Medef : le vote sur la réforme des statuts se fera à bulletin secret. Ambiance...

C'est ce jeudi 28 mars que les 45 membres du Conseil exécutif du Medef doivent se prononcer sur cette désormais fameuse réforme des statuts qui permettrait à Laurence Parisot de briguer un nouveau mandat à la tête de l'organisation patronale. Selon nos informations, le vote se fera à bulletin secret et non à main levée comme le souhaitait la présidente sortante. Un symbole de l'ambiance au Medef qui devient de plus en plus délétère.

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Copyright Reuters (Crédits : AFP)

 J-1 au Medef ! C'est en effet ce jeudi 28 mars, lors d'un Conseil exécutif (CE) de l'organisation patronale, que Laurence Parisot, la présidente en titre, tentera de franchir un nouvel obstacle dans sa longue marche pour se maintenir à la tête de l'organisation en effectuant (au moins) un mandat supplémentaire. Pour y parvenir, elle doit faire avaliser par son Conseil exécutif, à la majorité simple de ses 45 membres, une modification des statuts du Medef, proposé le 18 mars par le comité statutaire de l'organisation. Actuellement, le président du Medef est autorisé à effectuer deux mandats. Un premier de cinq ans et un second de trois ans. Ainsi, normalement, Laurence Parisot, élue une première fois en 2005 et réélue en 2010, aurait du se retirer le 1er juillet prochain. Mais l'ancienne présidente de l'Ifop, ne l'entendant pas ainsi, a obtenu du comité statutaire un projet de réforme des statuts proposant que, désormais, le mandat de président du Medef soit uniformément de cinq ans et, surtout, que le nombre des mandats soit... illimité. Cerise sur le gâteau, cette réforme, si elle était adoptée, serait d'application immédiate.

Course d'obstacles pour Laurence Parisot

Laurence Parisot pourrait donc se présenter pour un troisième mandat de cinq ans le 1er juillet prochain. Nous n'en sommes pas encore là ! Il faut, d'abord, que le Conseil exécutif entérine donc cette réforme. Puis, ensuite, en cas de vote positif de ce Conseil, que l'Assemblée générale du Medef (560 votants) adopte à son tour cette réforme à la majorité des deux tiers. D'ores et déjà, une assemblée générale extraordinaire est convoquée sur ce point le 16 avril. Etant entendu que cette réunion de « l'AG » ne se tiendra que si le Conseil exécutif donne son feu vert.
Or, le moins que l'on puisse dire est que l'initiative de Laurence Parisot n'a pas enchanté tout le monde. A commencer par les candidats déclarés ou potentiels à sa succession, tels les chefs d'entreprise Geoffroy Roux de Bézieux, Pierre Gattaz ou Thibault Lanxade, l'ancien médiateur des relations interindustrielles également chef d'entreprise, Jean-Claude Volot ou encore les présidents de fédération patronales Patrick Bernasconi (Travaux publics, la FNTP) et Frédéric Saint-Geours (Métallurgie, l'UIMM). Mais il n'y pas qu'eux. Plusieurs Medef territoriaux ont manifesté leur opposition (Rhône Alpes, Languedoc, PACA), estimant inconvenant de changer les règles du jeu au dernier moment.

 

Embrouilles sur la procédure de vote et le libellé des questions

L'ambiance est devenue tellement délétère au Medef qu'il y a même eu débat sur le fait de savoir comment devaient voter les 45 membres du Conseil exécutif : à bulletin secret ou à main levée ? La présidente en titre optant pour la deuxième solution, alors qu'une majorité du CE préférant le bulletin secret. Le débat a été tranché, vendredi 22 mars, par le comité statutaire qui a fait savoir que le vote aurait bien lieu à bulletin secret. En revanche, plusieurs membres du CE ne sont pas satisfaits de la façon dont sont rédigées les propositions qui vont être soumises à leur vote. De fait, il ne s'agira pas d'une simple question du style « êtes-vous pour la réforme des statuts sur tel ou tel point ?».

Astucieusement, la direction du Medef a opté pour une formule plus alambiquée jouant sur la fibre démocratique, du genre « êtes vous d'accord pour soumettre à l'Assemblée générale la réforme des statuts sur tel ou tel point ? ». « Je reconnais que c'est finement joué, explique à La Tribune un membre du Conseil exécutif. "Ainsi, Laurence Parisot la joue présidente soucieuse de respecter la base et pourra éventuellement dire que le méchant CE, lui, n'a pas voulu que l'AG se prononce »... Ambiance !

Le "non" à la réforme l'emporterait de peu

Alors, Laurence Parisot a-t-elle ses chances ? Plusieurs pointages - qui n'ont certes aucune valeur scientifique -, émanant de membre du CE interrogés par La Tribune, donnent, à ce stade, un léger avantage au « non » (entre 23 et 26 voix) à la modification des statuts. De fait, les représentants de l'UIMM (ils sont 4 au CE) devraient voter « non » pour être fidèles à la consigne de leur fédération - Mais Anne Lauvergeon, considérée comme UIMM mais nommée par Laurence Parisot au CE au titre des « personnalités qualifiées » suivra-t-elle cette consigne ? Il en va de même des représentants du bâtiment, des travaux publics, des assurances, des télécommunications, etc.
En revanche, Laurence Parisot sait pouvoir compter sur les fédérations Syntec (conseil informatique) et des industries du pétrole et sur la majorité des personnalités qualifiées (cinq sur dix) ... choisies par elle, dont Michel Pébereau. Même si le médiatique chef d'entreprise Charles Beigbeder (qui avait soutenu Laurence Parisot en 2005) a déjà annoncé qu'il ne voterait pas les statuts et soutiendrait la candidature de Geoffroy Roux de Bézieux. « De plus, elle met une pression terrible, sur les 12 Medef territoriaux membres du CE », indique à La Tribune un cacique patronal.
Alors, « quitte ou double ?» pour Laurence Parisot. Réponse jeudi 28 mars en fin de matinée.

 

 

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Commentaires 2
à écrit le 28/03/2013 à 14:17
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Bah, elle n'a qu'à le faire à la "Copé" ! :-)

à écrit le 28/03/2013 à 11:15
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le vote à main levée est une anomalie qui ne devrait jamais etre utilisée, et il est étonnant que mme parisot souhaitait ce mode d'expression

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