Quand le Medef et l'UMP voulaient avaler les "Pigeons"

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Laurence Parisot, présidente du Medef; Copyright Reuters
Un cacique du Medef raconte à La Tribune comment l'organisation patronale a voulu récupérer le mouvement des "Pigeons", ces entrepreneurs qui contestent le projet du gouvernement de taxer les plus-values de cession d'une entreprise. Le Medef a d'abord songé organiser un grand meeting de dirigeants d'entreprises à Paris, avant d'opter pour la publication d'un communiqué choc. Il souligne que Laurence Parisot avait sous estimé le mouvement des entrepreneurs. La Tribune révèle également que des dirigeants de l'UMP ont voulu apporter un soutien officiel aux "Pigeons"... qui l'ont refusé.

Les langues se délient peu à peu dans le petit monde patronal, après le coup de force médiatique intervenu dans la soirée du mardi 9 octobre. Ce soir là, à l'issue d'une discrète réunion - ce n'était pas un dîner - dans les locaux de l'association France Digitale, une douzaine d'organisations patronales (dont le Medef, l'Afep, Croissance Plus, Syntec, etc.) publiaient un communiqué choc " Etat d'urgence entrepreneurial". Succès médiatique assuré dès le lendemain. Dans ce communiqué, les signataires dénonçaient le projet du gouvernement de taxation des plus values réalisées lors d'une cession d'entreprise... Soit exactement la même contestation exprimée par le mouvement des "Pigeons", dont le porte-parole, Jean-David Chamborderon - auteur de l'article publié sur La Tribune.fr le 28 septembre qui a lancé le mouvement - était également présent à la fameuse réunion.

Laurence Parisot a tardivement senti monter la fronde des entrepreneurs
Ce qui n'était absolument pas prévu, c'est la présence de Laurence Parisot en personne. Pourquoi la présidente du Medef s'est-elle ainsi invitée et a-t-elle autant agi pour "récupérer" le mouvement ? Un influent membre de l'organisation patronale raconte : "la vérité est que sur cette histoire, le Medef national était totalement à la ramasse. Peut-être parce que nous sommes entrés dans un important round de négociations sociales ? Ou peut-être parce que nous avons pas cru à la puissance du mouvement des pigeons jusqu'à ce qu'il soit reçu à Bercy la semaine dernière ? Toujours est-il, j'en suis témoin, que des adhérents du Medef ont fait remonter leurs protestations contre le projet de taxation au niveau de nos instances territoriales. Celles-ci ont alors appelé le Medef national et n'ont reçu qu'une aimable fin de non recevoir.
C'est en voyant tout le buzz sur la toile puis la rencontre à Bercy que Laurence Parisot s'est emparée elle même du dossier, mesurant tout le mérite qu'elle pourrait en tirer. Et surtout, Laurence Parisot s'est rendu compte à quel point toute une partie des jeunes entrepreneurs ne se reconnaissait pas dans le Medef, ou toute autre organisation patronale, et préférait prendre directement en main son destin. Un peu comme dans les années 80, quand des coordinations avaient fleuri pour contourner les syndicats de salariés officiels.Un moyen aussi pour la présidente de calmer la véritable fronde qui était en train de naître au sein des Medef territoriaux à l'encontre du siège parisien ".

L'idée d'un grand rassemblement de chefs d'entreprise à Paris étudiée par le Medef ... puis repoussée à plus tard
Et notre cacique de raconter encore : "A la fin de la semaine dernière, on s'est dit qu'il fallait agir. On a d'abord pensé monter un énorme rassemblement de chefs d'entreprise contre la politique fiscale du gouvernement. Sur le même modèle que le fameux meeting organisé par Ernest Antoine Seillière [ancien président du Medef], qui avait rassemblé 30.000 chefs d'entreprise, le 4 octobre 1999  à la porte de Versailles, contre la loi des 35 heures. A ce stade, on y a renoncé mais ce n'est pas définitif. Pour l'instant, à ce rassemblement, on a donc préféré le communiqué choc des entrepreneurs". Voilà donc comment le Medef est venu capturer des pigeons...

Quand L'UMP voulait s'en mêler
Mais l'histoire n'est pas finie. L'affaire des " Pigeons" a aussi suscité la convoitise du monde politique. Un responsable de l'UMP raconte. "Plusieurs dirigeants du mouvement voulaient apporter un soutien officiel aux Pigeons. Certains ont même pris contact avec des entrepreneurs qu'ils connaissaient. Ces derniers ont refusé, pour ne pas donner une dimension politique au mouvement ". D'ailleurs, Marie Ekelande, coprésidente de France Digitale, interrogée sur Public Sénat, a reconnu qu'elle ne voulait pas "donner un aspect politique" au mouvement des entrepreneurs. "Et c'est beaucoup plus malin comme ça, poursuit notre responsable de l'UMP. Nous sommes bien sûr ravis de ce qui arrive, mais afficher un soutien officiel aurait été une erreur tactique ".
Bref difficile pour un pigeon de pas finir en pastilla...

