Emplois d'avenir et contrat de génération : peut mieux faire !

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Les deux dispositifs proposés par le gouvernement pour les jeunes ne ciblent pas suffisamment les moins qualifiés et le secteur privé, estime une étude du Conseil d'analyse économique, présentée mardi au Premier ministre.

La politique est ?mal orientée?. L?étude vient du Conseil d?analyse économique (CAE), proche du Premier ministre. Et elle n?est pas tendre avec les deux dispositifs phares du gouvernement pour lutter contre le chômage des jeunes : les emplois d?avenir et le contrat de génération.

En France, les jeunes sont "massivement rejetés", leur taux d'emploi y est 1,5 fois plus faible qu'au Royaume-Uni ou en Allemagne, a relevé Pierre Cahuc, co-auteur de cette étude avec Stéphane Carcillo et Klaus F. Zimmermann, lors d'une présentation à la presse. Ainsi, 1,9 million de jeunes de 15 à 29 ans ne sont ni en emploi, ni dans une école, ni en formation, soit 15% de la classe d'âge en moyenne sur la dernière décennie, et parmi eux 900.000 ne cherchent plus d'emploi, selon l'OCDE. Plus de 40% n'ont pas dépassé le collège, 80% se sont arrêtés au lycée.

?Réorienter? les emplois d?avenir vers le privé

"La solution n'est pas de les placer dans des emplois du secteur public ou associatif dont toutes les études démontrent l'inefficacité du point de vue du retour à l'emploi", estiment les trois économistes.

Les emplois d'avenir, essentiellement ciblés sur ce secteur non-marchand avec une subvention de 75%, "doivent être réorientés vers le privé" pour y financer 120.000 contrats (aidés à 50%), avec une formation "exigeante" à mi-temps, affirme M. Cahuc. Parallèlement, 75.000 pré-apprentissages dans les écoles de la deuxième chance et les centres d'insertion de la Défense pourraient être soutenus, affirme-t-il.

Des contrats de génération à limiter à 1,6 Smic

S'agissant des contrats de génération, "il n'est pas efficace" que l'aide prévue de 4.000 euros s'applique à "tous les jeunes, indépendamment de leur salaire d'embauche", relèvent les économistes. Pour "limiter les effets d'aubaine", ils préconisent de réserver l'aide aux salaires inférieurs à 1,6 Smic.

L'argent économisé, 500 millions d'euros selon leurs calculs, doit aller d'urgence renforcer l'accompagnement vers l'emploi des jeunes les moins diplômés, et notamment les missions locales. Ces dernières, à "l'efficacité très variée", doivent être réformées au préalable et placées sous un "pilote unique", Pôle emploi, suggèrent-ils.

Le RSA dès 18 ans

Mieux accompagnés, les jeunes chômeurs devraient en outre tous pouvoir accéder dès 18 ans au Revenu de solidarité active (RSA socle, environ 460 euros), recommandent les économistes. Alors que le gouvernement a annoncé à la rentrée 2013 une "garantie jeunes" en ce sens, la perception de ce revenu devrait être "conditionnée" à une obligation de recherche d'emploi très contrôlée, un accompagnement personnalisé et si besoin une formation qualifiante, insistent-ils. Actuellement, un jeune de moins de 25 ans doit avoir travaillé deux ans pour toucher le RSA, une condition qui exclut la grande majorité.

Les auteurs appellent par ailleurs à réformer la taxe d'apprentissage pour qu'elle serve à former davantage de non diplômés.

