Les artisans sont-ils l'avenir de l'industrie ?

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Mardi, l'Assemblée permanente des chambres de métiers et de l'artisanat (APCMA) a réuni les principaux acteurs de la sous-traitance industrielle. Objectif principal de cette manifestation: plaider pour l'intégration de l'artisanat dans la politique publique de redressement productif.

L?économie française, et en particulier l?industrie, se portent-t-elle si mal? On peut en douter. Sinon, le gouvernement ne se priverait pas d?une partie de ses forces vives. Selon une étude présentée mardi lors des premières rencontres de l?artisanat producteur industriel organisé par l?Assemblée permanente des chambres de métiers et de l?artisanat (APCMA), 75% des entreprises du secteur de la sous-traitance industrielle appartiennent au secteur artisanal. Ces 15.000 entreprises, qui emploient 90.000 personnes -soit un quart de l?emploi salarié dans ce secteur? représentent 15% du chiffre d?affaires global de la sous-traitance industrielle. "Si on élargit le secteur aux entreprises qui gravitent autour de l'industrie, notamment dans les services, ce sont 300.000 personnes qui appartiennent à ce secteur", estime pour sa part Jean-Claude Volot, l?ancien médiateur des relations inter-industrielles invité par l?APCMA.

Un secteur mal connu

«L?artisanat est un secteur mal connu alors qu?il est stratégique en termes de compétitivité, d?emploi et de développement local sur l?ensemble du territoire. Les entreprises de sous-traitance industrielle, composé d?une vingtaine de salariés en moyenne, qui exercent dans des domaines comme la mécanique, l?électronique ou la plasturgie sont des rouages essentiels de secteurs de pointe comme l?aéronautique ou l?aérospatial», précise Alexis Govcyan, le directeur de l?Institut supérieur des métiers (ISM) qui a réalisée cette étude.

Conséquence, elles sont peu ou mal considérées, ce qui se traduit par exemple par une faible visibilité du carnet de commandes. Elle ne dépasse pas un mois pour une entreprise sur deux. L?allongement des délais de paiement, particulièrement visible actuellement, ne les épargne pas, ni les désengagements brutaux de la part des grands donneurs d?ordre. Ceux-ci concernent une entreprise sur cinq selon l?ISM. Quant aux baisses de prix unilatérales, elles touchent une entreprise sur sept. «Dans ces conditions, comment voulez-vous qu?une entreprise puisse construire sereinement son développement», s?interroge Jean-Claude Volot.

L?aveuglement du gouvernement

«Au regard de l?ensemble de ces éléments, ces entreprises sont essentielles dans le processus de réindustrialisation de l?économie française. Pourtant, le gouvernement ne nous voit pas, ne nous entend pas ou si peu», déplore Alain Griset, le président de l?APCMA. Résultat, elles passent à travers de la plupart des grands projets structurants. Dans les pôles de compétitivité, 6% des entreprises seulement sont artisanales. Dans les clusters, le chiffre tombe à 2%. Selon l?ISM, les deux tiers des entreprises n?ont bénéficié d?aucune aide ou accompagnement public ces trois dernières années.

Sans surprise, la visite de Sylvia Pinel, la ministre chargée de l?Artisanat à l?APCMA ce mardi n?a été qu?amicale. Aucune annonce fracassante, aucun ordre de mobilisation générale intégrant les artisans au mouvement de sauvetage de l?industrie tricolore n?ont été déclarés. «La ministre s?est déplacée, c?est déjà ça. Les artisans mettent un pas dans la porte», glisse un observateur.

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Commentaires
a écrit le 27/11/2012 à 14:22 :
Un des moyens de se faire connaitre pour ensuite etre reconnu est de communiquer aupres des pouvoirs publiques et des donneurs d'ordres ,travail de longue haleine avec investissement en temps et en argent .
Se regrouper sous un label commun pour répondre aux appels d'offres .

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