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Commentaires
a écrit le 13/10/2012 à 12:36 :
Les entrepreneurs ont raison de monter à l'assaut de la république, c'est un régime méphitique d'élus pervers, corrompus et incompétents. Voyez comme on en épingle maintenant pour traffic de drogue à gauche... Il est plus que temps que la société se mobilise contre ces malades.
a écrit le 13/10/2012 à 0:09 :
Entrepreneur depuis un peu plus de 20 ans, je n'ai jamais eu l'impression d'être concerné par le MEDEF et je pense qu'au niveau des PME nous sommes nombreux dans mon cas: dans les petites structures on a tellement la tête dans le guidon qu'on a pas de temps à perdre dans des mouvements représentant essentiellement des boites dirigées par des gens qui n'en sont pas les fondateurs. Si un jour je suis à la retraite, ca sera avec l'argent de la cession de mon entreprise ou de celle que je monterai après, pas à coup de golden parachute et de placard doré obtenu grâce aux copains de la grande école à laquelle je ne suis jamais allé. Parisot ne récupérera jamais les entrepreneurs, ceux qui partent d'une feuille blanche et qui créé de la richesse à partir de pas grand chose, tout simplement parce qu'elle n'en fait pas partie. Quand à notre gouvernement, qui a surtout l'air d'être gauche, s'il est aussi mauvais qu'il en a l'air, on attendra la prochaine fournée, on est malheureusement entrainés à survivre à l'incompétence économique depuis des décennies, on n'est plus à cinq ans prêt et si ça devient vraiment insoutenable on ira ailleurs, là ou être entrepreneur n'est pas une maladie honteuse.
Réponse de le 13/10/2012 à 5:40 :
@rourou bonjour, quel plaisir de vous lire car le MEDEF n'est pas un mouvement de défense de l'entreprise mais un syndicat dans son côté le plus sombre. Mme Parisot a été élu plus par les appuis politiques que par le rayonnement qu'elle pu donner au monde de l'entreprise. Ne parlons pas de votre épée directe la CGPME dont le mouchoir de M. Roubaud est devenue une serpillère qui n' a plus la possibilité d'éponger ses pleurs toujours les m^mes sans grande proposition. Le monde syndical patronal et syndical qui représente l'économie de notre pays est des plus archaïque. Concernant les politiques les couleurs passent mais les idées "nouvelles" dans le nom donné aux taxent est impôts est le seul chagement. La France est dans cette nasse qui depuis environ quarante ans va vers le fond de plus en plus noir. Bon courage et un entrepreneur n'est pas une maladie mais le remède au cancer de nos Institutions, le politique, le patronat syndical et les syndicats des salariés. Pardon aux vrais malades de cette maladie d'employer ce mot pour nos Institutions.
a écrit le 12/10/2012 à 13:17 :
Cette femme a peur de marine le pen et bien sûr du FN,par contre elle aime bien mélanchon car avec lui elle et sa puissance de nuisance ne risque rien.
Réponse de le 13/10/2012 à 13:14 :
Le programme économique des Lepen est aussi réaliste que celui de l'Union Soviétique. Ces gens vivent uniquement du mécontentement du moment, et surfent dessus pour vivre au frais des contribuables qui s'égarent en s'imaginant que les Lepen sont différents des autres politiques. Ils ne le sont pas, leur segment de marché est juste différent mais le résultat est le même: votez pour moi pour que je puisse vivre à vos frais, le reste n'est qu'un prétexte.
a écrit le 12/10/2012 à 9:20 :
Bonjour à tous,
Je tiens à expliquer le sens de ma démarche.
Depuis l?âge de 20 ans j?ai créé des entreprises en militant pour l?esprit d?initiative et la liberté d?entreprendre afin que chacun puisse créer son propre emploi, sa propre activité, voire son entreprise.
Pendant 40 ans j?ai défendu ces mêmes valeurs et ce, quelles que soient les crises et les alternances politiques.
En homme libre, je n?ai jamais adhéré à un parti politique et j?ai combattu des hommes de gauche comme de droite qui essayaient de porter atteinte à ces valeurs.
Aujourd?hui, le seul parti auquel je puisse adhérer est celui des entrepreneurs !
S?il existe je suis prêt à le rejoindre, s?il n?existe pas, je suis disponible pour le créer avec ceux et celles qui partagent les mêmes idéaux. Je sais pour l?avoir déjà vécu que dans une telle démarche, il y a plus de coups à prendre que de gloire à en tirer mais cette cause en vaut la peine.
Je n?ai pas d?ambition personnelle si ce n?est d?apporter ma contribution aux entreprenants de tous bords.
Je peux apporter savoir-faire, expériences, expertise, réseaux relationnels et moyens logistiques.
Je suis à votre disposition pour débattre de vive voix...
Réponse de le 12/10/2012 à 10:36 :
Alternative libérale et le parti libéral démocrate
a écrit le 12/10/2012 à 8:52 :
Le MEDEF n'est pas représentatif des PME .... juste une succursale de l'UMP!