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Commentaires
a écrit le 25/04/2013 à 9:16 :
Quand on veut vider la mer avec une petite cuillère, il ne faut pas s'étonner de ne pas avoir de résultat !
a écrit le 25/04/2013 à 9:13 :
Les jeunes sans qualifications pouvaient trouver un travail lorsque l'industrie se portait bien ou pas trop mal en France. Seule l'industrie, surtout, pouvait les employer.
Maintenant, plus d'industrie, plus d'emploi de secrétaire, de dactylos, d'ouvriers...
La faute aussi à la robotisation, à l'informatique?
Objectif 100 pour cent de réussite au BAC....A quoi ça sert? A fabriquer des chômeurs, des délinquants, des frustrations.
Réponse de le 25/04/2013 à 9:29 :
Avant, il y avait les jeunes qui faisaient des études, et les autres qui allaient en apprentissage dans tous les métiers. résultats tous avaient du travail, les plus mauvais seront éboueurs ou employés municipaux.
a écrit le 25/04/2013 à 8:16 :
une chance que nous ayons le plus fort taux de fécondité d'europe.....continuons à fabriquer des chômeurs!!!!
a écrit le 25/04/2013 à 6:50 :
Le problème serait en partie résolu avec une taxe sur l'énergie pour financer les retraites:cela permettrait de réduire le cout du travail et de donner du travail aux moins formés,en plus des autres avantages.
Réponse de le 25/04/2013 à 7:41 :
Quel joli verbe ! Le seul que connaisse les socialistes français, et dont on voit la terrible efficacité !
a écrit le 25/04/2013 à 6:20 :
Recette du PS pour redresser la France : il faut que les entreprises recrutent des jeunes qui ont glandé à l'école. Ca va certainement dynamiser nos entreprises en période de crise :) Une qualification et de l'expérience sont donc devenus des handicaps pour obtenir de l'aide à l'emploi dans notre pays. Voilà les valeurs que l'on veut inculquer à nos générations futures...
Réponse de le 25/04/2013 à 15:14 :
Très juste ! Et pour compléter le dispositif, il y a le smic et les charges sociales records du monde, plus les l'exception française des 35 heures. Comme ça on est sûr de dissuader les entreprises qui auraient besoin de main d'oeuvre.
a écrit le 25/04/2013 à 0:01 :
Qui figure dans ce pseudo machin CAE ? A les lire, ils n'ont pas dû créer beaucoup d'emploi avec leur propre argent. En résumé, 150 000 jeunes sortent de l'école sans formation chaque année. Comme ils ne peuvent pas rentrer dans la fonction publique, on laisse ces jeunes au privé. Comme on impose des cotisations sociales importantes aux entreprises sur les salaires, celles-ci embauchent de moins en moins et encore moins les jeunes sans bagages techniques. Les technocrates n'ont pas d'autres idées que de donner un rsa sans avenir à ces jeunes. S'ils veulent voir repartir l'emploi, cela passera par tous les jeunes en exonérant de toutes cotisations leur emploi pendant les trois premières années. En attendant, le chômage va continuer à progresser. Ils peuvent se tourner les méninges, le système aujourd'hui est proche de l'arrêt, la grave crise avec. Trop de taxes tuent les taxes. Illusion puis désillusion.
a écrit le 24/04/2013 à 23:01 :
Les ets fran?ses ont les marges les plus faibles d'Europe.
On a casse l'envie d'entreprendre.
Le RSI est une h?sie!
Dc les bo?s ferment ou licencies!
Dc les emplois d'avenir d? test?ans les ann? 80, c mort!
l'?que ce fut d? un d?stre!
Et ouai le changement c maintenant le flan!
Réponse de le 19/06/2013 à 15:11 :
C'est ton clavier qui est cassé non ?
a écrit le 24/04/2013 à 22:31 :
Si on ne prélevait pas tant, on n'aurait pas besoin de rendre de l'argent aux entreprises...et on économiserait des frais de gestion des prélèvements et des dossiers...Trop simple pour notre dispendieuse élite, sans doute.
a écrit le 24/04/2013 à 19:54 :
1/20, pas plus.
a écrit le 24/04/2013 à 19:54 :
Les shadoks, pourtant pas socialistes n'auraient pas fait mieux comme construction de bureaucrate qui espère embaucher des collègues pour contrôler et sanctionner
a écrit le 24/04/2013 à 19:44 :
Du vent et des dépenses publiques supplémentaires. Imbécile une fois de plus...!
a écrit le 24/04/2013 à 19:33 :
Emplois d'avenir... travailler à pôle emploi !
Réponse de le 24/04/2013 à 23:25 :
bien trouvé !

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