Déserts médicaux : le gouvernement a-t-il trouvé l'arme absolue ?

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Vendredi, dans le cadre de l'examen du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) 2013, les députés ont voté la création du contrat de praticien territorial de médecine générale. L'accès de ce dispositif est étendu aux médecins remplaçants. Il devrait entrer en vigueur dès 2013. Pendant la campagne présidentielle, François Hollande s'était engagé à ne laisser "aucun Français à plus de 30 minutes de soins d'urgence".

Non résolu par loi « Hôpital, patients, santé, territoires » (HPST) votée en 2009, le problème du développement des déserts médicaux est-il en passe d?être réglé. Vendredi, dans le cadre de l?examen du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) 2013, les députés ont voté la création du contrat de praticien territorial de médecine générale.

Une entrée en vigueur programmée en 2013

Ce contrat devrait entrer en vigueur dès 2013. Il doit permettre à de jeunes médecins de s'installer dans des zones médicalement sous-dotées en leur garantissant des revenus pendant deux ans. Début octobre, Marisol Touraine, la ministre de la Santé prévoyait la signature de 200 contrats de ce type chaque année. Pendant la campagne présidentielle, François Hollande s'était engagé à ne laisser "aucun Français à plus de 30 minutes de soins d'urgence".

Pour lutter contre les déserts médicaux, tristement symbolisé par le drame récent de Figeac, la loi HPST prévoyait plusieurs leviers parmi lesquels la « filiarisation » des étudiants en médecine, le contrat santé solidarités, le contrat d?engagement de service public, le contrat de clinicien hospitalier et les coopérations entre professionnels de santé.
Pour rendre les zones désertées plus attractives, des dispositifs incitatifs avaient été mis en place. On peut citer le numerus clausus, qui consiste à adapter le nombre d?étudiants admis en deuxième année de médecine selon les besoins régionaux, par spécialité, ainsi que la mise en place d?un dispositif d?aide à l?installation garanti par l?Etat dans les zones sous-dotées.

Un dispositif largement étendu par les députés

Pour attirer le maximum de praticiens, le gouvernement a soutenu plusieurs initiatives parlementaires. Ainsi, le dispositif a été étendu par amendement aux médecins remplaçants.
Un amendement de Christian Paul (PS), le rapporteur du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour l'assurance maladie, a aussi étendu le dispositif aux « assistants hospitaliers ayant accompli moins de deux ans de services effectifs au sein d'un établissement de santé ».Un amendement permettant d'adapter « certains statuts pour permettre à des professionnels de santé de partager une activité salariée avec l'exercice, en parallèle, de la médecine générale dans les territoires en voie de démédicalisation » a aussi été adopté par l?Assemblée nationale.

Le texte divise à gauche et à droite

Cette mesure ne fait pas l?unanimité, à droite comme à gauche de l?hémicycle. La ministre a dû demander le retrait d?un amendement qui prévoyait une obligation d'exercice dans les zones déficitaires pour les jeunes médecins. « Je ne crois pas que ce qui s'apparente à une coercition serait de nature à produire les résultats escomptés », a-t-elle expliqué. « Les diverses mesures incitatives mises en ?uvre depuis de nombreuses années ont largement démontré leur inefficacité. Le dispositif proposé par le gouvernement n'est qu'une nouvelle mesure incitative », estimait cet amendement, défendu par Gwenegan Bui (PS) qui a finalement retiré son texte.
L?opposition n?est pas convaincue. « L'obligation ce ne n'est pas comme cela qu'on règlera le problème », a notamment déclaré Denis Jacquat (UMP). « Il faut des réponses très fortes, mais je crois que tout n'a pas été essayé en matière d'incitation », a renchérit Christian Paul (PS), le rapporteur du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour l'assurance maladie.


 

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a écrit le 27/10/2012 à 19:53 :
Allons jusqu'au bout de votre raisonnement : 60 H/ sem pour les fonctionnaires, carence de 90 jours en cas de maladie, pas de vacances, retraite à 67 ans, etc etc
Réponse de le 27/10/2012 à 21:44 :
Vous connaissez bien la réalité de l'exercice médical que vous décrivez très bien... Voulez-vous les punir un peu plus en leur imposant de vivre où plus personne ne veut rester ?
a écrit le 27/10/2012 à 16:22 :
Les études des médecins sont financées à 100% par les deniers publics.
Les rémunérations de ces mêmes médecins proviennent essentiellement des cotisations versées par les citoyens, à l?instar des enseignants, et fonctionnaires de toutes catégories.
Dans ces conditions, il serait normal que les médecins soient soumis aux mêmes contraintes de nomination que ces derniers.
Quel gouvernement aura le courage de s?attaquer à ce problème de santé publique ?
Réponse de le 27/10/2012 à 17:48 :
Connaissez-vous des fonctionnaires qui travaillent en moyenne 55 à 60 h 00 par semaine ? Par ailleurs, aucun "fonctionnaire" n'est responsable de ses actes, couverts qu'ils sont (en dehors des fautes détachables du service) par une responsabilité administrative qui ne les place jamais en première ligne et qui n'engage pas leurs héritiers en cas de problème. NON, les médecins libéraux ne sont pas des agents de l'état ou alors qu'il leur soit appliquées les mêmes règles : 35 h 00, salariat, RTT...
a écrit le 27/10/2012 à 13:37 :
Pour savoir ce qu'il en est réellement, il faut sans doute écouter les propositions formulées par les représentants des internes et des externes en médecine en consultant la webradio indépendante AWI.
Les recommandations émises sont importantes car ce sont ces étudiants qui seront demain les médecins que vous consulterez.
a écrit le 27/10/2012 à 9:51 :
Et pour favoriser les médecins de campagne qui, évidemment, font beaucoup de visites avec de nombreux déplacements, le gouvernement vient de diminuer drastiquement la possibilité d'avoir des frais professionnels de voiture..... Extraordinaire ce gouvernement, du jamais vu! "si la c.nnerie se mesurait, il serait mètre-étalon!".
a écrit le 27/10/2012 à 0:20 :
et plutôt que d'essayer d'obliger les médecins à s'exiler à la campagne, on pourrait obliger les ruraux à s'installer à moins de 800 mètres du centre hospitalier !! comme ça, plus de problème ! Allez hop : ça déménage !!! c'était n'importe quoi, à vous les studios !
a écrit le 26/10/2012 à 19:31 :
Les populations actives délaissent les campagnes, il est normal que les médecins aussi, quelques soient leurs motifs, ce sont aussi des hommes et des femmes, ils ne reviendront que quand les autres reviendront aussi, Pour cela il faut que ces regions soient attractives: des emplois et de l'animation. Toute tentative d'aller contre un phenomene aussi violent que l'exode rural est voué a l'echec si il ne prend pas en compte l'ensemble du phenomene.Les politiques en sont encore a voulopir "constuire des villes à la campagne" comme disait alphonse allais car mettre tout a proximité du rural c'est toujours construire une ville et detruire la ruralité
a écrit le 26/10/2012 à 19:11 :
Il serait bien de réformer les études de médecine avec plus de psychologie sociale et humaine, plutôt que du bachotage en maths-physiques les premières années . Les campagnes se vident car les villes sont plus attrayantes , et pourtant ! Mais la profession s'est largement féminisée .
a écrit le 26/10/2012 à 18:54 :
je croyais que l'état devait faire des économies sur la secu , ce sont vraiment des cu...
a écrit le 26/10/2012 à 17:43 :
On voit bien que pas un de ces législateurs n'a mis un pied dans une zone sous-médicalisée. Ce n'est pas une garantie de revenus qui va changer quoi que ce soit, car un médecin qui s'installe dans une zone sous-médicalisée va voir son cabinet rempli à craquer dès la deuxième semaine. Le vrai problème, c'est que les jeunes médecins ne veulent pas s'installler au fin fond de la Meuse ou des Ardennes. Ils préfèrent Grenoble pour ceux qui font du ski ou Montpellier pour ceux qui aiment la mer. Sans obligation, pas de solution. Et certains trouveront que ces campagnes ne sont pas si mal, après tout.
Réponse de le 27/10/2012 à 10:03 :
D'accord pour la première partie sauf si il s'agit d'une garantie de revenus pour un temps raisonnable (type PH: 39 heures/semaines).
Ce qui rebute désormais, ce ont les 55 heures par semaine qui ne permettent pas d'habiter à distance de son lieu de travail.
L'obligation amènera une fuite vers des alternatives professionnelles, salariat, mode d'exercice particulier (homéopathie, ostéopathie,...). Ça ne marche nulle part (En Chine, peut-etre?).
Donc, la seule solution consiste à repenser très rapidement le métier, mais je n'y cois guère donc cata dans 10 ans dont on tiendra les généralistes responsables.
C'est pour ça que je ne suis plus généraliste depuis 2 ans.
Paul Le Meut auteur de "médecine générale courage, fuyons!" mg-livre.net
Réponse de le 27/10/2012 à 12:36 :
En effet, nous sommes encore en démocratie et contrairement aux enseignants, militaires et policiers, les médecins n'ont aucun lien contractuel avec l'état (=fonctionnaires). Il serait sans doute inconstitutionnel et contraire au droit européen de vouloir obliger un citoyen libre d'aller dans un endroit ou un autre. Par ailleurs, outre la chute du nombre de médecins formés depuis 25 ans, 90% des médecins qui s'inscrivent actuellement à l'ordre des médecins sont salariés. Le système libéral n'attire plus que quelques centaines de personnes par an, le problème est là (4 départs en retraite pour 1 installation en 2011)....