Un pigeon qui vous le dit !
Réponse de le 12/10/2012 à 9:20 :
C'est très clair, nous avons très bien comprit la cosanguinité entre les cercles troubles, les factions activistes des officines du MEDEF, et les obédiences et les mouvances du groupuscule UMP
a écrit le 12/10/2012 à 7:11 :
Et en ce qui concerne les oeuvres d'art....hum hum !
a écrit le 11/10/2012 à 23:16 :
Voila ce qui arrive lorsqu'une personne un peu naive, persuadée que sa toute nouvelle association France Digitale va tout changer, lance une invitation à la cantonnade ... les crocodiles s'emparrent du marigot ! Les "pigeons" veulent rester libres!!
a écrit le 11/10/2012 à 22:53 :
Comme d'habitude, le MEDEF a raté le train car cela fait longtemps qu'il ne représente plus les entrepreneurs mais les grandes entreprises du CAC40 gouvernées par des actionnaires et des managers. Du coup, pris de panique, ils ont essayé de récupérer le train en marche. Malheureusement c'est complètement raté. Malin par contre, l?attitude de la CGPME qui passe du coup pour l'acteur sérieux et réaliste ! Bref, le MEDEF devrait rencontrer plus souvent des entrepreneurs plutôt que de rester cloitré avenue Bosquet.
Réponse de le 12/10/2012 à 8:31 :
Le MEDEF ce n'est qu'une faction activiste de l'UMP, rien de plus.
a écrit le 11/10/2012 à 22:29 :
Les caciques du patronat qui magouillent avec les syndicats mafieux c'est une chose, les citoyens et la démocratie s'en est une autre. Ils font venir des gens par millions que la France ne peut absorber et cela conduit à la barbarie et à la misère pour la population. Le gouvernement fait plutôt dans le tir au pigeon. On devrait dire pigeon vole. La liberté pour la population recule, la misère et l'oppression avancent, faut voir que cette Europe perd le siècle pour l'humanité. Il faut voir que c'est des dizaines de millions d'emplois que nous pouvons créer et que l'Etat empêche...
a écrit le 11/10/2012 à 22:07 :
Bel exercice de propagande, entièrement fondé sur les aveux imaginaires d'un mystérieux "cacique" du patronat. La stratégie est limpide : diviser et épuiser le mouvement de révolte, donner l'illusion de satisfaire quelques revendications des pigeons pour mieux les plumer d'ici quelques mois. Les pigeons doivent comprendre qu'ils échoueront s'ils s'isolent des autres boucs-émissaires de l'Etat socialiste : entrepreneurs, investisseurs, commerçants, artisans, auto-entrepreneurs, salariés du privé, simples particuliers doivent s'unir. Les pigeons ne doivent pas hésiter à agir conjointement avec toute la population spoliée.
a écrit le 11/10/2012 à 21:57 :
Pour mémoire Madame Parisot, nous, Pigeons sommes PROPRIETAIRES de notre entreprise (vous l'êtes aussi, mais ce n'est clairement pas le cas des "patrons" du cac40) !

Nous n'avons aucun parachute doré !
Nous n'avons pas de prime pour venir diriger une société
Nous ne gagnerons JAMAIS 1,2,3 ou 5 millions d'euros par an...
Etc...

Alors NON !! NOUS NE SOMMES PAS LE MEDEF !!!!!!!!!!
a écrit le 11/10/2012 à 19:11 :
Pour être entrepreneur il faut beaucoup de passion et d'énergie mais aussi une certaine dose de rêve. Les mesures de taxation des plus values, suivies de reculades, ne concerneront peut être que peu d'entrepreneurs mais elles ont d'ores et déjà participé à casser le rêve d'un nombre considérablement plus grand
Réponse de le 12/10/2012 à 11:39 :
L'entrepreneur qui laisse cette situation "casser son rêve", a peu de chance de surmonter les vrais pb concrets qui lui réserve son aventure ;-)
a écrit le 11/10/2012 à 17:46 :
Il est clair que les obédiences ET les mouvances du groupuscule l?UMP ont toujours collaboré avec les cercles activistes des officines du MEDEF.

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