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ÉconomieFrance

Les stock-options, un système qui appartient déjà au passé

Sophie Péters

Publié le 24 janvier 2012 à 04:55 - Mis à jour le 24 janvier 2012 à 05:56

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Cette rémunération est sur la sellette. La décision de François Hollande entérine donc une tendance en cours.

Il l'a dit et répété : « Mon véritable adversaire, c'est la finance. » Parmi les mesures qu'il prévoit de prendre s'il est élu, François Hollande, a promis l'encadrement des bonus et la fin des stock-options. « Les stock-options, je considère qu'elles n'ont aucune légitimité. Donc elles n'auront aucune légalité et une loi viendra en terminer, sauf pour les entreprises qui naissent », a-t-il expliqué dans son discours du Bourget. L'annonce provoque peu d'émoi chez les intéressés. Mieux : elle est accueillie par certains DRH et dirigeants comme la voix de la sagesse, beaucoup considérant que ce mode de rémunération appartient désormais au passé. Ainsi d'Yves Barou, président du Cercle des DRH européens. « Nous assistons depuis dix ans à une explosion de la hiérarchie des salaires dans l'entreprise. Et avec les stock-options, il y a eu trop d'excès : des attributions trop élevées à un trop petit nombre d'individus, des pratiques peu orthodoxes jouant des fluctuations de la Bourse, des stratégies d'optimisations fiscales peu amènes, et tout simplement le fait de lier la rémunération de dirigeants au cours de l'action les incitant parfois à des choix stratégiques contraires à l'intérêt du corps social. »

Par rapport à ce qu'il a été au moment de sa création dans les années 1990, le dispositif des stock-options a, de surcroît, perdu au fil de ses aménagements fiscaux une bonne partie de son intérêt financier et de son attractivité. Si leur poids n'a jamais atteint en France les sommets des États-Unis, il a toujours été suspecté de fausser les décisions stratégiques des dirigeants en les incitant à privilégier le court terme.

En remettant en cause cet outil de rémunération, François Hollande pose un acte autant politique qu'économique dont l'aspect symbolique est fort. « Dans l'opinion publique, les stock-options sont devenues le symbole du capitalisme actionnarial. Plus qu'un avantage salarial, il s'agit de supprimer la coupure symbolique entre salariés et dirigeants. Et cette mesure aura peu d'impact sur la motivation des dirigeants car il y a aujourd'hui d'autres outils plus attractifs comme les actions gratuites », prédit Jean-Marc Salvanès, patron de Misceo, conseil en stratégie RH. Un système jugé plus attractif et surtout plus en lien avec la valeur réelle de l'entreprise. « Nous avons désormais intérêt à favoriser l'actionnariat salarié face à un État qui a perdu sa puissance régulatrice », estime un DRH d'un groupe du CAC 40.

Dans un contexte d'austérité, les stock-options apparaissent donc comme un outil de moins en moins pertinent. « Le corps social ne peut plus accepter que ses dirigeants reçoivent des sommes astronomiques. Si on veut retrouver une cohésion sociale qui reconnaisse les efforts collectifs, on doit réfléchir désormais à des rémunérations qui soient liées aux performances de l'entreprise », conclut Yves Barou. Façon pour le candidat Hollande de rappeler de manière opportune que le monde de l'entreprise doit être une communauté de destins.

Sophie Péters

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