L'apprentissage, marchepied des jeunes pour accéder au marché du travail
Isabelle Moreau
Isabelle Moreau
Les patrons de très petites entreprises (TPE) plébiscitent l'apprentissage. Selon les résultats du 43e baromètre de conjoncture des TPE réalisé par l'Ifop pour Fiducial, 84 % d'entre eux considèrent qu'il facilite le recrutement des personnels et 72 % estiment qu'il est adapté aux TPE/PME. Une TPE sur quatre ? soit deux employeurs en France sur cinq ? ont eu recours à ce dispositif au cours des trois dernières années. Mieux, ils embauchent souvent dans la foulée un de leurs apprentis (39 %, voire 66 % dans les TPE de plus de cinq personnes). "Si les patrons de PME sont favorables à l'apprentissage, explique Jean-Marc Jaumouillé, directeur des techniques professionnelles chez Fiducial, c'est parce que beaucoup d'entre eux sont passés par ce dispositif. Notamment dans l'artisanat. Ce qui les intéresse, ce ne sont pas les étudiants classiques, mais ceux qui suivent des formations bien adaptées au monde de l'entreprise".
Très développé en Allemagne, ce dispositif en alternance est un marche-pied pour les jeunes désireux d'entrer sur le marché du travail. Pour autant, ce n'est pas la solution miracle au chômage des 15-24 ans comme le rappelle l?Association de régions de France (ARF) qui, dans un communiqué, rappelle que "l'apprentissage ne se décrète pas" et pointe une baisse de 8 % des effectifs depuis le début 2011.
De son côté, Jean-Marc Jaumouillé, note toujours une "image de l'apprentissage qui progresse peu" et plaide, pour la redorer, pour une fusion du contrat d'apprentissage et du contrat de professionnalisation".Et celui-ci de poursuivre : "ces deux dispostifs sont très proches car ils proposent des formations qualifiantes et diplômante. Si on avait un seul contrat, cela permettrait d'approcher des personnes ayant des niveaux de qualification supérieurs et revaloriserait les branches et les métiers concernés".
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Si la formation des salariés satisfait globalement les patrons de petites entreprises, ces derniers sont beaucoup plus critiques sur le système éducatif français. 64 % d'entre eux jugent qu'il fonctionne mal. C'est pourquoi ils appellent massivement (91 %) à des réformes urgentes pour améliorer l'éducation et la recherche, avec pour priorité absolue de s'assurer que tous les jeunes sachent au moins lire et écrire en sixième (64 %). Il réclament aussi une adaptation des études au monde de l'entreprise (41 %) et l'amélioration de l'orientation des jeunes (37 %). Vaste programme.
Isabelle Moreau
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