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Le beau temps fera-t-il grimper le prix de la baguette ?

Marina Torre

Publié le 22 avril 2011 à 03:30

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  • L'instant Sélection
Le cours des céréales repart à la hausse en Europe en raison des craintes de sécheresse. Pour autant, cela n'implique pas forcément une hausse directe sur les prix des produits à la consommation.

Farine, huile, pâtes... tous ces produits de consommation courante sont fabriqués à partir de céréales et d'oléagineux. Il en va de même pour la viande, puisque le bétail se nourrit de fourrage dont le prix est lié à ces cours. Or, les prix des céréales et oléagineux augmentent fortement, en partie en raison des conditions climatiques. Les cours du blé tendre, du colza ou encore de l'orge s'enflamment. En un mois, le prix du blé a grimpé de 15% sur le marché européen. Et la France, deuxième producteur de blé mondial, est loin d'être épargnée. Le blé meunier de qualité standard progressait ainsi de 6 euros à 245 euros la tonne à Rouen mercredi, tandis que l'orge atteignait les 180 euros la tonne, soit 4 euros de plus dans la journée, pour des livraisons d'avril à juin.

Toutefois, si le prix du blé augmente, cela ne veux pas dire que celui du pain en sera automatiquement affecté. En effet, le prix de la baguette est fixé de façon libre par les boulangers. Certes, la farine pourrait coûter plus chère, mais en, réalité, "ce coût a un impact relativement faible sur la baguette elle-même" explique Jean-Pierre Crouzet, président de la Confédération nationale de la boulangerie. "D'autres coûts comme la masse salariale, les transports, l'énergie sont beaucoup plus importants", poursuit-il.

Farines et huiles sensibles à la météo...

Les producteurs de farine, eux, pourraient subir les conséquences de la hausse des prix des matières première. L'Association nationale de la meunerie française (ANMF), s'inquiétait, dès janvier dernier de la faiblesse des stocks disponibles pour la "soudure", période précédant les nouvelles récoltes où l'on ponctionne les réserves. L'ANMF évoquait en effet des "risques de ruptures d'approvisionnement à la fin de la campagne céréalière 2010/2011 au moment de la période de soudure avant la nouvelle récolte." dans un communiqué. Aujourd'hui moins alarmistes, ils tablent sur des stocks de céréales produits en France permettant de tenir 26 jours sans faire appel à l'importation. Il est évalué à 2,3 millions de tonnes par FranceAgriMer, organisme. "Mais nous restons vigilants sur les conditions climatiques" précise un membre de l'association. La météo a en effet une véritable influence sur la spéculation.

Même son de cloche chez les producteurs d'huile : "Le colza et les autres oléagineux suivent le cours du blé. Or, il suffit d'un peu de pluie pour que le marché reparte à la basse" rassure un ingénieur agroéconomiste de Proléa, organisme représentant la filière française des huiles.

--- seulement sur les marchés régionaux et nationaux
Pourquoi la météo a-t-elle une incidence sur les cours? En fait, les craintes pesant sur les récoltes à venir jouent sur la spéculation. Les températures très clémentes et le manque de précipitations de ces dernières semaines, pas prêts de se dégrader, pourraient menacer, à terme, les productions agricoles utilisant beaucoup d'eau comme les céréales. Et ce dans toute l'Europe. Les échangent sur les marchés des céréales anticipant les effet de ces conditions climatiques, les prix ont déjà commencé de grimper.

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Quant aux récoltes elles-mêmes, il serait encore trop tôt pour affirmer qu'elles pourraient être menacées. "Les prévision de rendement ne se feront pas avant juin", indique une représentante de FranceAgriMer. "Si jamais le déficit en eau perdure au-delà de 15 jours, là, il y aura peut-être lieu de s'inquiéter." ajoute-t-elle.

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Une augmentation déjà prévue
Enfin, chaleur ou pas, les prix des produits alimentaires connaîtront de toute façon des hausses conséquentes dans les semaines à venir. Le 1e mars se sont en effet conclues des négociations entre industriels et distributeurs qui ont débouché sur des hausses de prix pour une grande variété de produits. La farine augmentera ainsi de 15 à 20%, les pâtes de 5 à 10%, l'huile végétale de 5 à 8%.

Marina Torre

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