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Stéphane Courbit n'a toujours pas rompu avec les Bettencourt

Sandrine Cassini et Jamal Henni

Publié le 24 octobre 2011 à 08:47 - Mis à jour le 24 octobre 2011 à 08:53

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La star montante du business français, qui oeuvre dans l'audiovisuel et les jeux en ligne, a déjà dépensé une bonne partie des 143 millions d'euros apportés par Liliane Bettencourt. Il cherche de nouveaux investisseurs.

Il l'a promis. Pour éviter d'être une victime collatérale de la tempête Bettencourt, Stéphane Courbit a proposé mi-juin à Liliane Bettencourt de renoncer aux 143 millions d'euros investis dans son holding.

Deux semaines avant, l'ancien patron d'Endemol France avait annoncé l'arrivée de la Financière L'Arcouest, nouvelle société de Liliane Bettencourt, dans le capital de LG Industrie (qui oeuvre dans les jeux en ligne, avec BetClic Everest Group, la production audiovisuelle avec Banijay, et l'électricité avec Direct Energie) à hauteur de 20 %.

Quatre mois après, les choses n'ont pas avancé. « Stéphane Courbit pouvait appeler la famille Bettencourt pour rembourser. Mais il ne l'a pas fait », déclare à « La Tribune », l'avocate de Françoise Bettencourt-Meyers, Béatrice Weiss-Gout. Formellement, Stéphane Courbit, dans la lettre envoyée mi-juin, ne propose pas à Liliane Bettencourt un remboursement, mais de rediscuter les conditions d'une sortie totale ou partielle, si elle en faisait la demande. Cette dernière a été mise, lundi, sous la tutelle de sa fille, Françoise Bettencourt-Meyers et de ses deux petits-fils. C'est donc à eux de décider de l'avenir de cette participation.

Dette de 110 millions d'euros

Une chose est sûre, Stéphane Courbit n'a pas les moyens d'honorer un remboursement immédiat de la famille Bettencourt. Devenu riche après la vente en 2007 de sa participation dans Endemol pour 240 millions d'euros, le quadragénaire a investi la totalité de cette somme dans ses activités en y associant des partenaires comme la Société des Bains de Mer de Monaco ou Bernard Arnault. Pis : les différentes filiales de son holding supportent une dette de 110 millions d'euros.

Stéphane Courbit cherche donc un nouvel investisseur. La question centrale est de savoir s'il a survalorisé son groupe lors de l'opération. La signature du protocole d'accord le 17 décembre 2010 nourrit les suspicions dans la mesure où un certificat médical établissait la veille « l'état confusionnel » de Liliane Bettencourt, comme l'a révélé « Le Monde ».

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Dans l'entourage de Stéphane Courbit, on tient à démontrer que ses intérêts ont été préservés. LG Industrie vaudrait, selon les propres calculs du groupe, entre 500 millions et 1 milliard d'euros. Une fourchette qui paraît bien large et, que ce soit dans la production audiovisuelle ou dans les jeux en ligne, fondée sur des hypothèses plutôt optimistes (lire ci-dessous). Les 143 millions d'euros apportés par Liliane Bettencourt valorisent 100 % de LG Industrie à 715 millions d'euros. Les 3 % de Financière LOV (actionnaire à hauteur de 80 % de LG Industrie), donnés à Alain Minc en échange de ses conseils, vaudraient donc 17 millions d'euros.

Rachat de 46 % de Poweo

Quoi qu'il en soit, une grande partie des 143 millions apportés à LG Industrie a été dépensée : 30 millions d'euros ont remboursé un crédit bancaire contracté auprès de Neuflize OBC, et 30 autres millions ont permis de racheter des obligations convertibles détenues par l'industriel Jean-Paul Bize, venu financer BetClic Everest Group.

Enfin, une partie a aussi permis à Direct Energie de racheter 46 % de Poweo pour 36 millions d'euros. Pour le moment, la famille Bettencourt ne dévoile pas ses intentions sur le dossier. « La tutelle facilite l'annulation de certains contrats signés à une période considérée comme suspecte. On pourrait régler le problème à l'amiable, ou via une procédure. Mais rien n'est décidé », confirme l'avocate de Françoise Bettencourt-Meyers.

À lire également

  • Betclic Everest s'endette

De son côté, Jean-René Farthouat, qui défend la mère, précise : « La tutelle d'aujourd'hui n'est pas la démonstration que, à la date de la signature, Liliane Bettencourt n'était pas en possession de ses capacités. Il faudrait aussi démontrer que le contrat est contraire à ses intérêts. » Une nouvelle bataille d'avocats est peut-être en vue.

Sandrine Cassini et Jamal Henni

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