Des contrats aidés pour une jeunesse sans avenir...

 |   |  752  mots
Alexis Normand. Copyright. DR
Alexis Normand. Copyright. DR
Derrière les effets d'annonce, le gouvernement n'a rien fait pour changer la donne face au drame bien réel dont souffre la jeunesse sur le front de l'emploi. L'enchainement des statistiques calamiteuses aurait pourtant de quoi alarmer sur l'ampleur de la crise, l'injustice intergénérationnelle, l'échec des politiques de l'emploi... Une tribune d'Alexis Normand, membre de la Fondation Concorde et auteur d'un rapport intitulé « La jeunesse française a-t-elle encore un avenir ? ».

Entre 15-24 ans, un jeune sur quatre est actuellement au chômage. C'est trois fois plus que pour les 25-49 ans. Otages d'un système qui favorise les insiders, retranchés derrière la forteresse du droit du travail, les nouveaux entrants enchainent les contrats précaires. Selon les derniers chiffres de l'INSEE, trois nouvelles embauches sur quatre étaient en CDD. Les actifs de 15-29 ans sont trois fois plus nombreux que leurs ainés à être employés en contrats courts, CDD, apprentissage ou intérim. Malade de sa jeunesse, la France est en crise, mais la plupart des Français ne s'en rendent même pas compte. Avec leur CDI décrochés en des temps meilleurs, les « adultes » se laissent aveuglés par leur filet de sécurité. En attendant, les jeunes demeurent la variable d'ajustement du marché du travail, même s'ils sont en moyenne plus qualifiés que leurs ainés. Une société qui maltraite ainsi sa jeunesse ne croit visiblement plus en son avenir.

Elu sur le thème de la jeunesse, François Hollande demande à être jugé sur l'amélioration effective du sort des jeunes au terme de son mandat. Ils auront peut-être vieilli d'ici là... En début de parcours, la déception est à la hauteur de l'espoir médiocre suscité par une prise de conscience trop tardive. Des « contrats d'avenir » aux « contrats de génération », les annonces donnent le désagréable impression que le gouvernement fait du neuf avec du vieux.

La réédition de gadgets qui ont déjà montré leur inefficacité

Les quelque 150000 « emplois d'avenir » promis par le gouvernement, CDD de 1 à 3 ans accessibles aux jeunes âgés de 16 à 25 ans peu ou pas qualifiés, ne sont que la réédition de gadgets qui ont déjà montré leur inefficacité. L'augmentation des contrats aidés, de 4% des emplois des moins de 26 ans au milieu des années 70 à 25% en 2010, a suivi fidèlement l'augmentation du chômage des jeunes... Avec 75?% du salaire au Smic couvert par l'Etat dans le secteur non marchand, 35?% pour le secteur marchand, ces contrats courts continueront d'accentuer la dichotomie du marché du travail, l'éloignement des jeunes de l'entreprise. En plus d'être inefficace, ils creusent les finances publiques de 1,5 milliards supplémentaires jusqu'en 2015. Est-ce bien raisonnable en période de redressement des comptes ?

Les contrats de générations n'augurent guère mieux, témoignant même d'une méconnaissance affligeante du processus de recrutement en entreprise. Personne n'y conçoit réellement le remplacement d'un senior par un junior, faute de compétence équivalente. En revanche, un bon DRH sait tirer parti des effets d'aubaine fiscale. Le transfert de compétences promis sera invérifiable par l'administration, et aurait pu se faire naturellement sans elle...

La jeunesse mérite mieux que ces petits arrangements

Reste enfin « l'Accord pour l'Emploi », signé en janvier par des partenaires sociaux sans ambition, incapables de s'élever à la hauteur de l'enjeu. S'il donne une flexibilité accrue aux entreprises pour adapter le temps de travail et les salaires en période de crise, il ne propose presque rien pour lutter contre la dichotomie du marché du travail. La taxation des contrats courts, limitée aux CDD, ne sert à rien sinon à augmenter les contrats d'intérim, épargnés par l'impôt supplémentaire. Ces contrats plus précaires génèrent pourtant du chômage, car nul ne peut enchainer plus de deux intérims ou CDD, à la suite. Triste pays où les entreprises organisent méthodiquement des périodes de latence entre deux contrats courts, avant de réembaucher les mêmes personnes pour les mêmes besoins permanents...

