Face aux dirigeants de PME, Eva Joly peine à convaincre

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Invitée par la CGPME, la candidate du parti Europe-Écologie Les Verts (EELV) a détaillé son Pacte PME. La conversion écologique qu'elle appelle de ses vœux permettrait selon ses calculs de relancer l'industrie tricolore et de créer 500.000 emplois d'ici 2020.

Ce vendredi, c'est Eva Joly, la candidate du parti Europe Écologie Les Verts (EELV) qui a ouvert le bal des auditions organisées par la CGPME. Toujours courtois, parfois musclés, les échanges furent assez vifs entre la candidate écologiste et les 150 dirigeants de PME conviés par la Confédération.

Certaines des mesures contenues dans son Pacte PME ont été bien accueillies. C'est le cas du recentrage du crédit impôt recherche (CIR) sur les PME, grâce au rétablissement du plafonnement à 50 millions d'euros des montants éligibles au CIR. La proposition de moduler l'impôt sur les sociétés, en fonction des bénéfices a également été bien accueillie. Tout comme la volonté de limiter « ce que les grands groupes appellent pudiquement l'optimisation fiscale » grâce à l'instauration d'un impôt sur les sociétés plancher de 17%.
 

Des chefs d'entreprises perplexes...

D'autres mesures ont plutôt suscité des interrogations. En proposant la création d'une « déclinaison française, et à terme européenne, du Small Business Act américain », qui réserverait les marchés publics d'un montant inférieur à environ 70.000 d'euros aux PME, Eva Joly a décontenancé son auditoire. « Séduisante, cette idée serait très difficile à mettre en place. Il faudrait plutôt étudier la question secteur par secteur. Il est risqué d'être plus royaliste que le roi », estime Jean-Eudes du Mesnil du Buisson, el secrétaire général de la CGPME
Quand elle a repris la proposition de la CGPME consistant à exempter d'impôt la part des bénéfices qui sont investis dans les fonds propres en cas de crise, la candidate d'EELV a également surpris les chefs d'entreprises. « Eva Joly reprend notre idée mais la dévoie un peu. Comment une entreprise peut dégager des résultats en situation de crise ? », s'interroge Jean-Eudes du Mesnil du Buisson.
 

...et parfois farouchement opposés aux propositions d'Eva Joly

Enfin, sur la réduction du temps de travail à 32 heures hebdomadaires et l'arrêt du nucléaire, Eva Joly s'est heurtée une opposition plutôt vive. « Sur ces deux questions, les chefs d'entreprises ont clairement montré qu'ils n'étaient pas d'accord, celles-ci pouvant totalement déstabiliser l'appareil productif », poursuit le secrétaire général de la CGPME.
Même chose pour la conversion écologique de l'économie française qu'elle compte engagée si elle arrive au pouvoir. Selon ses calculs, le développement des énergies renouvelables, l'isolation des bâtiments, les éco-matériaux, la chimie verte, les transports collectifs représentent un gisement de 500.000 emplois d'ici 2020.
« La conversion écologique n'est pas une menace pour l'emploi, c'est au contraire la solution. C'est un gisement considérable qui bénéficiera surtout aux PME », a détaillé Eva Joly, rappelant que les autres éléments de son programme, dans la construction de logements, les crèches ou la lutte contre la dépendance, permettait la création d'un million d'emplois.
« Tous les chefs d'entreprises sont bien conscients des enjeux du développement durable. Le problème est que le modèle présenté par Eva Joly repose sur un arsenal de contraintes. Or, des contraintes, les dirigeants d PME en subissent assez. Son modèle de développement doit être bien plus incitatif si elle veut séduire les chefs d'entreprises.

 


Lundi, ce sera François Hollande puis mardi Marine Le Pen qui présenteront leurs propositions en faveur des PME. Prévu lundi, l'entretien avec Nicolas Sarkozy a été repoussé de quelques jours. Une rencontre avec François Bayrou est également programmée à une date encore indéfinie.

 


 

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a écrit le 02/04/2012 à 9:15 :
Personne ne discute l'intérêt d'une approche écologique ou plutot "responsable" de la politique... Le dilemme d'EJ c'est qu'elle s'est tout à fait inscrite dans la ligne des magouilles entre partis (par exemple : "je t'échange quelques concessions contre quelques députés..."), et qu'en s'alliant avec notre Flamby ou autre mouvance communiste, elle prétend que l'écologie est de gauche !! Résultat : moins de 2%... L'autisme est toujours réducteur.......
a écrit le 30/03/2012 à 18:35 :
bon, elle est a 1.5% ...
Réponse de le 30/03/2012 à 20:27 :
@churchill: c'est certes vrau, mias je dis toujours qu'il vaut mieux vivre debout avec ses convictions qu'en rampant toute sa vie ...comme le fait la majorité des gens :-) La critique est facile, mais l'art est plus difficile, non :-)
a écrit le 30/03/2012 à 15:00 :
Les écologistes ne sont pas du tout réalistes ils devraient intégrer un parti et non faire cavalier seul, ils sont surement forts en question environnemental mais tout le reste ils ne connaissent rien!
a écrit le 30/03/2012 à 14:41 :
Arrêter le massacre, les écologistes se sont sabordé en choisissant EV, qui manifestement n'est pas fait pour être candidate malgré toutes les qualités qu'elle peut avoir sans doute.
Réponse de le 30/03/2012 à 21:18 :
+1000000
a écrit le 30/03/2012 à 13:38 :
Y a pas que face aux dirigeants de PME qu'elle peine à convaincre... Elle est ridicule cette femme !

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