Affaire Bettencourt : un journaliste a bien été espionné

Claude Guéant a reconnu que les services de renseignements français avaient écouté un journaliste enquêtant sur les dossiers judiciaires concernant l'héritière de L'Oréal Liliane Bettencourt : "Il y a eu effectivement des repérages de communications téléphoniques, ce qui est tout à fait différent d'une écoute".

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Le Service du renseignement a espionné un journaliste. Une juge d'instruction parisien, Sylvie Zimmermann, a découvert que la DCRI (Direction centrale du renseignement intérieur) avait demandé en juillet 2010 par réquisition à l'opérateur Orange les factures détaillées de téléphone de Gérard Davet, journaliste au Monde.

La demande a été envoyée le lendemain de la publication par le quotidien d'un article embarrassant pour Eric Woerth, alors ministre du Travail, qui a dû démissionner en raison de soupçons de financement politique illégal par Liliane Bettencourt. Le Monde, qui a porté plainte et a donc accès au dossier d'enquête, a révélé l'existence de cette réquisition écrite.

La DCRI et le gouvernement avaient déjà admis l'existence de cette opération, mais assuraient ne s'être intéressées qu'à la source de Gérard Davet et donc à l'éventuelle violation du secret professionnel d'un fonctionnaire.

Gérard Davet a déclaré à Reuters qu'il estimait avoir la preuve d'un mensonge d'Etat. "On a la preuve des mensonges des autorités de l'Etat, ils ont bien espionné un journaliste pour mettre fin à une affaire embarrassante. Cela confirme qu'il existe un système au plus niveau de l'Etat destiné à déstabiliser les gens qui gênent le pouvoir".

"Scandaleux" selon Le Monde

Il remarque que les agents de la DCRI ont donc eu accès, alors qu'il n'est soupçonné d'aucun délit, à la liste de tous les appels entrant et sortant de son téléphone, ainsi qu'aux données de géolocalisation, c'est-à-dire qu'ils ont pu tout connaître de ses déplacements.

Claude Guéant, ministre de l'Intérieur, a confirmé sur France Info l'existence d'une enquête mais nié que Gérard Davet ait été visé. "Il y a eu effectivement des repérages de communications téléphoniques, ce qui est tout à fait différent d'une écoute. Le repérage des communications ne permet pas de connaître la teneur d'une conversation", a-t-il dit. "Il s'agissait de rechercher l'auteur de la divulgation - présent à l'intérieur de l' administration - de procédures judiciaires, ce qui est tout à fait scandaleux. Il s'agissait donc de rechercher l'auteur d'un dysfonctionnement administratif grave", a-t-il ajouté.

La personne gênante a été écartée de l'affaire. La source supposée de Gérard Davet, un magistrat en poste au ministère de la Justice, a été limogé et chargé d'une mission sur la cour d'appel de Cayenne. Ces manoeuvres sur les journalistes, "affaire dans l'affaire" Bettencourt, avaient fait l'objet de deux plaintes du Monde, qui visaient une violation du secret des sources journalistiques en s'appuyant sur une loi votée à ce sujet sous le mandat de Nicolas Sarkozy.

Le parquet de Paris, lié hiérarchiquement au ministère de la Justice, avait d'abord classé ces plaintes sans suite mais le Monde a relancé l'affaire par deux nouvelles plaintes avec constitution de partie civile, saisissant la juge Zimmermann qui a elle-même saisi la gendarmerie. Bernard Squarcini, patron de la DCRI, est maintenant susceptible d'être entendu par la juge, estime Gérard Davet, qui est partie civile.

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Commentaires 10
à écrit le 14/12/2011 à 17:38
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C'est vrai que tôt où tard la vérité s'imposera et nous comprendrons que M. Guéant n'est peut-être pas aussi droit dans ses bottes tel qu'il le prétend. Attendons, il y a encore des gens honnêtes qui travaillent dans l'ombre. Tout a une fin.

à écrit le 03/09/2011 à 8:52
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Code de procédure pénale modifié par la loi du 4 janvier 2010 : "Lorsque les réquisitions concernent des personnes mentionnées aux articles 56-1 à 56-3, la remise des documents ne peut intervenir qu'avec leur accord." (article 56-1: avocats, 56-2: jo...

à écrit le 02/09/2011 à 22:35
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Repérage : le mot de l'année !

à écrit le 02/09/2011 à 10:13
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La première phrase du résumé de l?article est mensongère et trompeuse : le ministre a reconnu un repérage et non pas des écoutes comme le précise par contre sa citation. Avez-vous donc tant besoin de tromper pour être lu ? Ou participez-vous à une...

à écrit le 01/09/2011 à 11:04
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Un espion espionné ? NORMAL .

le 03/09/2011 à 8:57
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Un espion espionné : normal (c'est prévu par la loi). Un journaliste espionné : illégal, c'est contraire à la loi, donc si vous considérez qu'espionner un journaliste c'est normal, il vous faudrait modifier la loi. Mais alors, la France ne respecter...

à écrit le 01/09/2011 à 10:47
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Heureusement que la France n'est pas une démocratie, sinon des élus, des ministres et des policiers pourraient être condamnés lourdement pour des faits pareils. La, ils auront tous des médailles et des promotions...

le 14/12/2011 à 17:40
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O.K.

à écrit le 01/09/2011 à 10:43
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Ce pauvre Guéant, il devait être dans la stasi dans une vie antérieure

le 14/12/2011 à 17:40
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O.K.

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