La jeunesse mérite mieux. Elle mérite d'aller au-delà des petits arrangements, des calculs politiques et des effets d'annonce. Elle mérite un marché du travail plus ouvert, plus flexible, où l'influence des diplômes pour trouver un premier poste n'est pas écrasante. Elle mérite une deuxième chance. Cela passerait, entre autres, par un contrat unique, permettant aux salariés d'accumuler des droits protecteurs en fonction de leur ancienneté (durée du préavis, prise en compte dans un plan social, etc.), brisant le dualisme du marché du travail sans remettre en cause les acquis. C'est le diagnostic qu'ont fait des gouvernements responsables en Allemagne, en Espagne et en Italie. Pas en France, où la nostalgie des modèles passés est trop grande. « Alors s'assit sur un monde en ruine une jeunesse soucieuse » écrivait Alfred de Musset...

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 29/01/2013 à 9:20 :
Les jeunes pourront compenser leur difficulté à s'insérer dans le monde du travail en investissant dans l'immobilier.
a écrit le 29/01/2013 à 9:07 :
Monsieur, votre article laissait présager de graves lacunes d'analyse que les grossières fautes d'orthographe présentes dans le texte ont confirmé. Je vous invite à réviser les rêgles d'accord du participe passé et de l'utilisation de l'infinitif avant de pérorer sur un sujet qui vous dépasse. Cessez donc de considérer la Jeunesse de ce pays comme naturellement douée, compétente, instruite et systématiquement maltraitée sur le marché de travail. Intéressez-vous à ceux qui réussissent (et il y en a beacoup!) il y a plus à apprendre de ce côté.
a écrit le 29/01/2013 à 8:54 :
Moi ce qui me rend fou, c est de voir les jeunes qui ne sont même pas encore rentres dans la vie active se préoccuper de leurs retraites !!! Ils ne bossent même pas , sont étudiants et pensent plus à ce que sera leur commodités de leur 65 ans que de leur avenir proche de travailleur !!! Mais c est quoi cette mentalité ???
a écrit le 29/01/2013 à 8:52 :
Oups..pour ceux qui n'ont pas su profiter des efforts déployés par la Nation pour les former, le malheur les attend, car retour à une situation acceptable à défaut d'être agréable sera laborieux. Toute ma jeunesse, j'ai entendu mes parents me dire: la seule chose que nous ferons pour toi, c'est de te payer tes études...l'Etat ne saurait faire beaucoup plus, et devrait seriner les jeunes, et leurs parents.., encore au lycée, pour être sur que cette situation est bien comprise!
a écrit le 29/01/2013 à 8:47 :
Drame bien réel dont souffre la jeunesse...c'est avec de telles pleurnicheries que l'on casse la volonté d'aller de l'avant de notre jeunesse. Eh oui, pour se faire une place, il faut se battre, montrer ce dont on est capable et le temps où le tapis rouge était déployé est bien loin. Il n'empêche que lorsque l'on est courageux et que l'on est bien formé, on trouve du travail..Nos jeunes doivent, à comparer avec les temps désormais anciens, sacrifier leurs vacances, oublier les 35 heures, changer de pays, trouver des stages, faire des petits boulots. Et pour ceux qui n'ont pas su profiter des efforts que la Nation a déployés pour les
a écrit le 29/01/2013 à 8:35 :
