Université du Medef : les entrepreneurs rêvent de souplesse et de confiance

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Les membres du Medef rêvent de confiance (c) Marina Torre
Les membres du Medef rêvent de confiance (c) Marina Torre (Crédits : Reuters)
Dans les allées du campus d’HEC Paris, où a débuté ce matin l’université d’été du Medef 2013, les acteurs économiques confient leur point de vue sur l’entrepreneuriat en France. Interviews croisées.

Faire des constats, en tirer des conclusions et identifier les opportunités qui s'offrent à eux : tel est le programme des entrepreneurs dans le cadre de l'université d'été du Medef. La Tribune a donc saisi l'opportunité de cette concentration de chefs d'entreprises et d'acteurs de la vie économique pour essayer d'identifier leur regard sur l'avenir de l'entrepreneuriat en France. A partir de trois questions, les entrepreneurs rencontrés au gré des allées se sont livrés.

La Tribune : Le Président du Medef, Pierre Gattaz, aime à employer un vocabulaire guerrier parlant par exemple d'un « Medef de combat, de conquête et de pédagogie ». Selon vous, quelles doivent être les « armes » des entrepreneurs pour faire face à la situation économique ?

« La force, c'est l'entrepreneur lui-même » estime le Président d'une société de transport de 700 personnes. D'après lui, ce qui fait leur force, c'est leur optimisme, leur volonté, leur courage. « Mais ils ont besoin de sentir un soutien de la part du gouvernement, poursuit-il. Il faut par exemple aller plus loin que le CICE et alléger davantage les charges, par des mesures immédiatement applicables, en particulier pour aider les PME ».

« Pour moi, l'arme est d'abord psychologique : c'est la confiance » confie Francis Gilles, Directeur des services à la présidence des élus de la CCI France. La clé, estime-t-il, c'est d'avoir confiance à la fois en la France et en soi. « Et elle peut s'acquérir ! » martèle-t-il, résolument optimiste. Pour lui, il faut faire évoluer notre système d'éducation pour faire germer davantage le goût de l'innovation, dès les bancs de l'école.

Un point de vue que partage Laurent Cauvet, en charge du marché des seniors chez Netino, une société du domaine du web qui offre ses services dans la gestion de relation client via Internet. « Il faut intégrer la culture économique dès l'enseignement à l'école ». « Enseigner très tôt comment l'on crée et comment fonctionne une entreprise ! » complète Daisy Dourdet, Présidente nationale du réseau « Entreprendre ensemble » et ancienne dirigeante d'une PME du secteur automobile.

Ce 28 août 2013 marque le cinquantième anniversaire de la célèbre formule de Martin Luther King, « I have a dream …». Quel serait votre rêve à vous pour l'avenir de l'entrepreneuriat en France, dans les mois à venir ?

« On veut espérer qu'une entreprise bénéficie de souplesse pour pouvoir s'adapter à son marché » lance Roland Wardini, Directeur général de l'hôtel Mercure à La Défense et Président du Groupement National des Chaînes Hôtelières (GNCH). Il considère qu'il faut œuvrer pour plus de flexibilité et réduire les lourdeurs administratives. « Pourquoi ne pas s'inspirer des pays étrangers pour aller vers un contexte favorable à la création de petits emplois (peu qualifiés, pas forcément à plein temps , ndlr), dans les services par exemple ? » interroge-t-il.

Un autre entrepreneur, exerçant dans le secteur des transports, complète : « Il faudrait arriver à libérer les énergies, on a besoin de sentir de l'enthousiasme, et pour cela, il faut prendre des mesures montrant qu'on favorise le risque, la flexibilité, les recrutements » avance-t-il.

« J'ai envie de croire en la jeunesse » lance de son côté Francis Gilles. « Mon rêve c'est que les Français aiment leur entreprise ! » s'écrit à son tour Daisy Dourdet, du réseau « Entreprendre ensemble ».

Pour entreprendre, la confiance en l'avenir est essentielle. Que faire pour motiver les jeunes, leur inspirer ce goût d'entreprendre ?

« Jouer sur l'apprentissage ! » répond l'hôtelier Roland Waroni, considérant qu'il n'y a pas meilleur moyen de donner le goût d'entreprendre à un jeune que de lui faire découvrir le monde de l'entreprise le plus tôt possible. « Pour l'instant l'apprentissage reste trop timoré » estime-t-il.

