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D'ArcelorMittal à Pétroplus: les promesses de Montebourg... et leurs effets

Marina Torre

Publié le 27 septembre 2012 à 18:00

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Florange, Fralib, Technicolor, Doux ou plus récemment Sanofi... les dossiers chauds, lourdes de conséquences sociales, s'accumulent pour le ministre du Redressement productif. Retour sur ses engagements, et leurs effets.

Avec ArcelorMittal, Arnaud Montebourg promet le "bras de fer". Un discours offensif prononcé ce jeudi lors de son déplacement à Florange en Moselle et qui vient s'ajouter à de nombreuses prises de position en faveur de l'emploi industriel. En mai, le ministre du Redressement productif avait ainsi fait "v?u de sauver les emplois qui peuvent l'être". Or dans ce domaine, les dossiers s'empilent sur le bureau du ministre depuis son entrée en fonction, le 17 mai. Etat des lieux avec quelques exemples.

 ?  Le "bras de fer" ArcelorMittal

 L'engagement :

"Nous sommes aujourd'hui dans un bras de fer qui commence et nous allons le mener ensemble", a déclaré  Arnaud Montebourg ce jeudi, à Florange. Pour l'instant, le ministre du Redressement productif a mis en en place une mission d'expertise pour évaluer la viabilité du site. Pour mémoire, François Hollande, alors en pleine campagne présidentielle, avait promis lors d'un déplacement à Florange une loi visant à contraindre un industriel d'examiner les propositions de reprise au moment où il se désengage d'un site rentable. Par ailleurs, dans l'attente de la remise de ce rapport, le gouvernement demandait à l'entreprise "de ne procéder à aucune décision qui remettrait en cause la viabilité du site".

Par ailleurs, à la mi-juillet, le ministre a fait une tournée européenne pour tenter de gagner à sa cause, notamment, les gouvernements du Luxembourg et de la Belgique, pays où ArcelorMittal a mis l'activité de plusieurs sites en suspens. Avec le ministre luxembourgeois de l'Economie, Etienne Schneider, il annonce des "actions communes" en Europe. A la fin du mois de juillet, le ministre revient à la charge. Il affirme son intention "d'engager un dialogue au plus haut niveau pour infléchir les décisions" du groupe sidérurgique ArcelorMittal. Une rencontre est prévue à la mi-septembre pour examiner "la possibilité de légiférer" en matière de fermeture de sites industriels.

L'effet :

Pascal Faure a remis son rapport sur Florange le 27 juillet. Il évalue à 80 millions d'euros par an les investissements nécessaires pour assurer l'avenir du site pendant 5 ans et plaide pour une éventuelle reprise. De son côté, le groupe ArcelorMittal déclarait "réaffirmer son engagement vis-à-vis de la France qui reste un pays stratégique pour le groupe". Côté européen, pour l'heure, aucune action décisive n'a été entreprise pour limiter les pertes d'emplois sur les sites du groupe. Début septembre, ArcelorMittal annonçait le retrait d'un investissement qui devait concerner son usine liégeoise.

? Fralib  : menaces contre Unilever

L'engagement :

En septembre 2011, alors candidat à l'investiture socialiste dans la course à la présidentielle, Arnaud Montebourg avait déclaré: "Dans les cas les plus extrêmes, par mesure de rétorsion et pour obliger Unilever à modérer ses positions, nous ferons la loi qu'il faut." Il affirmait en outre que "la lutte" contre les effets pervers de la mondialisation "ne doit plus être l'apanage des ONG et des associations de consommateurs, mais des Etats." Fin août 2012, le gouvernement menaçait Unilever de le forcer à accepter la reprise du site de Gémenos par ses salariés.

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La réforme législative n'est pas à l'ordre du jour. Quant aux salariés, ils ont été reçus fin août à l'Elysée mais rien de concret n'a encore été annoncé.

? Sanofi : un plan social "abusif"?

Concernant Sanofi, Arnaud Montebourg a plutôt émis des critiques, plutôt que des promesses. En juillet, le ministre du redressement productif avait jugé "inacceptable qu'il y ait la moindre destruction d'emplois " dans le groupe pharmaceutique, largement bénéficiaire. Il s'insurgeait alors contre des "plans sociaux abusifs".

Quelques mois plus tard, il adoucissait son discours en se disant prêt à accepter une réorganisation "si les syndicats sont d'accord", avait-il nuancé sur le 16 septembre M6. Et le groupe annonçait son plan social. Bilan: 900 emplois devraient être supprimés au lieu des 1.500 que craignaient les syndicats.

? Doux : dépecé

L'engagement :

Depuis le 1er juin, Arnaud Montebourg souhaitait éviter le démantèlement du volailler. Il avait en outre vivement critiqué le patron de l'entreprise. "Charles Doux a refusé de faire la moindre concession sur son sort personnel, qu'il a privilégié par rapport au projet de restructuration de Bercy", avait dit Arnaud Montebourg à L'Usine nouvelle.

Doux a été dépecé. Et le ministre du Redressement productif a estimé que des "dégâts" auraient pu être évités et que des emplois auraient pu être sauvés si le Tribunal de Quimper avait opté pour une autre décision.

? Technicolor "dossier prioritaire"

Arnaud Montebourg en avait fait un "dossier prioritaire", confié à la ministre déléguée chargée des PME, de l'Innovation et de l'Economie numérique, Fleur Pellerin. Elle a appelé le groupe à faire "preuve de responsabilité et d'exemplarité" dans la procédure de reprise pour laquelle deux candidats se sont présentés.

Pour le connaître, il faudra attendre la décision du Tribunal de commerce de Nanterre qui a rallongé la période d'observation jusqu'au 11 octobre.

?Pétroplus : l'Etat ne peut pas "lui-même" relancer la raffinerie

Pas vraiment d'engagement mais un constat :

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Lors de sa visite, mercredi 26 septembre, Arnaud Montebourg reconnaît que le gouvernement ne peut "lui-même" relancer cette raffinerie. "Il n'en a pas les aptitudes techniques et il n'en a pas les moyens financiers dans cette période de disette budgétaire", précise-t-il. Seule promesse: appuyer "de tout son poids" les offres de reprise. Celles-ci émanent des sociétés pétrolières Netoil CO Ltd, basé à Nicosie à Chypre, et Alafandi Petroleum Groupe (APG), dont le siège est à Jeddah en Arabie saoudite.

Les effets :

Réponse le 2 octobre, date à laquelle et le Tribunal de Commerce de Rouen doit se prononcer.

Marina Torre

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