Le problème de la France aujourd'hui c'est sa natalité. En Allemagne peu de jeunes entre sur le marché du travail chaque année et la majorité des femmes ne travaillent pas. En France c'est mère poule en Allemagne mère corbeau pour celle qui travaille donc abandonne sont enfant. Si la natalité était comme en France et si les femmes travaillaient l'Allemagne serait confrontée au même problème qu'en France.
Réponse de le 29/01/2013 à 9:00 :
Devant un tel raisonnement, la raison s'impose et je m'incline humblement...
Réponse de le 29/01/2013 à 9:42 :
Ce n'est pas un raisonnement mais la réalité documentez-vous.
a écrit le 29/01/2013 à 7:26 :
La jeunesse d'aujourd'hui paie au prix fort 30 ans d'incurie et de mensonges des responsables mais pas coupables. Pourquoi ne pas avoir su protéger à temps - et donc sauver - notre petite et moyenne industrie par des barrières douanières adaptées afin d'atténuer les ravages de la production à bas coûts de pays comme la Chine par exemple ? Maurice Allais, prix Nobel d'économie, ne disait pas autre chose, conscient du désastre en devenir. Même un enfant de dix ans peut comprendre cette évidence criarde entre un coût de production X et un coût de production X multiplié par 10. La jeunesse d'aujourd'hui est donc une génération sacrifiée, désemparée, perdue, ô combien désabusée, comme dans le livre "les corps indécents" sans perspective, sauf l'exil ou la dépression chronique. Le sentiment de révolte des jeunes gens et donc bien légitime et compréhensif. L'horreur économique ne laisse pas la moindre place aux rêves. Et au bonheur ?
Réponse de le 29/01/2013 à 8:53 :
P...n arrete la quoi, je pleure la quoi, je me liquefie la quoi. Une production X la quoi, c'est du cochon la ou quoi la quoi meme que tu nous parles d'une histoire d'o combien des abusees la quoi? C'est du sado la quoi ? Un sentiment comprehensif la quoi, t'es sur qu'il est pas plutot comprehensible la quoi. LOL, Coluche reviens, tu nous manques !!
Réponse de le 29/01/2013 à 9:35 :
A quoi aurait servi de "protéger" notre PMI : même les Français préfèrent acheter chinois ou allemand !
a écrit le 29/01/2013 à 7:14 :
Tiens ! Mais c'est le portrait parfait des soixanthuitards ! Des jouisseurs devenus égoïstes en vieillissant ...
Réponse de le 29/01/2013 à 8:48 :
+1 et on en a bien profite !! Sea sex and sun et du boulot sans probleme a la cle. Un seul regret, on n'avait pas de smartphone mais on etait assez smart sans phone pour se debrouiller. La preuve, malgre vos smarties et smarphones vous en etes encore a nous envier MDR
Réponse de le 29/01/2013 à 9:34 :
+1 ! On en a bien profité et on en profite encore... Jouissons sans entraves et I want my money back :-)
a écrit le 29/01/2013 à 6:50 :
Voici la jeunesse actuelle: les petards, le sexe, les etudes bidons, le fric, la vulgarite, le jeanfoutisme et le socialisme... La jeunesse ne merite que ce qu'elle fait et pour qui elle vote... Merci les profs socialo-anarcho-communistes!
a écrit le 29/01/2013 à 0:57 :
"une jeunesse sans avenir". Bon, on a jamais que ce qu'on mérite et c'est pas en pleurnichant avec le dernier Iphone dans la main droite et la complainte du retraité privilégié que l'on doit à tout prix abattre dans la main gauche qu'on va faire avancer le schimilibilick :-)
Réponse de le 29/01/2013 à 5:50 :
Sur celle-la je vous suis, meme si je me garderais bien de generaliser. Mais ca symbolise assez bien cette generation.
a écrit le 29/01/2013 à 0:46 :
Oui à une Europe des projets, Non à une Europe qui nous met en servage