Pour faciliter le cheminement des jeunes vers l'entrepreneuriat, Francis Gilles juge primordial de faire un travail sur les réseaux professionnels. « Les différences d'accès au réseau créent des inégalités sociales considérables » fait-il valoir. Pour lui, il faut absolument encourager les universités, les unités de formation en général, à créer un réseau d'anciens, comme le font déjà les grandes écoles de commerce et d'ingénieur.  L'évolution vers des réseaux d'entrepreneurs doit se faire petit à petit, région par région, pierre par pierre. « Il faut donner le droit à l'expérimentation et multiplier les communautés virtuelles et réelles» résume-t-il.

« Pour les motiver à entreprendre, il faut apprendre aux Français à aimer leur entreprise, sortir de la vision qu'ont beaucoup de jeunes selon laquelle l'entreprise est simplement un lieu de combat » conclut Daisy Dourdet. 

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Commentaires
a écrit le 30/08/2013 à 11:16 :
aucune fiabilité dans le discours, on prend d'un coté, on redonne de l'autre sous la pression de ceux qui créent la richesse et sont plombés, ils veulent faire plaisir à tout le monde, pas de vagues, la paix sociale, c'est ça le dénominateur commun...donc ils ne font rein de significatif, le bateau coule, ils bouchent de petites brèches et laissant les plus grosses s'élargir !!!! donc une annonce d'aujourd'hui cache un retournement de demain..gérer c'est analyser, expliquer dans la transparence, prioriser, décider sur ce qui est majeur et suivre les résultats pour corriger temps réel....un langage de chinois dans le monde des marsupiaux politico-administratif !!! et on en créve !
Réponse de le 30/08/2013 à 11:42 :
+ 1000, diagnostic qui caractérise totalement le monde politique et administratif français alors que c'est totalement différent dans les pays nordiques, de vrais pros de la gestion, une culture de pme au service du citoyen, et les résultats vont avec !!! on est englué dans cette chianli qui ne décide de rien, maintien les privilèges qui nous ruinent, la dépense publique qui détruit profondément l'emploi, à virer !!!!
a écrit le 29/08/2013 à 22:05 :
pour les esprits dogmatiques et idéologiques socialo, l'entreprise, c'est le diable !! ils ne savent pas ce que c'est, n'ont jamais rien géré, ne savent que dépenser... alors un système qui est très réactif, arbitre, réorganise, sait tailler dans la mauvaise dépense, simplifier et optimiser ... c'est un très mauvais exemple à dénigrer pour éviter qu'on leur demande de faire la même chose avec les services administratifs et politiques qui absorbent tous les deniers publics !!!
Réponse de le 30/08/2013 à 11:11 :
aucun espoir à voir appliquer une vraie politique d'entreprise avec ces khmers roses, l'idéologie domine et évacue tout raisonnement logique. Moscouvichy devait lire son papier pour dire que la croissance passera bien par les entreprises, histoire de pas se tromper (la croissance passera par les syndicats et la fonction publique, heu non, c'est la dette..), ça devait lui arracher la gorge !
a écrit le 29/08/2013 à 21:54 :
la liberté d'entreprendre est la garantie du maximum d'emplois et de développement. en france, ce sont les syndicats, bras armés des politiques et de l'administation, représentant seulement 5% des tavailleurs, qui n'ont jamais mis les pieds dans une entreprise, qui bloquent tout le système par une surenchère électoraliste abominable, par les dogmes, principes, idéologie....en autiche, il n'y a aucune clause de licenciement, et horreur ... il n'y a que 4% de chômage, les employés sont les premiers à mettre la pression aux entreprises, en changer s'ils en sont pas contents des salaires...c'est ça la solution, par les règles à priori qui tuent l'emploi et font peur à tous, bloquent la société et démultiplie le chômage !!
Réponse de le 29/08/2013 à 22:55 :
totalement d'accord, un discours de la vraie vie de l'entreprise, qui n'a aucun écho chez les fonctionnaires politiques et administratifs !!!! ne parlons pas des inspecteurs du travail, cette branche très majoritairement CGT et dont le slogan est "quand j'entends le mot privé, je sors mon révolver !", comment avancer dans cette chianti destructrice ???
a écrit le 28/08/2013 à 21:48 :
Pour qu'un jeune est cette envie d'entreprendre il faudrait que certains métiers cessent d'être verrouillés par des ordres qui date de Vichy ou d'après guerre ou du corporatisme qui empêche l'émergence de nouvelles idées de développement, là le MEDEF est celui du XIX éme siècle, la défense des acquis même pour ceux qui détruisent le potentiel de croissance. Il faut également que le Medef et les syndicats cessent d'utiliser pour leur propre compte une partie des 34 milliards de la formation. Il faudrait également que les CCI s'occupe des jeunes qui cherchent une formation. il faut aussi que les entreprises acceptent d'embaucher pour un premier emploi,qu'elles acceptent de maintenir les seniors, qu'elles ouvrent grande leur porte à l'apprentissage. Il faut que l'Entreprise cesse de pleurer après les charges, souvent à juste titre, et l'Etat, mais qu'elle demande à celui-ci son aide dès que le soleil tape trop fort que la pluie devient une averse. Le Medef est comme le politique souvent dans le discours mais bien loin d'appliquer les règles qu'il prône avec beaucoup de "gueule". L'Entreprise est essentielle pour combattre le fléau du chômage qui est la plaie de tous nos maux, mais le Medef est devenu comme le politique un acteur du discours et de moins en moins un acteur entrepreneurial car il n' a pas réussi l'essentiel inviter le citoyen dans son train qui pourrait-être son plus sur allié.
Réponse de le 29/08/2013 à 1:05 :
Vous dites qu'il faut que "les entreprises acceptent d'embaucher pour un premier emploi" : je répond "banco", puisque 80% de mes salariés ont été embauchés pour leur 1er emploi! ...Sauf qu'après, si le salarié ne donne pas satisfaction, mettre fin au contrat est une galère sans fin : moi, en tout cas, je ne ferais plus cet effort tant qu'une porte de sortie ne me sera pas accordée !! C'est comme les propriétaires d'appart qui ne veulent plus louer parce que les droits du locataire sont déséquilibrés par rapport au proprio : trop de protection devient contre-productif !!!
Réponse de le 29/08/2013 à 6:28 :
@lyon 69, intéressant car il amène un sujet que le Medef ne souhaite jamais aborder les branches car selon celles-ci la période d'essai peut-être de 2+4 mois pour un ouvrier employé et plus pour technicien et cadre, le système des branches et le même principe que la quantité des régimes de retraite. Ne pas évaluer un salarié après 6 mois devient un autre sujet car bien des techniques d'évaluation y compris comportementales peuvent être effectuées. Trop de protection devient improductif tout à fait d'accord mais le pb en France personne ne fait confiance à personne car notre propre système politique n'est pas fiable là commence le mensonge, les partenaires sociaux sont incapables d'avoir une réelle vision du partenariat. Pour bourlinguer depuis des années le système de nos partenaires sociaux est archaïque plus fondé sur des idées conflictuelles dignes du XIX siècle que d'un XXI ouvert sur l'économie mondiale. L'affaire encore non jugée un loup politico/Medef?? de de la branche métallurgie est un exemple de cette médiocrité comme le refus des politiques de mettre sur la table l'étude sur les syndicats vous voyez chacun est dans son pré carré de la magouille politique et partenaires sociaux. Bon business.
Réponse de le 29/08/2013 à 16:21 :
Si vous pouvez excuser mon intrusion je vous en serez reconnaissant en ne répondant pas a vos critiques si vous en faites. Ceci écrit je ferai une remarque. De tout temps on reconnait un escroc a la phrase suivante ....faites moi confiance. Donner la possibilité aux employés de vérifier les comptes , posés des questions sur certains postes a priori surestimés. Ceci n est valable que pour les pmi en dessous de 20 emplois les sulbaternes savent si le patron à des larmes de crocodiles.
Réponse de le 29/08/2013 à 18:49 :
