"C'est le rôle du Medef de dire à l'Etat de diminuer la dépense publique"

 |   |  669  mots
DR
DR
C'est ce jeudi 18 avril que chacun des 7 candidats à la succession de Laurence Parisot à la tête du Medef passe un "grand oral" devant les fédérations du bâtiment (FFB) et de la métallurgie (UIMM). Ces deux grandes fédérations décideront ensuite qui elles soutiendront. L'un des postulants, Patrick Bernasconi, chef d'entreprise, négociateur patronal de l'accord sur l'emploi du 11 janvier et président de la Fédération nationale des travaux publics (FNTP), explique sa vision du Medef

Dans la course à la présidence du Medef, qu'est ce qui vous distingue des 6 autres candidats ?

Patrick Bernasconi- Je suis moi-même ! C'est-à-dire un homme qui a une double casquette. Je suis entrepreneur et fils d'entrepreneur de travaux publics. Ma PME familiale en Normandie a 75 ans. C'est vous dire que depuis tout petit je suis familiarisé avec les mots « factures », « délais de paiement », « commandes », etc. Par ailleurs, après avoir présidé le Syndicat des Canalisateurs, je suis devenu en 2005 président de la Fédération nationale des travaux publics. J'ai donc une double expérience d'entrepreneur et de syndicaliste patronal.

Justement, vos détracteurs disent que vous venez d'un milieu professionnel dépendant de la commande publique, votre rapport avec l'Etat serait donc faussé... Les mêmes disent aussi que vous être trop attaché au dialogue social...

Quand il est nécessaire de s'opposer à l'Etat, je suis là. Je considère plutôt comme un atout de savoir dialoguer avec les pouvoirs publics car cela demande un certain savoir-faire. Je pense l'avoir prouvé au moment de la faillite de la banque Dexia où j'ai su faire comprendre aux pouvoirs publics qu'il fallait écouter les entreprises qui travaillaient pour les collectivités locales. D'ailleurs, nos métiers sont liés aux commandes des collectivités locales bien davantage qu'à celles de l'Etat.
Quant au dialogue social, pour moi, ce n'est pas une fin en soi. C'est une méthode pour éviter que l'Etat préempte les sujets sociaux. Plus de dialogue social permettra moins de lois ! De plus, je n'ai jamais considéré qu'il fallait absolument parvenir à un accord. Avant toute négociation, il faut se fixer des objectifs à atteindre et tout faire pour y parvenir. C'est ce que nous avons fait avec l'accord sur l'emploi du 11 janvier. A cet égard, à ce stade, je ne suis pas satisfait de la façon dont le texte est transcrit dans la loi sur plusieurs points : la complémentaire santé, les délais préfixes, les durcissements sur les accords maintien dans l'emploi, la consultation des CHSCT ... On va voir comment le texte ressort du Sénat avant de décider ce qu'il convient de faire.

Quelles sont vos priorités pour le Medef ?

Tout d'abord, il faudra une réforme des statuts qui ont vieilli. Cette opération devra se faire en tout début de mandat. Deux mandats de quatre ans comme président me paraissent suffisants. Il faudra aussi revoir les liens avec les Medef territoriaux qui se sentent délaissés et leur donner les moyens d'une action efficace. C'est ce que j'ai fait à la FNTP avec nos instances territoriales.
Ensuite, il faut absolument que le Medef reparte à l'assaut sur différents points : la fiscalité sur les plus values de cession d'entreprises ; le taux de marge de nos entreprises qui est tombé à 21% pour les entreprises industrielles ; le fléchage des capitaux vers les entreprises. Et, point très important : il revient au président du Medef de dire à l'Etat qu'il doit absolument freiner les dépenses publiques dont le financement devient intolérable, surtout pour les entreprises.

Si vous êtes élu président que direz-vous à la Conférence sociale ?

Sur ce point, permettez-moi de vous dire que si la conférence sociale a lieu en juin, je n'y serai pas. En effet, mi-juin, Laurence Parisot sera encore présidente pour deux semaines. On sera en pleine campagne électorale. Le Medef aura donc du mal à se faire entendre. Ceci va être contreproductif. Je demande donc aux pouvoirs publics de maintenir le calendrier initial et de tenir la conférence en juillet. Et il faudra absolument que la question du financement des dépenses sociales et donc la réduction des charges sociales pesant sur l'entreprise soient à l'ordre du jour. Au-delà d'une Conférence sociale, j'appelle donc de mes v?ux une « Conférence compétitivité ».
 

  Blogs, vidéos, tweets, analyses...suivez en direct toute l'actualité autour de la bataille du Medef sur notre mini-site dédié

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 19/07/2013 à 13:04 :
Trop de dépenses publiques payées par les entreprises?

