Le prix du baril de pétrole peut-il passer sous les 100 dollars en 2013 ?

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Amorcé au deuxième trimestre, le recul du prix du baril de brut pourrait atteindre les 105 dollars au premier semestre 2013, le marché étant largement excédentaire. Il oscille actuellement entre 108 et 112 dollars. La demande mondiale restant modérée, crise oblige, seules les tensions géopolitiques peuvent faire bondir les cours.

Ce pourrait être une bonne nouvelle pour les ménages mais aussi pour Nicole Bricq, la ministre du Commerce extérieur. Selon les prévisions de l'Insee contenues dans la récente note de conjoncture, le prix du baril de brut pourrait avoisiner les 105 dollars au premier semestre 2013. Coté à Londres, le cours du Brent évolue depuis plusieurs semaines entre 107 et 112 dollars.

Selon l'Insee, l'excédent de pétrole sur le marché se renforcerait pour atteindre 2,3 millions de barils par jour (bpj) au deuxième trimestre 2013. L'offre resterait dynamique grâce à la hausse de la production aux États-Unis et dans les pays de l'Opep. Après plusieurs actes de sabotages qui ont entravé l'activité des compagnies pétrolières, le Nigeria retrouverait en effet son niveau de production habituel et la production irakienne continuerait de progresser.

Faiblesse de la demande

Parallèlement, la faiblesse de l'activité contribuerait à la baisse de la demande dans les pays développés et l'augmentation de la demande dans les économies émergentes resterait toujours modeste. Au total, la situation d'excédent du marché pétrolier apparue début 2012 se prolongerait à l'horizon de la prévision, c'est-à-dire fin juin. «Le prix du baril fluctuerait autour de 105 dollars à l'horizon de mi-2013», pronostique l'Institut.

"Malgré l'absence de tensions sur le marché physique, le prix du pétrole s'est stabilisé à un niveau élevé au troisième trimestre 2012 [à 109,3 dollars, soit -0,2% par rapport au trimestre précédent]. Cependant, les prix du pétrole se sont légèrement repliés en octobre et en novembre (-1,4% puis -2,3%), sous l'effet notamment de l'atténuation des tensions avec l'Iran", précise l'Insee.

Bonne nouvelle pour les automobilistes

Si ces prévisions devaient se réaliser,  même si cette baisse ne porte que sur quelques dollars, les ménages verraient leur facture de chauffage et d'essence en euros se réduire. Déjà, le litre de gazole a atteint actuellement un plancher depuis juillet. D'après les relevés hebdomadaires publiés par le ministère de l'Ecologie et de l'Energie, le prix du litre de gazole a atteint la semaine dernière 1,3486 euro en moyenne, soit une baisse de 23 centimes depuis son plus haut d'août.

Quant à Nicole Bricq, elle pourrait se réjouir de voir la facture énergétique de la France baisser. Certes, la ministre a décidé de ne pas se focaliser sur le coût de l'énergie puisqu'elle entend d'ici la fin du quinquennat équilibrer la balance commerce commerciale des seuls produits manufacturés. Néanmoins, toute bonne nouvelle émanant des Douanes est bonne à prendre.

Une facture énergétique record en 2011

En 2011, la facture énergétique de la France a atteint le record de 61,4 milliards d'euros, soit près de quatre fois plus qu'il y a vingt ans selon le "Bilan énergétique de la France pour 2011", un rapport présenté en juillet par le ministère de l'Ecologie. "A elle seule, la facture énergétique représente 88% du déficit commercial de la France", soulignait alors le Commissariat général au développement durable dans ce rapport.

Le Brent peut-il passer sous la barre des 100 dollars? L'Insee ne l'envisage pas. "La baisse récente des prix serait limitée par les tensions persistantes sur l'offre, notamment parce que les risques géopolitiques restent toujours importants", explique l'Institut. Un exemple ? L'Iran procède actuellement à un exercice naval dans le Golfe et en mènera un autre à partir de vendredi dans le détroit d'Ormuz, pour "démontrer ses capacités navales", ont annoncé des responsables militaires. Un incident dans cette zone, où transite le tiers du trafic pétrolier mondial, aurait mécaniquement des conséquences sur les cours du brut.

