Emploi : les hommes, premières victimes de la crise

 |  | 535 mots
Lecture 3 min.
Copyright Reuters
C'est ce qui ressort de l'ouvrage "La crise qui vient", de l'économiste Laurent Davezies. Selon lui, au plus fort de la crise, les hommes ont subi 92% des pertes d'emplois salariés privés.

Les hommes sont les premières victimes de la crise. C'est en tout cas ce qu'affirme l'économiste Laurent Davezies dans son ouvrage "La crise qui vient" (Seuil). Un constat édifiant qui va dans le sens de la récente étude européenne démontrant le même phénomène à l'échelle de l'Union Européenne (UE).

Ainsi, d'après l'économiste, au paroxysme de la précédente crise, entre décembre 2007 et décembre 2009, les hommes auraient subi 92% des pertes d'emplois salariés privés. Au total, en deux ans, ce sont quelque 350.000 emplois masculins qui auraient été rayés de la carte, contre 30.000 emplois féminins. Des chiffres impressionnants, à tel point que Laurent Davezies avoue "avoir pensé s'être trompé" en se penchant sur ces données purement quantitatives.

Le professeur du Cnam va plus loin, soulignant que, depuis 1982, l'emploi masculin, notamment chez les plus modestes, "s'effondre". Laurent Davezies évoque ainsi "un creusement terrible entre les classes moyennes et les couches du bas du tableau social" ainsi que des "bouleversements sociaux" à venir.

L'accélération d'une tendance ancienne

Mais selon l'économiste, la crise de 2008-2009 n'a "fait qu'accélérer une tendance ancienne". Entre 1982 et 2006, les femmes ont ainsi bénéficié de 84% des créations nettes d'emplois du pays (+3,4 millions de femmes actives occupées pour +0,6 million d'hommes).

Spécialiste des questions d'économie régionale, l'expert souligne que "ce décalage en termes de genre se combine avec la diversité des situations locales". Sur les 348 zones d'emploi françaises, 136 ont vu leurs emplois salariés féminins progresser, alors que l'emploi masculin n'augmentait que dans 32.

Un phénomène "asymétrique"

Un phénomène dont la grande particularité est d'être "asymétrique", précise Laurent Davezies. "Ce sont les hommes du bas du tableau social qui ont souffert, et les femmes du milieu du tableau qui ont gagné", analyse-t-il. "L'emploi des ouvriers, des artisans-commerçants, des agriculteurs a été frappé, pendant que les emplois féminins, créés massivement dans le même temps, l'ont été notamment dans le secteur public", poursuit l'expert.

Les femmes n'ont pas été épargnées

L'auteur explique en effet que "ces femmes qui ont accédé à l'emploi se situent souvent dans les ménages de la classe moyenne, là où les hommes, employés ou cadres moyens, ont été relativement épargnés". Avant de nuancer : "Je ne dis pas que les femmes ont été avantagées sur le marché de l'emploi, mais qu'elles semblent avoir moins souffert de la crise de 2007-2009", rappelant "la part plus faible de CDI (contrats à durée indéterminée) et l'importance du temps partiel non voulu" chez ces dernières.

Car bien que les travailleurs masculins aient été plus touchés par la crise que les femmes dans un premier temps, les pratiques discriminatoires à l'encontre des femmes se sont aggravées ces dernières années. Et ce à l'échelle de l'Europe, comme le rappelle un communiqué de l'Organisation internationale du travail. Les femmes travaillant dans des secteurs à prédominance masculine ont ainsi été les premières à être licenciées ainsi qu'à subir de plus importantes réductions de salaires que leurs collègues masculins.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 27/11/2012 à 17:27 :
Ouf, heureusement que l'article conclut avec des propos pro-féministes bien orthodoxes, même si c'est largement en contradiction avec le reste de l'article. Il faut quand même sauver le politiquement correct. Pour un peu, on aurait pu sentir des velléités de mouvement masculiniste se mettre en place. A noter d'ailleurs que le terme "masculiniste" n'existe pas en Français au contraire de "féministe", n'est-ce pas une discrimination intolérable ?

