L'inflation française au plus haut depuis fin 2008

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Les prix à la consommation ont augmenté de 0,8% en France en mars par rapport au mois précédent et de 2% sur un an, selon l'Insee. Les prix de l'énergie sont le principal facteur cette hausse.

Le spectre de l?inflation menace-t-il à son tour la France ? Jusqu?à cet hiver, les prix avaient plutôt mieux résisté dans l?Hexagone que dans les autres pays d?Europe à l?envolée du cours des matières premières. Mais les derniers chiffres fournis par l?Insee montrent que cette résistance n?est plus aussi manifeste.

L'indice des prix à la consommation (IPC) a augmenté en mars de 0,8% par rapport au mois précédent, a annoncé ce mercredi l'institut statistique. Sur douze mois, l?inflation atteint donc 2%. Il faut remonter à octobre 2008 pour retrouver une poussée inflationniste identique. Le mois précédent, l?indice des prix avait déjà progressé de 0,5% en rythme mensuel et de 1,7% sur un an. L'indice des prix harmonisé IPCH, qui permet une comparaison au niveau européen, est en hausse de 0,9% en février, soit une hausse de 2,2% sur un an.

En revanche, l'inflation sous-jacente, qui exclut les produits et services soumis à l'intervention de l'État (électricité, gaz, tabac...) et les produits dont les prix sont très volatils (carburant et fioul domestique, produits alimentaires saisonniers...) reste modérée. Elle se limite à 0,7% sur un an.

Reste que "ce n'est pas le sous-jacent qui compte, c'est davantage le chiffre d'ensemble, et il risque de peser sur la confiance des ménages", estime Jean-Louis Mourier, économiste d'Aurel BGC interrogé par l?agence Reuters. "Le premier réflexe, quand le pouvoir d'achat est sous pression, même si c'est lié uniquement à la hausse des prix de l'essence et des produits frais, c'est de ralentir la consommation, notamment de biens durables." ajoute ce dernier.

Les prix de l'énergie se sont envolés de plus de 15% en un an

Les prix de l'énergie, en hausse de 2,4% par rapport à février, affichent en effet un bond de 15,3% sur un an. Les seuls produits pétroliers voient leurs prix progresser de 4% sur un mois et de 19,6% en rythme annuel. Cette envolée spectaculaire des prix de l'énergie a incité les pouvoirs publics à multiplier ces derniers jours les annonces. Le prix du gaz devrait ainsi être gelé jusqu'à l'an prochain après la hausse de plus de 5% entrée en vigueur le 1er avril; l'électricité, elle, devra se contenter d'une hausse modérée cet été. Quant aux producteurs, raffineurs et distributeurs de produits pétroliers, ils financeront pour 115 millions d'euros l'augmentation d'un avantage fiscal susceptible de profiter à quelque six millions de contribuables.

La crainte d'une inflation durable et élevée a entamé le moral des ménages ces dernières semaines, a montré la dernière enquête de l'Insee. Et l'évolution des prix de l'énergie pourrait bien les conduire à des arbitrages en matière de consommation, estime Philippe Waechter, économiste de Natixis. "Si la hausse des prix du pétrole est durable, à un moment donné, il faudra faire des choix de consommation. Et les mesures prises, pour moi, n'auront d'impact que si le mouvement est perçu comme temporaire." assure ce dernier.

La hausse des prix dans l'alimentaire a franchi un nouveau stade

Le gouvernement est également confronté à la hausse des prix de l'alimentation (+ 0,9% en un mois). La hausse est particulièrement forte pour les produits frais (+2,9% sur un mois), mais aussi les huiles (+1,4%), les boissons non-alcoolisées (+1,0%) ou le pain et les céréales (+0,6%). "La France semble avoir rejoint le groupe des pays où l'inflation des produits alimentaires transformés s'est accélérée en mars", note Fabio Fois, économiste de Barclays Capital Research, pour qui l'évolution des prix en France pourrait conduire à une révision à la hausse de l'inflation globale en zone euro. Celle-ci a atteint 2,6% en mars après 2,4% en février selon la première estimation publiée par Eurostat.

Peu de produits échappent à cette hausse des prix qui pèse sur le pouvoir d'achat des ménages. Même du côté des produits manufacturés, la fin des soldes se traduit, sans surprise, par un bond de 8 % des prix de l'habillement et des chaussures.

Les réponses du gouvernement

Faute de pouvoir endiguer la hausse des prix, le gouvernement s'efforce désormais de favoriser l'augmentation du pouvoir d'achat des ménages.
Le ministre du Budget, François Baroin, a ainsi annoncé jeudi dans Le Figaro son intention de soumettre au parlement, dans le cadre du collectif budgétaire de printemps, un dispositif "qui permettra d'associer la distribution de dividendes et la politique de rémunération des entreprises". Sur Europe 1, il a évoqué "un dispositif simple sous forme de prime exceptionnelle" d'au moins 1.000 euros.

 

 

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a écrit le 14/04/2011 à 7:08 :
En théorie, l'inflation n'est pas une bonne chose. Seulement voilà, les déficits sont devenus astronomiques pour tous les Etats et il faut bien trouver une solution. Laquelle ? Celle des USA avec la planche à billet qui fait chuter la valeur de la monnaie et fait payer ceux tous qui ont engrangés et engrangent encore beaucoup de profits. Il s'agit donc d'un rééquilibrage salutaire. Monsieur Trichet, si vous savez un peu réfléchir, faites comme M. Bernanke ou alors laissez la place à des personnes qui savent prendre les bonnes décisions au bon moment !
a écrit le 13/04/2011 à 16:48 :
Une "prime exceptionnelle de 1000 euros" .... serait ce là le prix à payer pour obtenir une voix ????? Le richissime Sarkozystan ne se refuse rien ... moi qui avait entendu, dans un moment d'aberration, dire que les caisses de l'état étaient désespérément vides et que le coût du travail était une charge intolérable pour que nos entreprises restassent compétitives !!!
Réponse de le 14/04/2011 à 11:57 :
surtt que les impots nous la reprendra cette petite prime !!
a écrit le 13/04/2011 à 16:40 :
Ce n'est pas gentil de médire sur les immenses vertus de la gestion du Sarkozystan depuis ces 4 années. Les prix sont maitrisés, l'inflation est maitrisée, les salaires sont maitrisés, le pouvoir d'achat est maitrisé, l'idéologie est maitrisée ... Bref ... Tout est sous contrôle d'un Monarque omniscient et d'un équipe gouvernementale unie et d'une rare efficacité. Cette mirobolante gestion, du jamais vu au cours des derniers siècles, nous amène tout tranquillement à annoncer un déficit de 100% du PIB .... rien de grave .... les riches sont de plus en plus riches.
a écrit le 13/04/2011 à 10:31 :
BRAVO Mr. Baroin!
Pour régler un problème de dépense... une dépense!
Où est passé le candidat de 2007 qui disait "qu'il y en a marre dans ce pays de vouloir tout régler par de l'argent" et qu'il fallait trouver de nouvelles solutions.
Commencer par mettre sous contrôle les prix pratiqués à la pompe et par GDF, qui est sous votre contrôle!
a écrit le 13/04/2011 à 10:04 :
Inflation pour l'essentiel importée; pouvoir d'achat stagnant et consommation restreinte. Une bonne cure de stagflation nous attend, le pire des scénarios.
Réponse de le 13/04/2011 à 10:42 :
Repenser notre démarche par rapport à l'énergie et repenser part la meme nos systèmes agricoles , industriels .
là on est sûre que la croissance se fera!!
A nos milliardaires de le comprendre!!!

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