Les dépenses de soins non remboursées dans le collimateur

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Copyright MARC LE CHELARD/AFP (Crédits : MARC LE CHELARD/AFP)
Jusque là, aucun organisme n'était chargé d'évaluer les dépenses de santé non remboursées par la Sécurité sociale. C'est désormais chose faite avec le lancement lundi 27 mai de "l'Observatoire citoyen des restes à charge en santé". Mais sa création, venant s'ajouter à celle d'un observatoire national sur le même sujet, ne fait pas l'unanimité.

Combien cela coûte-t-il vraiment de se faire soigner ? Tous les patients ont-ils la possibilité d'échapper aux dépassements d'honoraires ? C'est pour répondre à ce type d'interrogations qu'un Observatoire indépendant des pouvoirs publics vient d'être lancé ce lundi 27 mai. "Cela manquait. Il n'y a pas de suivi permanent de l'ensemble des "restes à charge", a expliqué la présidente du Collectif inter associatif sur la santé (CISS), Claude Rambaud, citée dans le Monde datée du 28 mai. En association avec le magazine 60 millions de consommateurs et la société spécialiste du risque santé Santéclair, le CISS entend évaluer de façon indépendante le coût des soins, hors montants remboursés par la Sécurité sociale.

Accès aux chiffres de l'Assurance maladie

Cela inclut les dépassements d'honoraires, mais également les franchises et autres forfaits. L'Observatoire a accès à la base de données de l'Assurance maladie par l'intermédiaire du CISS, ce qui devrait lui permettre d'avancer des chiffres fiables.

Pour marquer son lancement, il publie ce 27 mai un premier panorama département par département. Il constate ainsi que tous les patients ne bénéficient pas d'un accès égal aux soins. Pour consulter un gynécologue par exemple, il peut s'avérer difficile de trouver un praticien libéral en secteur 1 (tarif Sécu). En effet, 85% des gynécologues de Paris, des Yvelines et du Rhône sont en honoraires libres. Une consultation dans un cabinet parisien coûte en moyenne 65 euros de plus que le tarif Sécu, contre 30 euros supplémentaires en Corrèze. En moyenne, toutes spécialités confondues, le dépassement d'honoraire s'élève à 37,37 euros à Paris, contre 15,90 euros sur l'ensemble de la France. Les chirurgiens, les gynécologues obstétriciens et les ophtalmologistes s'avèrent particulièrement concernés. Et la tendance globale apparait assez nette : les dépassements d'honoraires ont augmenté de 9% en deux ans, atteignant 2,1 milliards d'euros l'an dernier, d'après l'organisme créé ce lundi.

"Un tribunal inquisitorial"?

La création de cet Observatoire indépendant des pouvoirs publics ne fait pas l'unanimité. Son lancement a même déclenché l'ire de la Confédération des Syndicats Médicaux Français (CSMF), premier syndicat médical français. Dans un communiqué de presse diffusé lundi, elle "dénonce un tribunal inquisitorial dans lequel sont amalgamés les restes à charges liés aux forfaits journaliers, franchises et déremboursements décidés par les gouvernements successifs et les compléments d'honoraires". Elle conteste l'association des complémentaires santé de Santéclair (prestataire de services accompagnant les complémentaires santé) avec le CISS, qui a ainsi accès par son intermédiaire aux données de l'Assurance maladie, en principe inaccessibles aux complémentaires.

Et ce n'est pas fini. Un autre observatoire est en cours de création dans le même domaine qui doit regrouper l'Assurance maladie, l'Union nationale des organismes d'assurance maladie complémentaire (UNOCAM), les syndicats médicaux représentatifs et  des représentants de patients. Son instauration est programmée depuis un accord passé au mois d'octobre. Depuis, cette observatoire national est (toujours) en cours de création.

En principe, il est prévu que le CISS fasse partie à la fois du premier et du second observatoire. Celui national - prévu en octobre - devrait "regarder plutôt la rémunération des médecins", alors que l'observatoire "citoyen" "va regarder plutôt l'accès aux soins" selon la présidente du CISS. Mais la CSMF ne manque pas de souligner cette participation aux deux organismes et incite le Collectif inter-associatif à choisir entre l'un ou l'autre.

avec AFP

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a écrit le 28/05/2013 à 11:26 :
On pourra compter sur les médecins qui ne font plus de la médecine pour l'humain mais un moyen de faire du business pour développer les soins non-remboursés et augmenter leurs honoraires qui sont stratosphériques si l'on compare les revenus moyens à la population françaises. Money ! money ! voilà comment vous accueille les médecins aujourd'hui.
Réponse de le 28/05/2013 à 13:12 :
Bientôt vous n'aurez plus de médecins. écrasés par les charges et les primes d'assurance ils feront faillite comme la France. Essayez simplement de comprendre comment fonctionne un cabinet médical de généraliste ?
La nullité économique de nombreux Français est sidérante...!
Réponse de le 28/05/2013 à 14:06 :
Faites la comparaison entre le passage chez le coiffeur et la consultation d'un médecin, le niveau d'étude de chacun et les responsabilités. Je ne pense pas qu'ils soient trop payé.

Quand admettra t on qu'il est normal que les études longues soient rémunératrices comme les responsabilités? A vouloir baisser les rémunérations nous n'aurons plus que des bac -10 payé au lance pierre, pendant que nos voisin seront heureux d'accueillir nos diplômés et les paieront correctement.

Baisser le salaire des uns n'a jamais augmenté le salaire des autres. Robin des bois est une histoire pour enfants.
Réponse de le 28/05/2013 à 15:20 :
Des médecins avec des responsabilités ? Combien de médecins sont en prison pour des erreurs médicales aucun et rayés de la liste insignifiant... Certes, un salaire juste pour les compétences mais la durée des études ne peuvent pas donnés lieu à des hauts salaires quand l'exercice se fait dans un secteur dépendant de l'état qui paye et la collectivité. Rien à voir avec les professions libérales dans le secteur marchand qui connaissent la défection et les impayés des clients. Pour les assistés de la médecine, il n'y a pas de la place pour ceux qui veulent rouler en 4X4 et porter une Rolex... Pour faire du business et des euros faut faire un autre métier !
a écrit le 28/05/2013 à 7:26 :
Quelle utilité d'un système qui coute de plus en plus cher aux "cotisants" mais qui rembourse de moins en moins. On finira bien un jour par payer très cher pour aucun remboursement et même la le trou de la sécu continuera de s'agrandir.
La journée "cadeau" des salariés pour aider nos anciens est encore un constat déplorable puisque tout l'argent de cette journée n'est pas affectée pour les anciens.
Comme dénonçait dans un livre un ancien directeur de caisse, ce qui est considéré comme un détournement dans le privé devient une simple dérive dans le public mais les auteurs de ces dérives ne sont jamais connus et ne risquent pas grand chose.
a écrit le 28/05/2013 à 0:56 :
Combien d'observatoires coûtent combien? "ll est prévu que le CISS fasse partie à la fois du premier et du second observatoire". L'état socialiste crée des observatoires sans objectif dans tous les domaines. Ce dernier paraît dénué de sens puisqu'il doit simplement éplucher les remboursement de la SS, ce que les ordinateurs de la SS sont capables de faire instantanément. La gabegie socialiste continue.
Réponse de le 28/05/2013 à 7:42 :
Cela permet de créer des postes pour les copains.
a écrit le 27/05/2013 à 22:00 :
"Combien cela coûte-t-il vraiment de se faire soigner ?" Ben c'est gratuit, non ? Sauf que la mutuelle, il faut bien y mettre des sous, donc pas si gratuit que ça. Et la Sécu, on y cotise.
Les primes versées aux 'bons' médecins (pas le mien, en ai pas), par hasard, ça ne viendrait pas des "franchises" retenues à chaque visite (1?) ou boite de médicaments délivrée (0,5?) ?
Ça se simplifiera quand tout ce bazard ?
a écrit le 27/05/2013 à 20:19 :
qui est ce qui va financer in fine ce nouvel observatoire inutile? y a t il des copains de gens ' suffisamment haut places' dedans ? avec quelle couleur politique? pour le reste je ne comprend pas qu'on ne demande pas a tous les rmistes de s'improviser gynecologues... les francais sont tous egaux, non? ( pour les revenus ET pour les qualifications, temps de travail, etc...); ca resoudrait le pb en 5 mn ' facon egalitarisme a la francaise'
a écrit le 27/05/2013 à 19:50 :
Sans compter les patients de plus en plus nombreux qui ont recours à l'automédication pour gagner du temps. Consulter un médecin n'est pas à la portée de tous en termes de temps...
a écrit le 27/05/2013 à 19:23 :
On dit plus commission mais observatoire dans le monde de flamby, le roi du 1 000 feuilles législatif!
Et nous on paye comme des veaux!
Réponse de le 28/05/2013 à 9:54 :
je complète. Haut comité de réflexion, conférence de méthode... Il ne manque plus que l'observatoire de la connerie. pendant ce temps, la France coule...!
Réponse de le 28/05/2013 à 12:53 :
+1 pour votre Observatoire de la connerie !

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