Je propose que l'on arrête tout de suite de construire des routes et de financer des transports en commun pour qui permettent aux salariés de se rendre dans les entreprises, que l'on ferme toutes les écoles et les centres de formation qui permettent aux chefs d'entreprises de bénéficier de personnels qualifiés.

On ne peut pas couper le téléphone, l'eau et l'électricité, aux entreprises: c'est déjà largement privatisé. Quant à fermer les hôpitaux, pôle emploi et supprimer les retraites, ça ne défriserait pas le MEDEF puisque de toute façon on s'occupe là de personnes inutiles (des parasites) aux yeux des ultralibéraux. Je veux juste rappeler qu'on devient tous inutile un jour ou l'autre dans cette optique.

Je ne suis pas sûr que tous les chefs d'entreprises apprécieraient les pertes de marchés publics que cela représenterait. Je ne suis pas sûr non plus que le MEDEF ne hurlerait pas si on supprimait toutes les subventions et aides publiques aux entreprises.
a écrit le 15/05/2013 à 12:42 :
A mourir de rire, quand on voit combien les entreprises touchent d'aides de l'état ... les grosses entreprises licencient à tour de bras pour des raisons boursières avant tout et envoient les salariés au chômage financé par l'état ... etc etc ...
a écrit le 23/04/2013 à 8:03 :
en supprimant les aides a la construction par exemple, les taus de TVA allégées,
a écrit le 20/04/2013 à 12:39 :
C'est aussi le "rôle" du medef, quand ça l'arrange....de demander l'intervention de l'état (donc augmentation de la dette....) pour relancer la croissance et par là même le business....parce-que si réduction du budget des administrations..moins de commande d'emploi dans le secteur privé qui est dépendant, en grande partie, de l'intervention de l'état...voilà pourquoi les impôts augmentent, la dette ne diminue pas où si peu. Il faut se rendre à l'évidence, nous sommes dans une économie collectiviste, qui pour continuer à survivre matraque le contribuable..... le gaspillage génère de l'emploi public et privé !!!!
a écrit le 18/04/2013 à 15:54 :
l'emploi est plombé par la dépense publique, le record européen en niveau et effectifs, tout en ayant des résultats en baisse permanente. 2000 milliards de dette créés par l'état, la sécu (les régimes spéciaux), les collectivités..si on avait voté des budgets en équilibre depuis 30 ans, on aurait sans soute 100 milliards d'excédent et un million de chômeurs.c'est le rôle de tous que d'interpeler les élus et de leur dire qu'ils ne font pas leur travail, qu'ils ne gèrent absolument rien, aucune réforme, aucune optimisation d'organisation, la pétaudière administrative qui crée des textes inapplicables à l'infini, aucun management, aucune réorganisation ou à prix d'or en raison des ponts d'or donnés pour éviter tout problème social, des salaires trés élevés surtout en regard de l'absence totale de responsabilité, c'est pas trés compliqué de gérer la garantie de l'emploi, la dépense permanente....aucune culture de pilotage et de gestion, la seule chose qu'ils savent faire c'est dépenser taxer, recruter.... la dépense publique et le monde politico-administratif français c'est le cancer de la france, la transformation de touie la richesse crée en dette, la destruction massive de l'emploi par els charges et impôts... comme rien ne bouge, il est du devoir de chacun de le rabacher pour avoir un petit espoir de réformes et baisse des dépenses salutaires comme l'ont fait la finlande, le québec, la suéde, qui progressent trés bien par cette gestion publique trés pro et trés efficace
Réponse de le 18/04/2013 à 16:11 :
encore du yaka fautqu'on .
a écrit le 18/04/2013 à 15:24 :
c'est bien sur que le MEDEF prenne la parole car c'est quand meme lui qui tient une bonne partie de la bourse aussi je dis qu il faut faire en sorte qu ils puissent pour commencer avoir les mains libres et non pas l Etat qui est toujours en défiicit aussi on ne peut que leurs dire de continuer il arrivera bien un moment ou ils pourront peut etre donnés quelques choses mais pas tout de suite je pense vers la fin 2013 et le debut de 2014 si toutes fois que cela ne s agrave pas mais j ai quand meme un doute pour ces dates;
a écrit le 18/04/2013 à 14:33 :
Eh bé drôle de rôle que celui d'un industriel que de réduire la dépense publique! car du coté de chez nous un industriel de la confiture exige une vraie route pour permettre aux camions un accès plus rapide. L'environnement l'industriel n'en a que faire; Mais l'argent du contribuable pour sa hausse des résultats?
a écrit le 18/04/2013 à 13:45 :
Ahurissant! Des patrons du privé que veulent contrôler les politiques et leurs dicter la gestion d´un pays. Et le MEDEF le dit, en plus, noir sur blanc. Le peuple choisi sont candidat et le MEDEF décide de la marche á suivre pour le bien du peuple, et comme ce sont des philanthropes (je plaisante), alors le peuple va bien. Mais au moins cela á le mérite d´etre clair et de valider ce que nous savons depuis longtemps. La finance et les marchés ont prit le pouvoir sur le politique, et tant que ces derniers ne le reprendrons pas, alors rien ne changera, et les peuples seront toujours les victimes.


