Complémentaires santé : les mutualistes ne se laisseront pas faire !

 |   |  711  mots
Copyright Reuters
Copyright Reuters (Crédits : DR)
Alors que le projet de loi sur la sécurisation professionnelle devrait être définitivement votée ce mardi par le Sénat, les mutualistes s'indignent contre une des modalités de son article 1, permettant aux branches professionnelles de désigner une complémentaire santé commune à toutes les entreprises qui lui sont affiliées. Ce mardi, les "abeilles" - salariés de petites mutuelles ou de courtiers - se rassembleront devant le Sénat pour demander le retrait de ces clauses de désignation, qui menacent selon eux 40.000 emplois. Pour le président de l'Association Diversité et Proximité Mutualiste (ADPM), Jean-Louis Span, ce "diktat ministériel" serait, de surcroît, contraire aux principes de fonctionnement de la République...

En 2013, plus d'un Français sur deux est mutualiste. La Mutualité, matrice avant-gardiste de la Sécurité Sociale créée en 1945, est sans conteste la progression sociale la plus importante du XXème siècle en France. Toujours premier opérateur en complémentaire santé, l'organisme fait mieux que survivre, avec près de 55% de personnes protégées. Son utilité économique et sociale est plébiscitée par des millions d'adhérents qui se retrouvent dans les valeurs d'humanisme, de solidarité et de proximité qu'elle s'attache à faire vivre depuis plus d'un siècle sur la base du libre choix, conception fondamentale inscrite dans l'ADN du mouvement mutualiste, constitutif de son originalité, de son projet et de ses combats.

A l'aune des débats parlementaires sur la loi de sécurisation professionnelle et de la réintroduction à marche forcée des clauses de désignation dans l'article 1, les mutuelles, les salariés du courtage et des agents généraux se mobilisent depuis plusieurs semaines dans la rue pour défendre leur avenir mais, par-dessus tout, le libre choix de la complémentaire santé pour tous, enjeu de société. Un modèle de société de personnes économiquement et socialement viable, qui ne souffre pas d'être à la merci d'un diktat ministériel confiscatoire qui tourne le dos de manière éhontée et cynique aux principes de fonctionnement de la République.

Une mesure qui ne fait pas l'unanimité
Ce mardi 14 mai, la discussion parlementaire entre dans sa dernière ligne droite avec un nouvel examen du texte au Sénat, le mot final revenant à l'Assemblée Nationale. Force est de constater que la mobilisation des acteurs n'est pas vaine, après le sursaut démocratique des Sénateurs du 17 avril dernier. Sursaut de courte durée, la commission mixte paritaire ayant réintroduit les clauses de désignation retirées 8 jours plus tôt. La mobilisation du 6 mai a rallié à la cause du libre choix de nombreux parlementaires, dont le Président socialiste de la Commission des lois à l'Assemblée, Jean-Jacques Urvoas, qui a publiquement pris position pour le retrait de ces clauses, en rappelant qu'elles ne figuraient pas dans le projet initial signé par les partenaires sociaux et qu'elles étaient contreproductives pour l'économie du secteur.

Parmi les parlementaires et les experts du secteur, des voix de plus en plus nombreuses s'élèvent aujourd'hui pour dénoncer les effets délétères de ces clauses de désignation, si elles venaient à rester en l'état : destruction significative d'emplois, fragilisation économique pour les salariés, recul du dialogue social dans l'entreprise, mise à mal de la solidarité nationale, concentration des risques au niveau des branches sur les assureurs désignés, contentieux en nombre qui ne manqueront pas de naître des conflits d'intérêts entre des syndicats prescripteurs et gestionnaires...

La solidarité contre les inégalités
La conception mutualiste défendue sans équivoque depuis la fin du XIXème est celle de la liberté subsidiée, à savoir l'engagement volontaire des cotisants, encouragé par l'Etat. L'attachement des mutualistes à une prévoyance libre et volontaire n'est pas étranger à la force du modèle mutualiste : elle permet de mutualiser le risque et de faire jouer la solidarité intergénérationnelle, seul rempart aux inégalités qui ne cessent de croître dans notre pays.

L'offre renouvelée de quelque 650 mutuelles, dont plus de 300 petites et moyennes structures au plus près de l'organisation économique et sociale de bassins de vie, permet aux salariés, mais aussi aux retraités, étudiants, chômeurs, intérimaires de bénéficier d'une couverture sociale complémentaire librement choisie, adaptée à leurs besoins.  Les mutualistes et les intermédiaires du secteur ne resteront pas inactifs face à ce recul social, aux atteintes graves portées à la solidarité née de la sécurité sociale. Elles iront jusqu'au bout pour faire triompher, à l'instar des déclarations du Président Hollande au congrès de la Mutualité de Nice en octobre 2012, l'intérêt général et créer les conditions d'une réelle complémentaire santé pour tous.

 

Jean-Louis SPAN est Président de l'Association Diversité et Proximité Mutualiste,  2ème force mutualiste de France, représentant les petites et moyennes mutuelles
 

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 27/05/2013 à 16:08 :
Après le lobbying sans succès des députés et sénateurs, place au Conseil Constitutionnel : à lui de dire si cet article 1 respecte ou non "l'esprit des lois" françaises. Croisons les doigts pour que les complémentaires santé ne deviennent pas un nouveau monopôle...
a écrit le 16/05/2013 à 9:15 :
Entre les clauses de désignation qui sont supprimées puis réintroduites dans le texte et le manque de solidarité généré par une couverture obligatoire ne concernant que les salariés du privé, l?Accord National Interprofessionnel a de quoi faire réagir.
Certes, cela représente pour cette partie de la population une vraie avancée sociale. Cependant, les populations les plus précaires (chômeurs, retraités et étudiants) ainsi que les salariés du public et les indépendants ne sont nullement concernés. Les injustices sociales risquent de se creuser davantage. Que fait-on alors de la promesse de F. Hollande faite lors du congrès de Mutualité ? Si l?on en croit ses paroles tout le monde devrait avoir une complémentaire santé d?ici 2017? mais on dirait bien que c?est mal parti.
Et nul n?est besoin de rappeler que les clauses de désignation vont surement provoquer des dégâts sur le secteur mutualiste. Que deviendront les salariés des petites voire moyennes mutuelles ? En fait, l?accord favorise clairement les grands groupes et instituts de prévoyance au détriment des PME du secteur. De quoi creuser encore les inégalités !
Protéger les emplois et garantir l?accès à la santé pour tous doit être la priorité du gouvernement ! http://leblog.mutuelledefranceplus.fr/notre-mutuelle/presse-a-communiques/26-actualites/438-la-generalisation-de-la-complementaire-c-est-plus-d-exclus-que-d-inclus.html

Lucie
Community Manager de Pour une santé solidaire
https://www.facebook.com/pourunesantesolidaire
a écrit le 14/05/2013 à 21:23 :
Derrière les mutuelles, il y a beaucoup d'argent, de syndicats et partis politiques de gauche comme de droite.

Généraliser et rendre obligatoire les mutuelles c'est renforcer et pérenniser la manne financière...
Réponse de le 14/05/2013 à 21:42 :
Cette manne financière repose entièrement sur l'inefficacité du système. Mettre les mutuelles en concurrence ne sert à rien, elles ne pourront jamais réduire leurs frais de gestion à zéro, or cela ne couterait rien de plus en frais de gestion si le régime principal d'assurance maladie remboursait en une fois les frais médicaux remboursés aujourd'hui par deux régimes distincts.

Mais comme vous l'écrivez, il y a beaucoup de gens qui vivent de cette manne, donc cela n'est pas près de changer.
a écrit le 14/05/2013 à 18:22 :
La généralisation de la complémentaire santé à tous est une aberration. Pourquoi demander à deux organismes distincts de se partager la tâche de rembourser les frais médicaux ? Tant que la complémentaire santé est facultative on peut objecter que cela introduit une souplesse entre ceux qui veulent de bons remboursements et ceux qui préfèrent cotiser moins. Si la complémentaire santé devient obligatoire, cela signifie simplement que tous les frais de gestion sont dupliqués sans aucun bénéfice en termes de flexibilité. On pourrait obtenir le même résultat pour moins cher en augmentant le taux de remboursement de l'assurance maladie. Bien sûr il faudrait cotiser plus, mais les complémentaires santé ne sont pas gratuites.
a écrit le 14/05/2013 à 10:12 :
Pourquoi donner tant de pouvoir à des syndicats qui ne représentent malheureusement pas grand chose ?
Il serait préférable de faire augmenter la représentativité syndicale, quitte à laisser se créer de nouveaux syndicats concurrents du syndicalisme historique.
a écrit le 13/05/2013 à 21:18 :
QUESTION!!!!
SAVEZ VOUS DE COMBIEN EST L'ENCOURS DES MUTUELLES
REPONSE!!!!!!
ENVIRON 40 MILLIARDS
QUESTION!!!!!!
SAVEZ VOUS COMBIEN LES MUTELLES REMBOURSE CHAQUES ANNEE
REPONSE!!!!!!
ENVIRON 1 MILLIARDS
NON DE DIEUX OU SONT PASSE LES 39 MILLIARDS
REPONSE!!!!!!
SPECULATION ET PLACEMENT BOURSIER
JE DEPENSE PLUS DE 500 EUROS CHAQUE ANNEE de mutuelle (pas de remboursement car rarement malade) mais chaque année une augmentation de l'orde de 5%.
Alors messieur et madame les politques ouvraient les yeux et arrêt de tapez sur les banques et occupez vous de c gents SINON gare à vous............(ou je serai tentez par le côté obscure en 2017 )........
Réponse de le 13/05/2013 à 21:35 :
Quelle culture ! Tous les chiffres par c?ur ! On évitera de parler de l?orthographe ! Tous les chiffres par coeur, mais venant d'un probable demeuré, il faut s'en méfier ! Jamais malade : vous êtes sûr que dans la tête tout fonctionne bien ? Les 500 ? il faut les adresser directement à l'hopital Sainte Anne, il vous les rembourseront un jour au centuple ! Excellent placement pour vous.
Réponse de le 13/05/2013 à 23:07 :
GAUCHISTE
Réponse de le 13/05/2013 à 23:43 :
Obligé de donne raison @ AUX NAZES. Les mutuelles sont une usine à fric !
Réponse de le 14/05/2013 à 10:35 :
+ 10000000 !
a écrit le 13/05/2013 à 20:48 :
"les valeurs d'humanisme, de solidarité et de proximité": ceux qui travaillent dans les mutuelles décrivent souvent le contraire...
a écrit le 13/05/2013 à 18:45 :
les mutuelles : trop d'employés, trop bien payés, trop de beaux locaux bien placés, trop de loges VIP au stade de France, trop de budget de pub, trop de bateaux sponsorisés dans la course du Rhum, trop d'argent reversé aux partis politiques...etc etc...
Réponse de le 13/05/2013 à 19:23 :
Je suis employé dans une mutuelle, et je peux vous dire que je suis loin d'être "trop bien payé"...
Réponse de le 13/05/2013 à 19:25 :
Votre dogmatisme vous fait écrire n'importe quoi ! J'ai une excellente mutuelle santé et je ne vois aucune trace de toutes vos balivernes...
Réponse de le 13/05/2013 à 19:31 :
C'est marrant : ce qui n'ont pas de mutuelle jalousent souvent les salariés qui ont des mutuelles parce qu'ils sont bien remboursés. Ca se traduit par des accusations politiques (tous des communistes...), par des accusations de mauvaise gestion (ca finance les manifs, les arr^ts de travail de tous ces feignants...) .. Au lieu de râler de ne pas profiter d'un système efficace, exigez le !
Réponse de le 14/05/2013 à 9:13 :
Ce que vous dites est exact, mais cela tient plutôt au faux capitalisme de copinage qui permet à certaines entreprises d'offrir de bien meilleures conditions salariales et annexes que les autres. Cela ne justifie en rien les dérives de certaines mutuelles, et elles sont nombreuses, ni cette loi scélérate qui une fois de plus créé une barrière d'entrée favorable aux mêmes et de futurs monopoles tout aussi dommageables pour les contributeurs obligatoires. Trouver que ceux, qui directement et indirectement financent les avantages que d'autres auront et eux pas, soient outrés par cet état de fait ne me parait pas très critiquable.
