François-Marie Banier, arrêté, sera transféré devant un juge bordelais

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François-Marie Banier, soupçonné d'abus de faiblesse sur l'héritière de L'Oréal Liliane Bettencourt et premier protagoniste de l'affaire, a été arrêté ce lundi à Paris pour être interrogé par des juges d'instruction.

Outre François-Marie Banier, le compagnon du photographe, Martin d'Orgeval, a également été interpellé et tous deux devaient être interrogés sur les faits à l'origine de la saga concernant la milliardaire de 89 ans, placée sous la tutelle de sa fille en octobre dernier. Des poursuites sont possibles, dit le parquet de Bordeaux. "Leur transfèrement à Bordeaux pour éventuelles mises en examen, prévu dans les prochains jours, est en cours d'organisation", écrit le parquet dans un communiqué.

En 2007, la fille de la milliardaire Françoise Meyers, avait porté plainte contre François-Marie Banier en l'accusant de tirer parti de la faiblesse psychologique de sa mère pour obtenir d'elle des centaines de millions d'euros de dons sous diverses formes, entre 2002 et 2007. La procédure avait initialement tourné court et François-Marie Banier paraissait jusqu'ici devoir être épargné.

Bien que l'enquête menée par le procureur de Nanterre Philippe Courroye ait confirmé et même renforcé les soupçons, la police parvenant à un calcul total de près d'un milliard d'euros de "dons" litigieux, le procureur avait renoncé à poursuivre.

Françoise Meyers avait donc cité directement le photographe en correctionnelle en 2009 mais un accord signé fin 2010 entre elle, sa mère et François-Marie Banier avait amené le photographe à renoncer à toucher environ 600 millions d'euros. Il a conservé environ 400 millions d'euros donnés par la milliardaire, notamment sous la forme d'un ensemble immobilier dans le très huppé VIème arrondissement de Paris. Liliane Bettencourt l'a chassé au même moment de son entourage.

"Abus de faiblesse"

Le 29 juin 2011, ce premier épisode des poursuites a été refermé par le tribunal correctionnel de Bordeaux, suite au retrait de la plainte de Françoise Meyers. Mais le parquet de Bordeaux a ouvert en septembre dernier de nouvelles poursuites pénales pour "abus de faiblesse", à la suite d'un rapport d'expertise médicale réalisé en juin, et concluant à un état de démence de l'héritière.

Ce réquisitoire couvre la période comprise entre le mois de septembre 2006, début selon les médecins des problèmes médicaux de l'héritière, et le mois de septembre 2011.

François-Marie Banier est donc susceptible d'être à nouveau poursuivi, puisque, selon une source dans son entourage, il a encore reçu des donations pour des dizaines de millions d'euros pendant cette période.

Saisis après un imbroglio qui a abouti au dessaisissement du procureur Courroye et de la magistrate Isabelle Prévost-Desprez, les trois juges d'instruction bordelais saisis disposent d'autres récits laissant penser à des abus, dont des enregistrements clandestins d'un majordome remis à la justice.

Les juges enquêtent pour "trafic d'influence et financement illégal de campagne électorale" sur l'ex-ministre UMP du Budget, Eric Woerth, et un éventuel financement illégal de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007 avec la fortune des Bettencourt, évoqué par l'ancienne comptable de la milliardaire.

Eric Woerth, qui fut également trésorier de l'UMP, doit être interrogé, lui, sur l'embauche de sa femme en 2007 par le gestionnaire de fortune des Bettencourt, Patrice de Maistre, et sur la Légion d'honneur remise à ce dernier.

Un possible autre abus de faiblesse concernant diverses manoeuvres financières pourrait également être imputé à l'ex-mandataire de la milliardaire, l'avocat Pascal Wilhelm.

Malgré de nombreuses perquisitions, l'instruction en est encore à ses balbutiements et si François-Marie Banier et son compagnon étaient mis en examen, ils seraient les premiers.

L'Etat a de son côté finalement décidé de demander 108 millions d'euros de redressement fiscal à Liliane Bettencourt.

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Commentaires
a écrit le 12/12/2011 à 18:27 :
Liliane aurait très bien pu s'installer, comme de nombreux donneurs de leçon, sur la Riviera lémanique. Nestlé dont le siège est à Vevey, lui aurait trouvé sans difficultés un beau point de chute.
Le système fiscal français est confiscatoire et on en connait les conséquences néfastes.
Réponse de le 13/12/2011 à 10:31 :
Votre commentaire n'a rien à voir avec les parasites qui se sont "sucrés" sans vergogne: un peu de tôle ne leur ferait pas de mal!

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