a écrit le 18/04/2013 à 11:22 :
Je pense que le Medef est bien en dessous du réquisitoire qu'il aurait dû affirmer , notre pays s'enfonce tout doucement sans que l'ensemble ne s'en aperçois . Quand on voit le temps passé à l'assemblée Nationale des Ministres du gouvernement, on se demande qui fait le boulot dans les Ministères. il faut réformer notre Société , mais cela commence par l'organisation du système politique, si non impossible de modifier la trajectoire.
a écrit le 18/04/2013 à 11:10 :
et si les patrons commençaient de se poser la question de leur part de responsabilité dans les difficultés économiques du pays .les remises en question concernent tout le monde patrons compris . ils savent si bien le demander à leurs salariés . il faut quand même savoir que les patrons français de PME veulent réussir sans se développer et sont sérieusement réticents à l"export. une étude publiée il y a peu de temps explique tout ça .
a écrit le 18/04/2013 à 10:59 :
et après ça vient se plaindre quand la formation, les infrastructure, les services publics ne sont pas au niveau, il faudrait aussi leur dire que ce sont des éléments de compétitivité centraux et cruciaux !
a écrit le 18/04/2013 à 10:47 :
Si vous voulez faire comprendre ce qu'est la gestion à des élus professionnels , aux fonctionnaires, et aux Français en général, bon courage, certain on essayé ?. c'est vous qui voyez.
a écrit le 18/04/2013 à 10:32 :
C'est également le role du Medef de demander aux politiques de véhiculer quelques messages: conseiller aux petits patrons de conforter les fonds propres de leurs entreprises avant de se servir un confortable salaire, des dividendes et d'acheter une belle auto.ceci n'est qu 'un exemple...
a écrit le 18/04/2013 à 9:51 :
Monsieur le patron:Nous avons encore des salaires qui nous permettent encore de partir en vacances, c'est pour quand les salaires qui nous permettent juste de manger...que des pattes ! ?

C'est une recommandation de la BCE : lutter contre contre l'inflation afin de fixer un taux de chômage assez élevé pour garantir des bas salaires.
Réponse de le 18/04/2013 à 12:55 :
Ils n'ont qu'un an au pouvoir,

dans 2 ou 3 ans
a écrit le 18/04/2013 à 9:18 :
Non ce n'est pas son rôle, c'est celui du peuple Français dans son ensemble. Que les grands patrons dirigent dans les coulissent la politique et l'économie de la France (banques, multinationales) on voit le résultat. Son rôle c'est de promouvoir le travail, de réindustrialiser la France et de la faire prospérer et par la même l'Europe et par extension le monde entier en rendant les peuples heureux et non pas en les asservissant à coup de crise économique et de paradis fiscaux et de guerre.
a écrit le 18/04/2013 à 9:07 :
l'etat ....c est un ensemble de fonctionnaires...intouchables .. .on ne saborde pas sa clientèle ....aucune reforme possible et pour longtemps
Réponse de le 18/04/2013 à 11:30 :
Je suis fonctionnaire, archéologue, pas intouchable, détenteur d'un diplôme de troisième cycle universitaire, employé depuis 1988 avec un salaire net de 1780 euros par mois, je ne plains pas mais je suis las de toute cette rhétorique populiste du fonctionnaire intouchable. Si dans l'absolu je suis d'accord avec "baisser la dépense publique", j'aimerai que l'on se pose la question de la destination de cette argent. Routes, écoles, hôpitaux, armée, police, transport, poste. Les français peuvent être fiers de leurs fonctionnaires et ils rendent un service de qualité à la nation. Transférer aux privés ces services n?enrichira pas les français, on les payera d'une façon ou d'une autre....
Réponse de le 18/04/2013 à 13:34 :
Fautes de frappe ou d'inattention ( déjà peu respectueuses des lecteurs), sinon votre diplôme de 3ème cycle universitaire avec une orthographe aussi approximative est très révélateur du niveau de la formation en France.....

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :