Les dossiers chauds de Nicole Bricq dans l'énergie

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Nicole Bricq, sénatrice de Seine et Marne, nommée ministre de l'Ecologie, supervisera l'énergie. Tour d'horizon des dossiers qui l'attendent

François Hollande envoie un signal aux électeurs d'Europe Ecologie en plaçant l'énergie sous la tutelle de la ministre de l'écologie, Nicole Bricq, à l'instar du grand ministère de l'Ecologie, de l'Energie et du développement durable dirigé par Jean-Louis Borloo entre 2007 et fin 2010. La sénatrice de Seine et Marne devra d'abord mettre en musique les promesses électorales du candidat Hollande. La première mesure, spectaculaire, touche aux prix de l'essence. François Hollande avait promis le blocage immédiat des prix à la pompe, pendant trois mois, avant qu'une modération des prix soit obtenue par une modulation des taxes. Les prix des carburants étant en légère baisse depuis fin mars (le gazole a perdu 5 centimes en moyenne, « retombant » au niveau de janvier), Michel Sapin a précisé la semaine dernière que « ce n'est peut être pas le moment de bloquer. Il faut bloquer quand les prix montent ».
Pour autant, il a confirmé la volonté du nouveau gouvernement de mettre en place une « TIPP flottante » qui permet de baisser les taxes prélevées par l'Etat (qui représentent entre 50 et 55% du prix à la pompe) en cas de flambée des cours du brut. Un bémol : lors de la dernière expérience en la matière, entre 2000 et 2002, une mesure similaire avait couté 2,7 milliards d'euros à l'Etat pour une baisse moyenne de 2,2 centimes sur le prix du litre.

Nicole Bricq avait préconisé l'alignement fiscal du diesel et de l'essence
Nicole Bricq qui était, depuis le basculement à gauche du Sénat, en septembre 2011, rapporteur général du Budget, connaît bien le sujet. A la fin des 1990, elle s'était faite remarquer pour un rapport sur la fiscalité énergétique, qui avait largement inspiré la politique de Lionel Jospin. Elle avait notamment préconisé l'alignement de la fiscalité du diesel sur celle de l'essence, mesure qui avait été initiée avant d'être abandonnée.
Autre mesure phare du programme Hollande : la réduction de 75% à 50% de la part du nucléaire dans la production d'électricité en France. Celle-ci ne va pas pour autant accaparer Nicole Bricq dans l'immédiat, puisque cet objectif est fixé à horizon 2025, voire 2030. François Hollande a décidé qu'il ne fermerait qu'une seule centrale nucléaire en France (Fessenheim) durant son quinquennat. Et encore, ce sera à la toute fin de son mandat, en 2017, au moment où la centrale alsacienne soufflera ses 40 bougies.
Dans l'immédiat, Nicole Bricq devrait s'atteler à organiser le grand débat sur l'avenir de l'énergie en France annoncé par François Hollande. Prévu pour la rentrée, il devrait réunir autour d'une table pendant plusieurs mois associations, consommateurs, opérateurs et collectivités locales, a expliqué François Brottes, député de l'Isère, conseiller Energie de François Hollande. L'objectif est de définir précisément la feuille de route de la « transition énergétique » prévue par le PS. Transition qui verrait la part du nucléaire diminuer au profit des énergies renouvelables et des économies d'énergies, notamment dans l'habitat.

EDF avec ou sans Proglio
Nicole Bricq devra en outre superviser plusieurs chantiers qui touchent les entreprises du secteur énergie dans lesquelles l'Etat détient une participation conséquente : EDF (détenue à 84,5%), Areva (83%) et même GDF Suez (36%). Chez Areva, le nouveau patron Luc Oursel lance un plan de restructuration destiné à faire traverser à son groupe, financièrement fragilisé, le trou d'air du nucléaire dans le monde. La question de la recapitalisation risque de repointer son nez.
Chez EDF, outre la question du maintien en poste de son PDG Henri Proglio, publiquement désavoué par des proches de Hollande depuis février, s'ouvrent deux gros chantiers. François Brottes avait annoncé mi avril qu'il fallait suspendre la loi Nome qui organise depuis un an la concurrence, balbutiante en France, sur le marché de l'électricité. Les socialistes ont en outre l'intention de revoir complétement la tarification des 30 millions de clients particuliers d'EDF, en instaurant une hausse progressive du coût unitaire en fonction des volumes consommés. Le prix du gaz, dont le mode de fixation des tarifs réglementés ne satisfait ni les consommateurs, ni les opérateurs, pourrait être remis à plat.
A plus long terme, Nicole Bricq pourrait être amené à revoir la structure capitalistique des infrastructures électriques et gazières. Détenues majoritairement par les opérateurs historiques EDF et GDF Suez, les sociétés gérant les lignes haute tension (RTE), les gazoducs (GRTgaz) ou la distribution (ErDF et GrDF)à pourraient voir leur tour de table modifié.


 

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Commentaires
a écrit le 18/05/2012 à 11:01 :
Les intégristes sont ceux qui refusent tout débat !
a écrit le 16/05/2012 à 21:37 :
Enfin une ministre de l'écologie qui ne sort pas du sérail et du sectarisme de l'écologie punitive des associations écolos ou d'EELV. Une femme qui semble connaitre les rouages financiers et qui pourra peut être taper là ou cela fait mal pour initier une réelle fiscalité écologique = polluer /payeur à un niveau réellement dissuasif.
Réponse de le 16/05/2012 à 22:24 :
Hé bien non, il existe des personnes "environnementalistes" non inféodées aux "Pastèques" qui sont infiniment plus compétentes qu'une obscure financière encartée qui n'a selon toute vraisemblance aucune idée de l'importance de la thématique environnementale pour les prochaines décennies.
Réponse de le 17/05/2012 à 17:11 :
Elle sera à l'écologie jusqu'a fin juin,aprés ce sera l'intégriste de l'escrologie,DUFLOT,faut pas rever!

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