A trop parler le SMS, on en devient complètement débile, n'est-ce pas les jeunes ? Et pourtant ce n'est qu'une question d'intelligence ...
a écrit le 31/03/2011 à 10:20 :
J'aimerais bien recevoir des cours de français sur mon Email,
a écrit le 31/03/2011 à 10:18 :
illéttrisme=conséquence d'une immigration incontrôlée
a écrit le 31/03/2011 à 6:42 :
Pour appuyer les propos de "Moutarde" comment en sommes nous arrivés là?
Dévalorisation des diplômes, manque de suivi personnalisé, pédagogie mal adaptée, corps enseignant et formateurs à la traine. . .
Si les baccalauréats, les BTS, mastères et autres commençaient par une dictée , il y aurait moins de surdiplomés!
Je fais régulièrement partie de jury ( oral et écrit), je rougis à leur place !
Mais qui blâmer?
a écrit le 30/03/2011 à 21:07 :
Les jeunes ne sont pas de plus en plus illettrés. Ils sont de plus en plus souvent à l'état de nature. Un peu comme si la civilisation n'avait jamais existé. C'est pas pareil.
a écrit le 30/03/2011 à 20:55 :
Quen on di que l'ilétrisme gagne du terin on exajère un peu.
Réponse de le 30/03/2011 à 21:10 :
@ Entoine: t'as raison, parce que si l'on parle et comprend mal le français, on sait dire des mots anglais qu'on sait même pas ce qu'ils veulent dire et on comprend mieux l'arabe que les vieux :-)
Réponse de le 30/03/2011 à 23:19 :
je tenais à dire que le français est la langue la plus dur à apprendre, par rapport à l'allemand et l'anglais, c'est pour ça que tant de monde baisse les bras en classe et ensuite en soçiété et au travail, çe n'est pas nouveau l'illétrisme, mais la bétise oui plutôt.
a écrit le 30/03/2011 à 17:51 :
Quelle France :classe 62 il n'y avait qu'un illettré dans les nouveaux incorporés (300 personnes de 19 ans )
Qu'a donc fait l'éducation pour qu'on soit en 2011 obligé de "repayer" pour apprendre à lire et compter à pas mal de jeunes gens ! Et ,le BAC est devenu plus que commun !
Réponse de le 30/03/2011 à 18:43 :
@ moutarde: oui, mais il faut maintenant le bac + 2 seaux (bac +3) pour être technicienne de surface, alors qu'avant il suffisait de savoir tenir le balai. De plus, il faut parler plusieurs langues parce qu'on ne sait jamais d'où le balai va être importé :-)
Réponse de le 30/03/2011 à 21:03 :
Le problème c'est qu'à bac+3 aujourd'hui on est souvent un illettré... Comme c'est mal de sélectionner les gens, parce que ça les traumatise, que tous les élèves et étudiants sont égaux (comme c'est beau...), on donne les diplômes à tout le monde. Le jour où on se retrouve sur le marché du travail, là on découvre la sélection et on reprend durement contact avec la terre : technicienne de surface avec un bac+3. Grosse claque...
Réponse de le 30/03/2011 à 23:26 :
je suis tout à fait d'accord avec les argumentaires qui ont été publié, plus on est diplomé et moins on est préparé à entrer dans le monde du travail, j'ai travaillé en intérim dans le ménage j'avais un collègue qui ne savait pas faire le ménage, pourtant il à fait un BTS de compta, mais comme il ne trouvait pas de boulot il se cramponne à son travail, comme un déchainé.

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