a écrit le 26/10/2012 à 17:13 :
Avoir des médecins généralistes dans les campagnes et des établissements hospitaliers et des maternités de proximité est une autre affaire .
La question se pose ainsi : faut il privilégier la proximité ou la sécurité ?
a écrit le 26/10/2012 à 16:32 :
début de la médecine administrée qui sera un échec comme partout ou on a essayé de l'instituer.
Réponse de le 26/10/2012 à 17:17 :
Et pourquoi serait-ce un échec ? Arguments ? Par exemple, en quoi la justice ou la police administrée seraient ou non un échec ?
Réponse de le 26/10/2012 à 19:13 :
Si vous ne voyez pas la difference avec la police, c?est gravissime. Comme un avocat, le médecin protege et sert l?interet du patient qui peut se confier sans hesiter. La médecine administrée sert les interets du pouvoir et de la société avec les normes du pouvoir et de la société, pas la votre. La sécurité sociale, c?est un intermediaire du paiement par les cotisations du malade qui maintient néanmoins l?indépendance du médecin mais attention à la dérive qui a déjà commencé, on ne vous traitera pas, parce que trop vieux, trop couteux ou trop quelquechose, c?est la hierarchie politique qui prend le pouvoir sur votre corps et votre intimité.cf urss queues interminables, materiel obsolètes, statistiques trafiquées etc?
a écrit le 26/10/2012 à 15:36 :
Dans l'article, je cite le texte avec les fautes "Pour lutter contre les déserts médicaux, tristement symbolisé par le drame récent de Figeac", vous pensez sincèrement qu'un médecin généraliste dans une maison médicale pourra faire quelque chose contre une menace d'accouchement prématuré ??
La récupération médiatique et politique de cet évènement (la patiente a été remarquable il y a quelques jours dans le seul article qui permettait de replacer cet évènement dans son contexte objectif - et de clore ce débat) est incroyable.
Réponse de le 27/10/2012 à 0:24 :
... mais cette dame, pourquoi ne l'oblige -t-on pas à dénénager à moins de 800 mètres du centre hospitalier : un tel laissez-aller est inhumain !! il faut des règles plus coercitives : interdiction de vivre à plus de 800 m du centre hospitalier pour les femmes enceintes, familles avec enfants et personnes de plus de 50 ans ! Les autres, il faut confisquer les maisons !!! et qu'ils votent bien à gauche, sinon ...
a écrit le 26/10/2012 à 15:14 :
Ce Parlement ne pourrait-il dire non à une loi-gouvernementale purement esthétique? Une fois dans la vie de la République??
a écrit le 26/10/2012 à 14:24 :
L'aide matériel est une bonne chose mais ce que ne semble pas prendre en considération les autorités c'est la qualité de la vie et le fait qu'un étudiant sur deux est une étudiante dont bon nombre sont de futures mères qui pour partie exerceront à temps partiel .Rajouter la situation professionnelle du conjoint qui trouvera plus facilement du travail en ville qu'en campagne et vous avez les données du problème de la désertification médicale
a écrit le 26/10/2012 à 14:18 :
On n'attrape pas les mouches avec du vinaigre dit on.
Bac S + 10 soit environs 28-30 ans, plus son époux ou épouse ( qui travaille déjà aussi ) ainsi qu'un ou deux petits qu'il faut scolariser.... et tout ce petit monde part gaiement à la campagne ( ça a un petit goût non pas de pomme mais bien de Chantiers de jeunesse ! ou de rééducation par le travail à la mode Mao ).
Il faut sans doute être énarque pour croire à cette aimable plaisanterie. Dommage que notre oligarchie ne profite pas de la même sollicitude.
Au fait, "imbécillité" prend un l ou deux l ?
a écrit le 26/10/2012 à 13:19 :
L'art de la médecine consiste à distraire le malade pendant que la nature le guérit! Voltaire
Réponse de le 27/10/2012 à 10:08 :
Je me demande si ce n'est pas lui qui disait aussi: médecin, c'est difficile, vous vous faites payer, vous passez pour un profiteur, vous ne vous faites pas payer, vous passez pour un larbin.
a écrit le 26/10/2012 à 13:18 :
Ils n'y comprennent vraiment rien....
Nous garantir des revenus est inutile, on gagnera forcément notre vie puisqu'il n'y a pas d'autres médecins pour prendre notre patientèle.
Nous aider a nous installer, oui, pourquoi pas, c'est des tracasseries en moins.
Le contrat d'engagement du service public (CESP), lui, c'est une très bonne idée.Mis en place il y a 2 ans, il n'a pas attiré bcp d'etudiants pour l'instant mais au moins, il nous propose d'avoir eventuellement la Spé qu'on veut, en n'ayant pas forcément besoin de finir dans les 1500 premiers à l'internat tout en nous payant au smic durant toute la durée de nos études; en contrepartie nous devons 10 ans à l'état. D'avantage de communication dessus serait nécessaire.

Réponse de le 26/10/2012 à 14:05 :
Très bonne remarque
Réponse de le 27/10/2012 à 2:46 :
N'importe quoi pour résoudre le problème il faut faire sauter le numérus clausus et libéraliser tout ça. Réduire la durée des études à ce qui est vraiment nécéssaire pour former un généraliste. La loi de l'offre et de la demande fera le reste.
Réponse de le 27/10/2012 à 12:42 :
Super, et pourquoi pas prendre un plombier pour faire les coloscopies puisqu'il s'agit d'une affaire de tuyaux !!!
N'importe quoi !

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