Extrait publié d'un article publié dans le monde de ce soir :
"Il n?y a pas de progrès à construire une Europe qui supprime les droits des peuples ; il n?y a pas d?enrichissement à fusionner des pays que l?on vide de leur identité nationale. C?est un fait, les intérêts des États sont divergents. L Allemagne mise tout sur l?export, thésaurise ses excédents commerciaux pour gérer son déficit démographique, le tout à l aide d?une monnaie taillée pour elle et de mesures socio-économiques inimaginables chez nous. En France justement, la population augmente, l industrie s est délitée, la monnaie est surévaluée, la balance commerciale est négative. Nous misons sur une armée forte et une diplomatie active, les Allemands parient sur l?OTAN et une diplomatie passive. Nous requérons une hausse de l inflation, les Allemands veulent la maîtriser. Tout nous oppose à nos voisins, et il ne s agit là que du comparatif entre deux nations, dans une Union qui en comprend 27.

Le monde est multipolaire. Les Allemands ?nouveaux partenaires des Russes- l ont compris, les Britanniques le comprennent. Il incombe à chacun de définir ses rapports avec autrui, en fonction de ses avantages propres. La construction européenne est loin d?être achevée, mais elle est déjà en retard sur la marche du monde. Une structure coercitive et anti-démocratique, génératrice d?États-satellites pour une Allemagne qui a su l?adapter à ses besoins, voilà ce que devient sous nos yeux l Europe de Monnet et Schuman. Pas étonnant que les Britanniques souhaitent s en extraire. Le bon sens n?a jamais fait défaut à ce grand peuple"
Excellent cours d'histoire de 1945 à nos jours
http://www.u-p-r.fr/videos/conferences-en-ligne/pourquoi-leurope-est-elle-comme-elle-est
a écrit le 29/01/2013 à 0:11 :
Les contrats aidés sont une vaste ..... mais cela fait du bien au chiffre du chômage ! Nos politiques ne ce soucis aucunement de la population, seuls leurs postes et prérogatives les intéresse. C'est ça l'oligarchie à la française !
a écrit le 28/01/2013 à 22:52 :
La priorité c'est de donner du fric aux vieux : retraite qui augmente avec l'inflation au contraire des salaires des travailleurs, subventions à l'immobilier possédé par les vieux pour maintenir des prix élevés au détriment des jeunes, etc. Les retraités représentent 33% de l'électorat, et un bon gros pourcentage des hommes politiques en général et des sénateurs en particulier, alors les jeunes tout le monde s'en fout...
Réponse de le 29/01/2013 à 5:36 :
Plus facile de vouloir piquer le fric des vieux que de se bouger pour creer son entreprise.
Mais la il faut travailler 15 heures par jour , sacrifier ses week ends, emprunter en donnant tout son patrimoine en garantie, se battre contre les administrations, chercher des clients, se faire payer, apprendre les 12 000 pages du code du travail, et tout cela pour payer 75% du gain ( s'il y en a ) à la sortie. Et ca , un jeune ne sait pas faire. Donc il restera pauvre.
a écrit le 28/01/2013 à 21:38 :
La jeunesse merite d aller a l etranger. Pour financer les retraites on verra
a écrit le 28/01/2013 à 20:52 :
Personnellement je suis un "insider" de 35 ans, mais j'ai voté Hollande pour son programme pour la jeunesse . Il me déçoit :contrairement à ce que prétendaient les médias pendant la campagne, il est fidèle à sa caricature, mou et technocrate.
Réponse de le 29/01/2013 à 6:38 :
Il faut pas beaucoup de sens commun ou de maturite pour se faire encore berner par les politiciens a...35ans! Surout par la gauche Francaise demagogique. Mais je vais surement vous surprendre encore: n'attendez rien d'un president quelqu'il soit, mais creez plutot votre propre entreprise et on reparlera de votre situation et reve!... Bon courage! Cordialement-
a écrit le 28/01/2013 à 20:16 :
Quelques vérités dans cet articles, une législation du travail complètement inadaptée alors qu'elle devrait être souple pour coller au plus près au besoin du monde du travail; cela n'empêchera pas le gouvernement d' en rajouter encore.
a écrit le 28/01/2013 à 18:39 :
Le reproche à faire à cette socioété, c'est qu'il ne reste rien à celui qui veut entreprendre, le cash est pompé par l'état. Il y a 30 ans un salarié sérieux pouvait "mettre de côté" un petit pécule pour se lancer dans le commerce ou l'artisanat! aujourd'hui tout est pompé pour faire fonctionner un état en déliquescence! il y a 40 ans une entreprise produisait du capital, maintenant elle est exsangue !
a écrit le 28/01/2013 à 17:36 :
L'herbe est toujours plus verte ailleurs. Je partage pour autant le diagnostic. Pour la conclusion, je crois qu'il est vaut mieux etre modeste. L'Allemagne tire son epingle du jeu mais sela ne se limite pas au chomage des jeunes.
Réponse de le 28/01/2013 à 18:23 :
Je confirme que l'herbe est bien plus verte ailleurs...la France est totalement incapable de se relever et de se réformer trop de fonctionnaires, trop d'assistanat et au final pas assez de liberté...la France tu l'aimes ou tu la quittes...j'ai déjà fait mon choix et je ne regrette pas :)
Réponse de le 28/01/2013 à 18:51 :
@germania, les même poncifs habituels débiles, bien content que tu sois parti!
Réponse de le 28/01/2013 à 18:55 :
Germania, totalement d'accord avec vous. Il est rapidement devenu impossible "d'aimer" la direction que prend notre pays sous cette "direction" de doctrinaires du 19° s. Ce qui d'ailleurs n'empêche en rien d'aimer son pays, même vu de l' étranger. On décourage l'initiative par tous les freins de la bureaucratie et par des niveaux de charge et de taxation débiles et on "pousse" naturellement notre jeunesse le mieux formée et la plus dynamique à aller voir l'herbe verte ailleurs pour s'épanouir et créer, en travaillant...!!! beaucoup plus que les 35 h "sacrées".... sans toute cette pesanteur malsaine. Bientôt ne resterons que les jeunes qui "ne peuvent" s'expatrier....!!!
Réponse de le 28/01/2013 à 21:41 :
En meme temps rpr tu vois autres choses ? Let me know ?
Réponse de le 28/01/2013 à 21:54 :
@RPR : Charges patronales en Allemagne : 19.1%, en France : 51.7%, au Luxembourg : 12.25% ... Tout est dit ...
Réponse de le 29/01/2013 à 6:46 :
@ RPR : Germania n'est ni seul ni une exception: sur trois enfants, deux de ma famille se sont desormais expatries... dont l'un d'entre eux a monte sa propre boite a l'etranger (10M, 8 employes)... et ce ne sont pas ceux avec les "meme poncifs habituels debiles", bien au contraire... Mais bon, bonne chance a vous si vous etes si intelligent! Un conseil: arretez la jalousie et acceptez donc la realite!

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :