Les Allemands et François Hollande se retrouvent pour fermer Fessenheim
Olivier Mirguet, à Strasbourg
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"La poursuite de l'exploitation de la centrale nucléaire de Fessenheim n'a pas détérioré nos relations avec les voisins français. Simplement, nous sommes devenus plus exigeants." Dorothea Störr-Ritter, Landrätin (équivalent local d'un président de conseil gérénal) de Fribourg-en-Brisgau et de la Haute Forêt-Noire, incarne au niveau local le changement observé il y a un an au sein de la CDU : le parti d'Angela Merkel a condamné les plus anciennes centrales du pays à un arrêt anticipé.
Dans le Bade-Wurtemberg, les sites de Neckarwestheim et Philippsburg feront les frais de cette décision, avec des fermetures définitives annoncées en 2019 et 2022. "On aimerait que les Français suivent cet exemple pour la centrale de Fessenheim, qui est encore plus vieille", déclare Peter Kuhn, en charge des relations transfrontalières au Landrat de Fribourg. Winfried Kretschmann, ministre-président écologiste du Land de Bade-Wurtemberg, est le plus ferme des élus locaux : pour lui, la nécessité de fermer Fessenheim, raccordée au réseau électrique depuis 1977 et située à 1,5 kilomètre de la frontière allemande, est "immédiate".
L'Allemagne est exportatrice d'électricité vers la France
Mais l'Allemagne n'a pas d'autorité sur la centrale, ni sur son exploitation, malgré le partage des investissements (17,5 %) supporté depuis sa construction par l'électricien EnBW. Pour les élus locaux, c'est un comble : EnBW appartient à plus de 45 % au Land de Bade-Wurtemberg ! Le site haut-rhinois est équipé de deux réacteurs de 900 mégawatts. La deuxième tranche sort d'une grande révision qui a mobilisé 200 millions d'euros de travaux. Fessenheim exporte contractuellement une partie, variable, de sa production. Mais l'Allemagne, rappellent les habitants de la rive droite du Rhin, est "globalement exportatrice d'électricité vers la France" !
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Et cette année, Fessenheim tourne seulement à mi-régime : arrêté depuis avril 2011, le deuxième réacteur attend le feu vert de l'Autorité de sûreté nucléaire, assorti au respect d'une quarantaine de prescriptions techniques (renforcement du radier en béton, alimentation de secours en eau froide...), pour redémarrer. "Nous participons aux réunions de la Commission locale d'information et de surveillance, la CLIS", rappelle Dorothea Störr-Ritter. "L'exploitant EDF et l'Autorité de sûreté nucléaire s'arrangent toujours pour nous apporter des réponses techniques satisfaisantes. Mais le problème est ailleurs : en Allemagne, la population ne veut plus entendre parler de technique. Depuis l'accident de Fukushima, on ne veut plus de centrales nucléaires", explique-t-elle.
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