Ce que les législatives rapportent aux partis politiques

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La tenue des élections législatives constitue un rendez-vous crucial pour les partis politiques : le montant du financement public dont ils bénéficieront dépendra uniquement de leurs résultats à ce scrutin.

L'événement, dimanche, ne se déroulera pas uniquement sur la terre battue de Roland Garros, mais également du côté des urnes pour le premier tour des législatives. Si ce scrutin ne semble pas passionner les Français, ces élections sont d'une importance capitale pour les partis politiques. Car de leurs résultats obtenus les 10 et 17 juin, dépendra une grande partie de leurs financements. Explications.

Chaque voix compte
Chaque parti qui aura réussi à récolter 1% des voix ou plus dans au moins 50 circonscriptions débloquera la « première fraction » du financement public. Et devrait empocher ainsi 1,68 euro par voix et par an pendant cinq ans, selon la Commission nationale des comptes de campagne et de financements politiques (CNCCFP). En 2011, quatorze partis ont eu accès à la première fraction pour un total de 32,68 millions d'euros.

L'UMP en a le plus profité en 2011 avec 12,4 millions d'euros, devant le PS qui a bénéficié de 9,7 millions d'euros. Ce sont, cependant, les petits partis qui peuvent tirer leur épingle du jeu. Solidarité écologie gauche alternative (Sega) a ainsi été financé en 2011 à hauteur de près de 103.000 euros. L'alliance encore plus méconnue Le Trèfle - Les nouveaux écologistes homme-nature-animaux a réussi à récolter plus de 160.000 euros l'année dernière grâce à la première fraction. L'enjeu est donc de taille pour ces petites formations qui présentent de fait de nombreux candidats. On dénombre ainsi 6.611 candidatures cette année pour seulement 577 sièges. Un nombre cependant en baisse puisque 7.640 hommes et femmes s'étaient présentés en 2007 et 8.444 en 2002.

42.000 euros par député et par an

Pour les vainqueurs, la cagnotte grimpe ensuite rapidement. Les partis ayant bénéficié de la première fraction accèdent à la seconde dès lors qu'un de leurs candidats décroche un siège. Chaque parti remporte alors plus de 42.000 euros par an et par député, contribuant ainsi aux budgets des partis de manière non négligeable.

Aux élections législatives, les partis jouent donc leur unique chance d'obtenir des financements publics - jusqu'à 2014 du moins où les élections locales devront être également prises en compte dans le calcul. Et des résultats aux élections législatives dépendront une partie importante des budgets des partis, pour les petits mais également pour les formations politiques plus établies.

Les financements publics représentent 80% des recettes des partis

En 2010, les quelque 33 millions d'euros versés à l'UMP, dont 17,6 millions au titre de la seconde fraction, ont représenté deux tiers des recettes totales du parti de droite. A gauche, le PS et ses 311 élus, qui ont contribué à hauteur de 13,13 millions d'euros, ont reçu plus de 23 millions d'euros d'argent public, soit un peu plus de 40% de leurs recettes. Pour le MoDem, le rapport est encore plus important puisque le parti centriste tire près de 80% de ses recettes des financements publics.

De son côté, le Front national, qui ne disposait d'aucun élu au Parlement s'est financé à hauteur de 40% grâce aux financements publics dus à la première fraction. Au total, ces financements représentent 80% des recettes des partis. Des chiffres qui mettent en évidence un décalage entre les suffrages exprimés au premier tour et les partis représentés à l'assemblée.

Les partis ont donc tout intérêt à présenter un grand nombre de candidats. Mais, comme lors d'une élection présidentielle, seuls les candidats ayant dépassé les 5% de suffrages pourront prétendre à un remboursement de leurs frais de campagne. Pour certaines formations, comme le Parti pirate qui fait campagne principalement sur internet, l'enjeu est donc de taille.

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Commentaires
a écrit le 10/06/2012 à 17:17 :
On devrait pénaliser les partis dont les députés n'ont pas suffisamment siégé ou bossé à l"Assemblée Nationale, 1000 euros par jour et par député absent.
a écrit le 10/06/2012 à 9:54 :
Jamais content. Quand l'ultra richissime Betancourt finance un parti, c'est le scandale. Quand une méthode plutôt égalitaire, surtout pour la 1ere fraction existe, certes sur des fonds publics, mais bon, ça ne va pas non plus. Comment fait on alors? On finance les partis avec la vente du muguet, des hotdogs ou des barquettes de frites? On peut peut être se dire en effet que par temps de crise, on pourrait également diminuer ces indemnités, ainsi que celle de nos députés, mais quand même, la démocratie a quelque part un prix, aussi malheureux soit il
a écrit le 10/06/2012 à 7:12 :
Et dire que ces commentaires viennent de lecteur de La Tribune. Surement des SMICards!
A n'en pas douter les 8,40 sur 5 ans que le partis pour lequel vous devriez aller voter, vont précipiter la France!
Petits commentaires pour personnes en mal d'intra-vaineuse de ridicule.
Réponse de le 10/06/2012 à 10:51 :
Il faudrait taxer les détenteurs d'Iphone qui se moquent des smicards qui compte chaque jour leur dépense pour arriver à la fin du moi.
Réponse de le 10/06/2012 à 10:55 :
Je n'ai même pas 1,68 euros sur moi, le fisc m'a déjà tout pris.
Réponse de le 10/06/2012 à 11:22 :
@Daniel : Et dire que votre commentaire vient d'un petit péteux de fils à papa. Sûrement un petit bobo qui joue les macs à barbes.
a écrit le 10/06/2012 à 5:46 :
Chaque voix rapporte 1,68 euro par an pendant cinq ans aux parties en liste qui obtiennent 1 % dans 50 circonscriptions. Il y a déjà trop de députés. S'ils ne veulent pas en réduire le nombre, notre seule façon d'influer, c'est de ne pas aller voter. C'est ce que je vais faire ce dimanche. En restant chez moi, je contribue à limiter cette gabegie d'argent publique.
a écrit le 09/06/2012 à 21:57 :
Ce qu'il faudrait c'est que les classes moyennes prennent conscience que le régime est entrain de les mettre sur la paille, adieu la démocratie et le progrès. Ce qu'il faut c'est que les classes moyennes fassent comme les italiens et rejettent le système.
a écrit le 09/06/2012 à 7:06 :
Mon commentaire s'adresse à un journaliste économique qui j'espère un jour rassemblera sous un article ce que coûte annuellement aux citoyens de la nation France tous ces politiques actifs et retraités (présidents, ministres, sénateurs, députés, maires, tous les élus locaux dans les départements & régions, les coûts des élections présidentielles, législatives, régionales, cantonales, etc..). Je crois que les citoyens vont tomber de haut
a écrit le 09/06/2012 à 6:45 :
On comprend mieux pourquoi le vote des étrangers intéresse certains ! 1,68€ multipliés par les étrangers, ça peur rapporter gros !!
Réponse de le 09/06/2012 à 7:12 :
Le vote des étrangers ne devraient concerner dans un premier temps que les municipales. Les maires étant également officier de police judiciaire dans ses fonctions, ils devront ainsi leur élection en parti aux étrangers.
Réponse de le 09/06/2012 à 10:29 :
Dans les autres pays, les étrangers ont ils droits de vote?
Réponse de le 09/06/2012 à 11:38 :
Wikipédia est ton ami ;-) http://fr.wikipedia.org/wiki/Droit_de_vote_des_%C3%A9trangers
Réponse de le 09/06/2012 à 14:14 :
Merci, j'aurais dû le penser
a écrit le 09/06/2012 à 5:50 :
Chaque voix compte
Chaque parti qui aura réussi à récolter 1% des voix ou plus dans au moins 50 circonscriptions débloquera la « première fraction » du financement public. Et devrait empocher ainsi 1,68 euro par voix et par an pendant cinq ans, selon la Commission nationale des comptes de campagne et de financements politiques (CNCCFP). En 2011, quatorze partis ont eu accès à la première fraction pour un total de 32,68 millions d'euros.
a écrit le 08/06/2012 à 23:09 :
Ils ont raison de se moquer de nous puisque nous continuons à voter...

a écrit le 08/06/2012 à 22:32 :
Merci donc dimanche ce sera balade!
Réponse de le 09/06/2012 à 10:28 :
Vous êtes marrants, si les élections n'existaient pas, vous crierez vos mécontentements et demanderaient qu'on écoute votre voix. On vous donne la possibilité de choisir la personne qui vous semble le mieux pour diriger notre Pays. Ne vous plaignez pas après les résultats.....
a écrit le 08/06/2012 à 20:13 :
Quand est-ce que les Français comprendront qu'il ne faut même pas se déplacer ou voter blanc au lieu de donner une légitimité à tous ces politiques qui, dans le fond, les méprisent !!!
a écrit le 08/06/2012 à 19:35 :
Donc il suffit de ne pas voter pour ne pas enrichir l'UMPS...Super intéressant Merci!
a écrit le 08/06/2012 à 19:33 :
Un scandale de plus. Que d'argent publique gaspillé. Bien d'accord pour que la démocratie s'exerce mais en cette période de disette 0.50 centimes d'euros est suffisant au lieu des 1;68. De toutes façon aucun de partis en liste n'aura ma voix tant que l'on aura pas diminuer le nombre de représentant à l'assemblée nationale de moitié.
Réponse de le 08/06/2012 à 23:20 :
Je suis au regret de vous dire que nous ne sommes plus en démocratie. Une preuve facile? Allumez la télé, regardez les journaux de 20h et vous n'y entendrez que propagande et faux discours. Plus aucune vrai info. Quand l'information ne circule plus, c'est le signe premier d'une dictature. Votez qui vous voulez, ça ne changera rien. Seule une révolte populaire massive et dans les rues de l' Europe entière pourrait changer le cours des choses.
a écrit le 08/06/2012 à 19:19 :
Super intéressant. Merci!

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