a écrit le 13/05/2013 à 18:30 :
Je ne comprend absolument pas l'intérêt d'une complémentaire obligatoire !!! en effet, cela revient à déléguer une partie de la sécu à des complémentaires privés, et dont en plus le choix serait imposé par une commission entre amis au sein de chaque branche pro !!! et surtout, anti-sociale au possible, cette réforme accroitra la rupture entre les salariés selon la branche d'activité (le textile aura-t-il les même garanties que les fonctionnaires, par exemple), mais encore plus la rupture avec les non-salariés (indépendants, retraités, étudiants, chômeurs, ...) ... BRAVO la gauche !!
a écrit le 13/05/2013 à 18:05 :
Cette mesure est parfaitement cohérente avec les idées socialistes : le but de la manoeuvre est de transformer un système libre et volontaire en un système monopolistique et obligatoire, sur le même schéma que... la sécu, avec le résultat éclatant qu'on lui connait. N'oublions jamais que la marque de fabrique du politicien français (aussi bien de droite que de gauche) est la haine de la liberté individuelle et de l'initiative privée, et son pendant l'amour des monopoles et des rentes de situation. Les Français veulent toujours plus d'Etat-nounou, et bien ils l'ont, et l'Etat ne sait faire qu'une chose : restreindre la liberté de choix. La seule question qui me fascine, c'est comment les Français peuvent vouloir encore de ce genre de délires collectivistes, compte tenu du désastre créé depuis 40 ans par la mainmise de l'Etat sur tout ce qui bouge ?
a écrit le 13/05/2013 à 17:35 :
Halte au monopole de la sécu ! Le mot générosité a tellement été dévoyé par les tenants de ce monopole, encore une exception française, qu'il n'a plus aucun sens aujourd'hui ! La France est en infraction avec les directives européennes qui ORDONNENT depuis 1992, sans résultats, leurs transpositions dans la loi française. ==le monopole de la Sécurité sociale a bien été abrogé par les directives européennes 92/49/CEE,
92/50/CEE, 92/96/CEE. Ces directives ont été signées par tous les gouvernements en 1992, et ces directives n'ont été transposées dans le droit français qu'en 2001. ===
http://www.claudereichman.com/mlps.htm
a écrit le 13/05/2013 à 16:42 :
40 000 emplois... Peut-être vaudrait-il mieux que la Sécu rembourse la totalité des frais médicaux...
Réponse de le 13/05/2013 à 17:21 :
c'est vrai, j'ai une mutuelle, elle ne rembourse que les médicaments vignettes blanches et bleues. C'est tout. Le fisc devrait controler un plus plus leurs gestions, des assemblées
qui coutent "bobon" des A générales aussi, des voyages et des aides,s ecours en tout
genre.
Réponse de le 13/05/2013 à 17:50 :
Changez de mutuelle.
Ces mutuelles sont des sociétés de personne, élues... Suffit de faire entendre votre voix de sociétaire aux AG, cela sera plus utile qu'ici tout en vous soulageant autant...
Réponse de le 13/05/2013 à 20:08 :
Parceque aux AG on vous écoute ? On parle de chiffre de codes et lorsque vous
ralez et bien l'année suivante vous êtes oublié, une rreur informatique. Une autre
mutuelle qui avait voulu avoir sa maison de retraite, les hausses ont été de plus de+
50 % réponses a des personnes il y a trop de personnes agées ? J'ai des enfants à
la MGP MGEN, si les mutuelles ne changent pas je ne leurs donne pas dix ans,
moi je me soigne beaucoup^par moi même,je fais mes Teintures méres. des médicaments
non remboursés ont été davantage pour faire des économies qu'autre chose. LOrsque
jadis la sécu sert pour les 35 heures, et si nous manquons de médecins il y a 14/15 ans
j'ai pris des copies du JO des ministres de l'époque qui ont réduits le nombre
Réponse de le 14/05/2013 à 10:36 :
tout à fait de votre avis! + UN
a écrit le 13/05/2013 à 16:30 :
Ce que l'on peut leur reprocher c'est de suivre les tarifs baissiers des remboursements sécu sur beaucoup de médicaments. Et de faire ainsi du bnf sur le dos des assurés

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :