Les PME ont de plus en plus de mal à financer leur développement

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C'est l'un des enseignements d'une l'étude dévoilée ce jeudi lors à l'occasion de Planète PME. Réalisée par KPMG pour le compte de la CGPME, celle-ci pointe certaines faiblesses des PME. Elle constate également de nombreuses améliorations depuis dix ans parmi lesquelles une plus grande priorité accordée à l'innovation.

Les années passent et l?économie française change. En bien, évidemment, mais en mal aussi. Tels sont les enseignements de l?enquête intitulée « Panorama de l?évolution des PME depuis dix ans » réalisée par KPMG pour le compte de la CGPME dévoilée ce jeudi à l?occasion de Planète PME. Parmi les points positifs, on peut citer dans le domaine de la création d?entreprises l?augmentation du taux de pérennité à cinq ans. Il se situe désormais aux alentours de 50 % pour les entreprises créées en 2002.

L?industrie attire de moins en moins

Sans surprise, les créations d?entreprises s?orientent de plus en plus vers les services. Les activités dites secondaires (industrie, construction et industrie agro-alimentaire) représentent une part de moins en moins importante du nombre annuel de créations d?entreprises (27,5 % en 2002 contre 19,6 % en 2010), tout comme elles contribuent de moins en moins à la production nationale. En revanche, le secteur des services connaît un essor relatif (41,7 % des créations en 2002, 45,1 % en 2010).

Alors que la France souffre d?un nombre insuffisant d?entreprises de taille intermédiaire ? 4.600 contre plus de 14.000 en Allemagne -, les mouvements de concentration prennent de l?ampleur. La part des PME indépendantes dans l?économie française a diminué depuis dix ans, pour représenter moins de la moitié des PME en 2011, contre quatre sur cinq en 2007. « En effet, les PME sont à la recherche de solutions pour conserver leur avantage. La concentration apparaît comme une réponse adaptée à la globalisation des marchés, pour atteindre une taille critique sur les nouveaux marchés européens ou mondiaux », observe KPMG.

Les PME innovent de plus en plus

Autre bonne nouvelle, les PME innovent. Le montant total des dépenses consacrées par les PME à la R&D a progressé de 35 % entre 2005 et 2009. En outre, le nombre de dépôts de brevets a augmenté de 17% entre 1999 et 2007. L?international fait partie des points noirs soulignés par KPMG. Les PME contribuent faiblement aux exportations françaises. En 2011, on dénombrait 117. 170 exportateurs dont 95 % sont des PME de moins de 250 salariés, et 72 % de moins de 20 salariés.
« Mais leurs ventes représentent seulement 44 % du total des ventes à l?export. En 2011, les 1.000 premiers exportateurs représentent 71,2 % des exportations, contre 67,9 % en 2002 », explique le cabinet de conseil.

L?investissement a chuté

L?investissement est également un point faible des PME tricolores. En 2010, le taux d?investissement, c?est à dire le rapport de l?investissement à la valeur ajoutée des PME était de 13 %, contre 18,7 % pour l?ensemble des entreprises. Il s?agit du taux le plus bas depuis 1996. Le nombre de PME qui investissent a diminué depuis 2005, notamment du fait de la crise. Alors qu?en 2008, 58 % des dirigeants déclaraient avoir effectué un investissement au cours de l?année, cette proportion est descendue à 49 % en 2009.

Dans le domaine du financement, beaucoup de points doivent être améliorés malgré la montée en puissance des dispositifs en place, dont Oseo, et la création de nouveaux outils (FSI, FSI Régions..). Le crédit bancaire s?est durci, obligeant les PME à autofinancer leurs investissements. Mais comme leur taux de marge a chuté ces dernières années, passant de 38,4% en 2000 à 29,9% en 2012, cette capacité à financer seul ces projets s?affaiblit?

En 2004, seuls 16 % des dirigeants considéraient le coût du crédit comme un obstacle à l?investissement. Ils étaient 30% en juin 2012 selon le baromètre KPMG/CGPME. Concrètement, l?investissement est autofinancé dans 40 à 45 % des cas. Le crédit bancaire sert à financer entre 34 et 38 % des investissements.

La Bourse attire peu les PME

Par ailleurs, malgré leur développement depuis dix ans, le poids des Business Angels est encore faible. France Angels estime leur nombre à 7.000, soit 2,5 fois moins qu?au Royaume-Uni. La Bourse n?est toujours pas une solution qui attire les dirigeants. Très peu de PME se tournent vers la bourse pour leur financement : fin 2010, seules 574 PME françaises étaient cotées, dont 133 sur Alternext, pour une capitalisation totale de plus de 83 milliards d?euros.

Dans le domaine social, plusieurs points sont encore perfectibles, en particulier dans celui de la formation. Depuis dix ans, l?accès à la formation des entreprises s?est certes amélioré mais la situation diffère selon leur taille. Ainsi, entre 1974 et 2010, le taux d?accès à la formation - nombre de salariés ayant suivi une formation rapporté aux effectifs totaux - a considérablement augmenté, passant de 17 % à 45,3 %2. L?accès à la formation augmente avec la taille de l?entreprise. Ainsi, seules 39 % des PME de 10 à 20 salariés font de la formation. Ce taux atteint près de 60 % pour les PME de 20 à 50 salariés, 86 % pour celles de 50 à 250 salariés, tandis qu?il est proche de 100 % pour les grandes entreprises.

Les points faibles : Internet et les réseaux sociaux

Même chose dans le domaine technologique. Selon un sondage CGPME, un quart des entreprises de moins de 50 salariés disposent d?un site Internet, 21 % ayant créé un site vitrine et 6 % un site marchand. Pourtant, pour 42 % des entreprises présentes sur Internet, cette présence leur a permis d?accroître leur chiffre d?affaires. En outre, les PME n?ont pas encore intégré les réseaux sociaux dans leur démarche de communication : seules 9 % des PME de moins de 50 salariés les utilisent et 5 % envisagent de le faire. Selon une autre enquête réalisée fin 201012, huit dirigeants de PME sur dix jugent qu?être visible sur Internet permet de bénéficier d?opportunités (développement de l?activité à l?international, lancement de nouveaux produits ou services, amélioration de la relation clients...). « Dans un environnement mondialisé, la présence sur Internet revêt un caractère stratégique pour les PME », explique KPMG.
 

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Commentaires
a écrit le 29/06/2012 à 15:52 :
Bonjour,
Ce qui parait le plus grave ce sont les 10 points de marge perdus par les PME en 12 ans, de 2000 à 2012. Le mal est bien profond sur les marges, car elles ont commencé à diminuer avant la crise et ont continué à baisser pendant celle-ci. Que va-t-il se passer si la crise continue encore plusieurs années !

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