Les économistes ne sont pas tous d'accord

En juin, influencé par la morosité de la conjoncture économique mondiale, et notamment de la publication de mauvais indicateurs macroéconomiques en Chine, le brut coté à Londres et à New York était passé brièvement sous les 100 dollars, une première depuis octobre 2011. Le consensus Reuters table pour sa part sur un Brent à 107, 50 dollars en moyenne en 2013. Toutefois, sur les 29 économistes interrogés, 5 anticipent un baril sous les 100 dollars en moyenne l'année prochaine. Des prévisions réalisées à taux de change inchangé. En effet, si le dollar devait s'affaiblir, les pays producteurs devraient assez logiquement chercher à compenser leurs pertes de change - le baril étant libellé en billets verts -  par la hausse du cours du baril.

Et ensuite ? Dans son rapport de prévision annuel, l'Agence américaine de l'énergie vise un baril à 145,41 dollars en 2035 - c'est précis -, et à 162,68 dollars en 2040...

 

 

 

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a écrit le 13/06/2013 à 18:12 :
Si on avait un prix du baril de Brent à moins de 100 $ aurions-nous un produit de distribution à moins de 1.3?/litre comme pour le gazole pour les moteurs diesel ? Aurions-nous moins de taxes sur le prix de l'essence ? du gasoil ? comment faire pour avoir une energie pétrolifère bon marché ???
a écrit le 26/12/2012 à 19:42 :
C'est le WTI qui compte, pas le Brent. Le Brent est un contrat purement financier, du papier, utilisé pour se couvrir. C'est le WTI qui dicte les prix, même si le spread entre le WTI et le Brent a été assez volatile ces derniers temps.
Réponse de le 02/01/2013 à 11:06 :
https://www.youtube.com/watch?v=c_P-D2313PE&feature=youtube_gdata_playerEn réalité ce qui compte c'est ce que l' on paye.
Claude Hangen
Candidat pres.2012 et 2017

Réponse de le 02/01/2013 à 11:06 :
https://www.youtube.com/watch?v=c_P-D2313PE&feature=youtube_gdata_playerEn réalité ce qui compte c'est ce que l' on paye.
Claude Hangen
Candidat pres.2012 et 2017

a écrit le 26/12/2012 à 18:49 :
Une large part de l'offre mondiale de pétrole est entre les mains d'un cartel: l'OPEP et d'un grand producteur: la Russie qui peuvent à leur gré jouer sur les volumes disponibles. Alors prévoir pour 2013 une baisse des cours me semble assez farfelu dans un contexte géopolitique incertain aux mains des idéologies moyenâgeuses des pays du Proche et Moyen-Orient. La baisse des cours du dollar stimule les possesseurs de liquidités à se couvrir en achetant du pétrole papier, phénomène provoquant la montée des cours. Ceci entraîne immédiatement des achats physiques de pétrole par les professionnels, il est stocké et vendu à terme dans un marché en contango. Les paramètres déterminants sont alors le cours du dollar vis à vis des autres monnaies et les prix de stockage.
a écrit le 26/12/2012 à 17:03 :
C'est déjà suffisamment incertain d'estimer un prix pour 2013 mais alors pour 2035 et 2040 estimer un prix avec un niveau de précision d'un centime de dollar retire tout crédit à l'étude ... (inflation du dollar sur ces 25 prochaines années + offre + demande + contexte géopolitique ... Faut vraiment avoir du temps à perdre ...)
a écrit le 26/12/2012 à 15:31 :
Oui et Non ...ça dépend du marché ..., mais les taxes vont elles baisser ...?
a écrit le 26/12/2012 à 15:17 :
Si le dollar remonte, il est possible que le baril passe en dessous des 100 $, mais si le dollar continue à baisser, l'OPEP réduira ses quotas pour soutenir le prix du baril.

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