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ÉconomieFrance

Grand oral de François Hollande: le décryptage d'une "accélération"

Sophie Péters

Publié le 09 septembre 2012 à 19:45 - Mis à jour le 09 septembre 2012 à 19:45

Le Quotidien Numérique

06 juin 2026

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Sur la forme, François Hollande est apparu comme un président "en situation de combat", prêt à faire face à son impopularité. Répondant aux critiques qui lui ont été faites, il a promis de passer la vitesse supérieure. Décryptage.

Certes, il a démarré un peu sous stress, l'air un peu coincé, les yeux écarquillés, cherchant ses marques sous l'oeil de la caméra et des Français "mécontents". Les sondages qui ont précédé son intervention, François Hollande les connaît. Les éditoriaux très critiques à son égard, il les a eu sous les yeux tout l'été. Mais il n'aura fallu que quelques minutes au président de la République pour retrouver un brin d'aisance et même de jovialité. Façon de dire aux médias et à ses détracteurs "les chiens aboient la caravane passe" et elle mettra d'ailleurs cinq ans à passer.

"Je ne vais pas faire en 4 mois ce que mes prédécesseurs n'ont pas fait en 5 ans ou 10 ans. Mais moi, je considère que je suis en situation de combat et à partir de là, je ne veux pas simplement regarder le passé. Le passé, il compte, il pèse, mais je dois engager l'avenir". Cette petite phrase fait écho au discours de l'ancien président américain Bill Clinton qui avait lancé la semaine dernière, à propos de Barack Obama : "Aucun président, -pas moi-même, ni aucun de mes prédécesseurs-, personne n'aurait pu réparer les dégâts causés en seulement quatre ans". "Le gouvernement n'a pas perdu son temps", s'est donc défendu le président français en réponse à la première question de Claire Chazal sur le "désamour" des Français. Disant comprendre les "inquiétudes" des Français, "bien entendre les impatiences", "je suis en situation de combat", a-t-il répondu.

"Je dois fixer le cap et le rythme", "j'ai pour mission de redresser notre pays". "Je vais fixer un agenda du redressement : 2 ans. Deux ans pour à la fois mettre en oeuvre une politique pour l'emploi, pour la compétitivité et le redressement des comptes publics", face à "un chômage élevé, une compétitivité dégradée, des déficits considérables, un endettement historique". "L'agenda du redressement, c'est 2014". Détaillant d'abord ses mesures pour l'emploi, François Hollande a enchaîné : "Vous me dites : il faut accélérer. J'accélère". Question rythme, le ton est donné. Une manière de concéder sans se renier les critiques qui lui ont été faites cet été. Sur la mobilisation le ton est plus ferme. Enfin sur la lisibilité, son point faible, l'effort est net : il a bien abordé les deux sujets de préoccupation des Français à savoir l'emploi et le pouvoir d'achat. Mais il peine encore et toujours à se révéler plus concret sur l'application des mesures envisagées.

Roland Cayrol, grand expert des interventions politiques, l'avait prévu : Toute sa difficulté serait d'apparaître comme "président de la république", c'est à dire de trouver sa façon à lui d'endosser l'habit, surtout après son prédécesseur, l'hyperprésident Nicolas Sarkozy. François Hollande pour éviter de passer pour un " hipoprésident" a donc réaffirmé le regard brillant qu'il souhaite "une présidence simple, exemplaire d'action et de mouvement".

Quant à tenter de lui arracher des confidences sur les difficultés de l'exercice du pouvoir, Claire Chazal a fait choux blanc  : "Je me suis préparé à cette fonction pendant des mois". "Je ne vais pas larmoyer sur le sort de celui qui fixe le cap". "J'assumerai toute la responsabilité" de l'action menée. Une pierre dans le jardin d'un Nicolas Sarkozy qui tentait à la fin de son quinquennat de s'attirer la compassion et l'empathie des Français sur les contraintes et les lourdes responsabilités dont il avait la charge.  "Est-ce que je n'avais pas anticiper ? oui je l'avais anticipé", a-t-il asséné presque en "free style". "Mais on est parfois couper des réalités ?" a tenté Claire Chazal. "Non, ne vous inquitétez pas. On est vite rattrappé" a-t-il répondu l'air affirmé mais avec le sourire.

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C'est peut-être sur cette posture, prête à assumer son impopularité, que François Hollande aura le plus marqué l'opinion publique ce soir, tranchant avec le ton teinté d'émotions d'un Nicolas Sarkozy. "Un style, ca s'imprime au fur et à mesure" a confié le président au journal Le Monde. Il en a ce soir dressé une ébauche.

Sophie Péters

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