@paysan votre intrusion!!! est la bien venue car chacun à le droit de s'exprimer de plus votre courtoisie à un côté reposant . Pour revenir à votre commentaire les grands groupes donnent accès à leur compte dans bien des cas et plus particulièrement si ce groupe distribue de l'intéressement seul pb les représentants syndicaux sont soit incapables de lire un bilan et de poser des questions sur des sujets simples comme par exemple, sur la facturation à des filiales de l'image ou sur le côté support technique qui dans bien des cas est un pipo, soit et plus grave mais très courant pas intéressés car pour certaines centrales l'intéressement est un sujet d'entreprise capitaliste donc incompatible avec leur vision de l'économie. Autre possibilité faire appel à un cabinet extérieur et croyez moi il existe souvent un lien entre celui-ci et une centrale syndicale. Concernant les postes sur estimés ce n'est rien à côté des postes de complaisance politique , il serait intéressant par exemple de faire ouvrir les comptes d'AF et vous seriez surpris du nombre de politique qui est passé par cette entreprise sans jamais avoir eu un poste réel, vous avez également le fils ou la fille , ils peuvent avoir des compétences mais pour une bonne partie ils sont casés dans la com, ou la qualité. Le monde des grandes entreprises n'est pas un nuage bien blanc.
Réponse de le 26/09/2013 à 10:10 :
ca ressemble beaucoup à une A1 mais en plus vulgaire
a écrit le 28/08/2013 à 21:41 :
pour la souplesse, qu'ils fassent + de sport et moins de repas "d'affaires "
Réponse de le 29/08/2013 à 1:08 :
Et pour moins de souplesse, créez donc vous même votre propre emploi et embauchez un ou 2 salariés si c'est SI confortable... on en reparlera !!!
Réponse de le 29/08/2013 à 11:11 :
Vous etes syndicaliste CGT, Sud, autre ??? ou bien etait-ce une simple boutade d'assez mauvais gout ???
Réponse de le 29/08/2013 à 23:00 :
agressivité vis à vis de ceux qui travaillent dur et créent la richesse est majoritairement due à des planqués, fonctionnaires, politiciens... qui ont la dent dure et le propos facile dans la mesure où la paye est totalement indépendante de l'investissement personnel et des résultats, 35h max, aucuns objectifs sérieux, encore moins de mesure de performance, parlons pas de réorganisations pour faire mieux avec moins de moyens donc de deniers publics... et c'est la moitié de la france ....la réponse logique et trés pertinente du berger à la bergère !!
a écrit le 28/08/2013 à 21:09 :
il faut que les entrepreneurs en france reprennent une dose de confiance avec de la vaseline et du sable.... les autres comprendront qu'il vaut mieux creer une boite ailleurs..... ' jeunes de tous les pays de france, creez votre boite ailleurs' ( c'est mon cote marxiste dans la justice, desole)
a écrit le 28/08/2013 à 20:29 :
Dommage qu'un(e) entrepreneur(e) d'une TPE, artisan ou encore commerçant ne se soit pas prononcé et/ou interrogé. Les besoins et les demandes ne sont pas tout à fait les mêmes. Et, bien qu'ils représentent une grande partie des entreprises, on ne les entend pas assez. Pourtant, ce sont des structures qui sont incontournables et qui ont une capacité d'adaptation et de réaction non négligeable. et en plus, la délocalisation ne fait pas partie de leur préoccupation.
Dommage que les PME/firmes/groupes soient trop souvent mises en avant !
Réponse de le 28/08/2013 à 21:59 :
@Veronique : Voilà enfin de bien sages paroles... Quel dommage que personne ne veuille les entendre.
Réponse de le 28/08/2013 à 22:04 :
les TPE plus de 90 pour cent des entreprises françaises, premier C.A supérieur à 250 milliards, premier contribuable de France, premier employeur de France. Le pb des TPE tout d'abord leur refus de se mettre ensemble , la mesquinerie comme par exemple s'attaquer au AE dont la concurrence est ridicule. Une représentation UPA qui laisse pantois car complétement inaudible mais est-elle compétente pour parler des TPE ou est-elle devenue une baronnie????. L'intolérable système du RSI montre que les TPE ne sont pas représentées et entendues au niveau de l'Etat. La preuve le politique a placé une ministre qui sortie de la fac est tombée dans le meilleur des métiers la politique croyez vous qu'elle puisse vous défendre vous comprendre, agir dans un sens économique et non blabla comme l'affaire des AE qui a fait tant plaisir à la petitesse d'une partie des TPE et qui maintenant content de cette ridicule affaire vont bien sagement hiberner. @Véronique les TPE ont besoin de se faire entendre pour cela les jeunes entrepreneurs doivent s'allier peu importe le métier, les besoins en terme de fiscalité charges sont les mêmes, donner un grand coup de pied dans la fourmilière.

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