Les stock-options, un système qui appartient déjà au passé

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Cette rémunération est sur la sellette. La décision de François Hollande entérine donc une tendance en cours.

Il l'a dit et répété : « Mon véritable adversaire, c'est la finance. » Parmi les mesures qu'il prévoit de prendre s'il est élu, François Hollande, a promis l'encadrement des bonus et la fin des stock-options. « Les stock-options, je considère qu'elles n'ont aucune légitimité. Donc elles n'auront aucune légalité et une loi viendra en terminer, sauf pour les entreprises qui naissent », a-t-il expliqué dans son discours du Bourget. L'annonce provoque peu d'émoi chez les intéressés. Mieux : elle est accueillie par certains DRH et dirigeants comme la voix de la sagesse, beaucoup considérant que ce mode de rémunération appartient désormais au passé. Ainsi d'Yves Barou, président du Cercle des DRH européens. « Nous assistons depuis dix ans à une explosion de la hiérarchie des salaires dans l'entreprise. Et avec les stock-options, il y a eu trop d'excès : des attributions trop élevées à un trop petit nombre d'individus, des pratiques peu orthodoxes jouant des fluctuations de la Bourse, des stratégies d'optimisations fiscales peu amènes, et tout simplement le fait de lier la rémunération de dirigeants au cours de l'action les incitant parfois à des choix stratégiques contraires à l'intérêt du corps social. »

Par rapport à ce qu'il a été au moment de sa création dans les années 1990, le dispositif des stock-options a, de surcroît, perdu au fil de ses aménagements fiscaux une bonne partie de son intérêt financier et de son attractivité. Si leur poids n'a jamais atteint en France les sommets des États-Unis, il a toujours été suspecté de fausser les décisions stratégiques des dirigeants en les incitant à privilégier le court terme.

En remettant en cause cet outil de rémunération, François Hollande pose un acte autant politique qu'économique dont l'aspect symbolique est fort. « Dans l'opinion publique, les stock-options sont devenues le symbole du capitalisme actionnarial. Plus qu'un avantage salarial, il s'agit de supprimer la coupure symbolique entre salariés et dirigeants. Et cette mesure aura peu d'impact sur la motivation des dirigeants car il y a aujourd'hui d'autres outils plus attractifs comme les actions gratuites », prédit Jean-Marc Salvanès, patron de Misceo, conseil en stratégie RH. Un système jugé plus attractif et surtout plus en lien avec la valeur réelle de l'entreprise. « Nous avons désormais intérêt à favoriser l'actionnariat salarié face à un État qui a perdu sa puissance régulatrice », estime un DRH d'un groupe du CAC 40.

Dans un contexte d'austérité, les stock-options apparaissent donc comme un outil de moins en moins pertinent. « Le corps social ne peut plus accepter que ses dirigeants reçoivent des sommes astronomiques. Si on veut retrouver une cohésion sociale qui reconnaisse les efforts collectifs, on doit réfléchir désormais à des rémunérations qui soient liées aux performances de l'entreprise », conclut Yves Barou. Façon pour le candidat Hollande de rappeler de manière opportune que le monde de l'entreprise doit être une communauté de destins.

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Commentaires
a écrit le 07/02/2012 à 10:05 :
"Le monde de l'entreprise une communauté de destins" ? C'est à dire ? Est ce que celui qui décide de prendre des risques avec son argent, créer une entreprise, et peut être tout perdre sans avoir drot au chomage alors qu'il cotise pour, est le meme destin que celui qu ne fait que se faire embaucher ? Il faudrait arréter ce genre de discours ultra collectiviste et démago. Et aprés ce sont les memes qui vont pleurer à cause du chomage, mais Monsieur Holland celui qui crée des emplois non assistés et fonctionnarisé, c'est l'entreprise privée, et non l'état qui vit sur le dos du privé.
a écrit le 25/01/2012 à 21:18 :
Les stocks options appartiennent au passé mais Hollande ne s'en est pas encore aperçu. Il veut supprimer ce qui ne se fait déjà plus.
a écrit le 24/01/2012 à 20:41 :
Et si a la prochaine bulle les stocks options repartaient comme en 40 ? .... Donc sur le long terme c'est une bonne mesure !
Réponse de le 07/02/2012 à 10:11 :
Vous etes contre car vous partez du principe que l'idéologie collectiviste de Holland est bonne, ce qui n'est absolument pas prouvé. D'ailleurs il suffit de constater que le reste du monde n'y touche pas. La France aurait elle encore raison face à l'ensemble de la planéte comme pour les 35 heures ?
a écrit le 24/01/2012 à 18:25 :
En lisant ces différents points, je suis pétrifié de constater que celle que l'on taxe de "médiocre en économie" est Marine Le Pen alors que le programme du PS est d'une nullité affligeante.
Réponse de le 25/01/2012 à 10:28 :
Précisez ... Vous qui avez l'air d'avoir un haut degré en économie. Pour ma part j'ajouterai que Christine Lagarde avocate de métier et ex ministre de l'éco et patron du FMI est réellement d'une incompétence affligeante à ces postes clés. Ca n'a pas l'air de vous émouvoir.
Réponse de le 25/01/2012 à 21:19 :
c'est quoi un degré ?
Réponse de le 07/02/2012 à 10:08 :
à Bastien, c'est bien ce que vous dit "ah ?". Le Pen met les socialos comme les conservateurs dans le meme sac, dont Lagarde.
a écrit le 24/01/2012 à 13:27 :
Qu'il s'agisse de stock-options, d'actions gratuites, de bonus ou de fixe, à mon sens, le réel problème est le niveau de rémunération totale des dirigeants plutôt que du mode dé rémunération. Supprimer les stock-options, pourquoi pas. Je ne pense pas que les dirigeants râleront trop d'ailleurs. En effet, dans un contexte de marché incertain, comme c'est le cas actuellement, les stock-options ont de bonnes chances de ne rien valoir à terme (rappelons que les stock-options ne permettent de gagner de l'argent que si le cours de l'action monte). Mais si c'est pour remplacer les stock-options par des actions gratuites dans des proportions équivalentes, je ne suis pas sur que ça va changer la face du monde.
a écrit le 24/01/2012 à 12:54 :
Cet "outil de moins en moins pertinent" n'a jamais été autre chose qu'un vol légal au
détriment des actionnaires réguliers (dont il est curieux que le PS se soucie !). Quelques extraits de l'ouvrage de J. E. Stiglitz "Quand le capitalisme perd la tête", traduit aux éditions Fayard : " Quand les directeurs (ou d'autres salariés) reçoivent des options sur titre, l'entreprise s'engage à émettre de nouvelles actions, ce qui dilue automatiquement la valeur de celles qui existent déjà "..."Dans des cercles moins policés, nous pourrions qualifier les stock-options de « vol patronal » : les hauts dirigeants volent leurs actionnaires en abusant de leur naïveté ". L'indulgence dont cette pratique bénéficie de la part de tous les cercles et médias économiques en fait d'eux des complices.

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