Evidemment, il ne viendrait à l'idée de personne, par exemple, de mettre en regard le risque de perte d'emploi très élevé pour les hommes avec des revenus moyens plus élevés, ce dernier facteur n'étant au fond que l'expression d'une prise de risque en moyenne plus grande chez les hommes (je rappelle pour les ignares en économie que rendement et risque sont liés).

Et toujours personne pour relever le fait que la proportion d'emplois publics chez les femmes est plus important, expliquant ainsi le meilleur maintien de leurs emplois, mais aussi des revenus en moyenne plus bas (tiens, encore cette histoire de rendement/risque) ?

Mais bien sûr, ce n'est pas possible, s'il y a des différences hommes/femmes, ce n'est pas à cause d'inclinations, de goûts, de disponibilité, d'aversion au risque ou d'objectifs différents, c'est forcément à cause de discriminations intolérables.
Réponse de le 27/11/2012 à 18:18 :
@bruno: la nature humaine est ainsi faite: pour un emploi de bureau (parce que ce sont quand même les emplois industriels et donc majoritairement masculins qui ont disparu ces dernières années), on préfèrera toujours une belle jeune femme qu'un vieux crouton, même expérimenté. Faut pas se voiler face :-)
Réponse de le 28/11/2012 à 9:25 :
Bien sur que le masculinisme existe cela s appelle le Machisme qui contrairement à la doctrine Feministe ne cherche pas à tendre désespérément à plus égalité entre mes êtres humains mais prône la domination et la supériorité innée du sexe superieur et le maintient des traditions patriarcales mise en place depuis le fond des âges sur fond de guerres. Tous ce qui concerne les femmes est systématiquement manipulé et retourné dans le seul but de toujours nous rabaisser et nous maintenir dans notre rôle secondaire dévolu. Comment pouvez vous lier ce constat à, la plus grande prise de risque c est absurde, d ailleurs les emplois investis par les femmes ne sont que ceux que cette société masculino centrée a décrété mois attractifs en période de croissance parce que mal payés et mal considérés c est une évidence que plus personne de censé ne nie, vous pensez vraiment que les conservateurs de tout poil aller lâcheraient tout pour nous ouvrir la voie royale sur le marché du travail ou de la politique, c est ignorer totalement notre combat pour avancer pas à pas quand l humain l emporte sur l esprit de conquête. Votre point vu ne repose que sur la supériorité préconçue de votre sexe et une profonde aversion au sexe opposé qui ose remettre en cause votre prééminence. Même sur le malheur collectif vous arrivez encore à faire de la discrimination. OUI messieurs elle existe et vous venez d en faire la preuve et il y aura toujours des hommes et des femmes libres et humanistes pour revendiquer que le sexe n est qu une différence biologique et notre espèce est constitué d autant d hommes que de femmes fait pour vivre en harmonie. Vos clichés anti-feministes sur notre faiblesse ou notre nature humaine vénale sont obsolètes et ne convaincrons plus que vos adeptes.
a écrit le 27/11/2012 à 14:39 :
La poule a trouvé une fourchette !! Quelle découverte le marché de l emploi est segmenté : Entre emplois destinés par traditions aux hommes (secteur industriel mécanisé et concurrentiel) et ceux moins valorisés destinés aux femmes (services et fonction publique). Si l on y rajoute le travail précaire (CDD) et le temps partiel subi, en effet la crise, par ailleurs inoculé par le pouvoir masculin, a choisi la destruction massive des emplois productifs. Mettre en balance les situations est indécent, aucune femme avec le plus souvent son petit salaire d appoint ne peut s enorgueillir de voir le père de ses enfants licencié après des années de loyaux service pour sa « boite » Ceux sont les familles qui sont touchées par le chômage quelle étrange idée malsaine de vouloir jouer sur la notion de sexe dans ce marché de dupes. Les femmes seront toujours la pour tenir la boutique comme elles l ont toujours fait lors des conflits et des crises. Quand la croissance repartira leur rôle sera-t-il revalorisé ? Leur situation n intéressera plus ce genre de Grand Economiste qui voudrait bien nous ramener dans nos foyers? Le paragraphe final édulcore beaucoup la thèse de départ en effet, beaucoup de petites mains dans des PME sous traitantes ont aussi eues des larmes. Pour les autres c est ce que l on appelle avoir de la chance dans leur discrimination de subalternes CQFD

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :