Université d'été du Medef : Denis Kessler président ?

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Que la fête commence. Au lendemain de l'annonce des grandes lignes de la nouvelle réforme des retraites, Pierre Gattaz, le nouveau président du Medef, va pouvoir donner la pleine mesure de son "Medef de combat" pendant les trois jours de tables rondes prévues lors de l'Université d'été du syndicat des patrons.
Jusqu'à vendredi, le campus de HEC à Jouy-en-Josas (Yvelines) verra défiler entrepreneurs, économistes, universitaires, ministres et même...militaires! Car le Medef se prépare à la guerre. En atteste le programme, qui prévoit des débats sur "L'Art de la Guerre", "La France à l'offensive", ou encore "Conquérir, toujours."
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>> LA FRANCE EN MARINIERE
A l'honneur de la dernière plénière de la journée, "La France à l'offensive", qui rassemble quelques ténors du Made in France dont le DG adjoint d'Hermès et le ministre du redressement productif, l'inénarrable Arnaud Montebourg. Et comme l'année passée, une petite huée se fait entendre à son arrivée. Intervention savoureuse à prévoir !
Mais avant cela, Jean-Claude Volot, Vice-Président du Medef, a appelé les patrons présents dans la salle à prendre le risque de l'exportation. De 100 000 entreprises exportatrices, il souhaite passer, d'ici à la fin de son mandat, à 140 000 entreprises ouvertes sur les marchés mondiaux. "Mais pour cela, j'ai besoin de vous" a-t-il lancé.
Au tour de Jean-Pascal Tricoire, PDG de Schneider Electrics de parler. Il remarque avec humour qu'il est aujourd'hui sur cette table "un patron de gauche, et même plus à gauche qu'Arnaud Montebourg, c'est dire!"
Mais le tribun en chef, celui qui a récolté tous les suffrages, c'est Denis Kessler, le PDG de Scor, qui a eu droit à une standing ovation après un discours d'un libéralisme décomplexé assumé :
>> EN JOUE... FEU ?
Le ministre de l'Economie, Pierre Moscovici, est arrivé à Jouy-en-Josas pour le débat "exceptionnel" avec Pierre Gattaz.
>> Lire le résumé : Pierre Moscovici tend la main au Medef, qui n'a pas l'intention de la lâcher
Ils sont nombreux à avoir voulu assister au spectacle :
L'accueil de Pierre Gattaz donne le ton :
Il appelle même l'audience à applaudir le ministre de l'économie pour avoir osé utiliser l'expression "raz-le-bol fiscal". Le public s'exécute.
Le patron du Medef fait part au ministre de ses doutes concernant la réforme des retraites, et de l'urgence qu'il y a de réduire rapidemment la fiscalité des entreprises.
Sur la réforme des retraites, Pierre Moscovici rassure :
Le ministre a également jugé devant les patrons que le niveau des prélèvements obligatoires des entreprises n'était pas "bon". Il a également estimé que le CICE était une mesure "de grande ampleur" mais qui ne suffisait pas pour alléger le coût du travail.
Le choc de simplification est prévu dès le 4 septembre, avec une loi d'habilitation pour réformer par ordonnances les règlementations des entreprises :
Une intervention dans la même veine que celle de ses collaborateurs gouvernementaux ce matin, qui tente d'apaiser les tensions entre les entrepreneurs et le gouvernement. Pour autant, Pierre Gattaz ne se laisse pas duper.
A l'invitation de Pierre Moscovici de venir en parler "le plus rapidemment possible, une fois votre université d'été terminée", le président du Medef le prend au mot :
>> JUST DO IT
Dernière conférence de la matinée avant le grand débat les yeux dans les yeux entre Pierre Moscovici, le ministre de l'Economie, et Pierre Gattaz, patron des patrons, à 14H.
Bernard Cazeneuve a déjà quitté le campus, et c'est dommage, car cette nouvelle table ronde le concernait directement : "La France, enfer fiscal?". En tout cas autour de la table, tout le monde a l'air d'accord pour répondre "oui" à la question posée.
René Ricol, président de Ricol Lasteyrie dénonce des taxes plus chères que leur rendement :
Bernard Badré, de la Banque mondiale, veut quand même nuancer la définition d' "enfer fiscal". Pour animer le débat sans doute, mais aussi parce qu'il ne faut pas pousser :
D'ailleurs, ce dernier en profite pour tacler un peu la méthode française :
Un trait d'esprit qui fait mouche. Après Johnny Halliday en musique d'attente de Bercy, la France troquera-t-elle son "Liberté, Egalité, Fraternité" contre le slogan de Nike ?
>> OPERATION SEDUCTION
En cette deuxième journée de réflexions, l'université d'été du Medef accueille la ministre du Commerce et de l'Artisanat, Sylvia Pinel, pour une conférence débat sur la réussite. Selon le programme, "en France, les entrepreneurs ne sont pas considérés comme des héros. Leur réussite est ignorée." La ministre met donc d'emblée les points sur les i :
Sur les mesures à prendre pour encourager à la réussite, Stanislas de Bentzmann, président de Croissance Plus, appelle à revoir l'enseignement de l'économie à l'école :
Sylvia Pinel tente de rassurer, en annonçant que le gouvernement tient à ce que les entreprises réussissent :
Mais Xavier Fontanet ne l'entend pas de cette oreille, il lui faut du concret :
>> Lire aussi : Au Medef, Sylvia Pinel subit les foudres de patrons excédés
Pendant ce temps...
La ministre chargée des PME, de l'innovation et de l'Economie numérique, Fleur Pellerin, discute faillite avec des chefs d'entreprises (dont Thibault Lanxade, PDG d'Aqoba, qui dirige également le pôle TPE-PME du Medef).
Les réactions de ses voisins de chaise semblent pourtant assez loin du "Medef de combat" voulu par Pierre Gattaz, selon certains commentateurs...
La ministre semble même avoir conquis une partie de ses interlocuteurs, comme Philippe Rambaud, président de 60 000 rebonds :
A la fin du débat, il semblerait que Thibault Lanxade soit toutefois sorti de la torpeur ambiante. Alors que la réforme des retraites prévoit d'instaurer un compte-temps pénibilité pour les travailleurs aux métiers les plus physiquement difficiles, le vice-président du Medef a demandé à Fleur Pellerin de prendre en compte la pénibilité des entrepreneurs :
Pendant ce temps (bis) ...
Le ministre du Budget est sur le grill au débat "Pas de capitalisme sans capital". Bernard Cazeneuve choisit donc le copinage, et concède qu'il y a trop de charges qui pèsent sur les entreprises. A peu près au même moment, à Paris, Marisol Touraine confirme une baisse du coût du travail. C'est ce qui s'appelle être raccord :
"Je suis personnellement convaincu que le rétablissement des comptes publics ne peut pas se faire par la mobilisation continue de la pression fiscale et que nous devons privilégier les économies de dépenses. " a-t-il également annoncé. "Le budget qui sera présenté dans quelques semaines en conseil des ministres et au Parlement est un budget qui, pour la première fois depuis longtemps, affichera une diminution des dépenses nettes de l'Etat de 1,5 milliard et une économie globale de près de 14 milliards"
Le ministre a par ailleurs cité plusieurs mesures concernant le financement des entreprises, annoncées ou en cours de préparation dont la hausse du plafond du plan d'épargne en actions (PEA) et la création d'un PEA à destination des petites et moyennes entreprises, un nouveau régime de fiscalité des plus-values immobilières "beaucoup plus incitatif pour ceux qui prennent des risques pour investir dans l'entreprise" et une "réflexion en cours sur la fiscalité de l'assurance-vie".
Fort de ces annonces, le ministre se permet même des petites blagues :
>> "REGARDER LA REALITE EN FACE"
Pendant que d'un coté du campus on se demande si "le pessimisme des Français ne serait pas un signe de lucidité, de sagesse ", de l'autre côté, l'on s'interroge : "La France deviendrait-elle lucide ?" En présence notamment de Jean Charest, ancien Premier ministre québécois, de Nathalie Loiseau, directrice générale de l'ENA et Geneviève Fioraso, ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche. L'occasion d'annoncer la réforme de l'université, et la création d'un nouveau comité pour l'emploi :
>> "Y CROIRE, TOUJOURS"
Vaste programme pour cette table ronde qui réunit, entre autres, Jacques Séguela (qu'on ne présente plus) et Bernard Spitz, président de la Fédération française des sociétés d'assurances.
Après avoir constaté que les français riaient 10 minutes de moins par jour qu'il y a cent ans, l'ancien publicitaire a fait l'apologie de l'optimisme, et notamment sur les réseaux sociaux.
Chez les twittos, l'occasion de s'adonner à une partie de #SéguelaBashing :
>> COMMISSIONS
En paralèlle de l'université d'été, Pierre Gattaz a nommé les Vice-présidents des 29 commissions qui composeront désormais le Medef, réunis dans 9 pôles thématique : pôle France2020, pôle économique, fiscal, innovation, numérique ou encore le pôle Entrepreneuriat et croissance. La liste complète est disponible ici.
>> THINK TANK
Le Medef profite de son université d'été pour lancer son Think Tank collaboratif. Si le gouvernement a planché pendant les vacances sur la France de 2025, le syndicat patronal préfère voir à moins long terme, et propose à ses adhérents de déposer des propositions pour construire la France de 2020. Les contributions sont ouvertes sur le site https://www.france-2020.com/.
>> 14 H : OUVERTURE
Dans son discours d'introduction, Pierre Gattaz ne mâche pas ses mots. Il attaque le gouvernement sur son optimisme affiché quant à la croissance et l'appelle à faire le choix de l'entreprise, pour une reprise réelle et durable.
Pour cela, le président du Medef demande un allègement de 100 milliards d'euros des charges qui pèsent sur les entreprises, dans les cinq ans à venir. Tonnerre d'applaudissement dans la salle :
Sur la transition énergétique, le président du Medef ne veut pas "retourner en arrière", c'est à dire arrêter le nucléaire. En revanche, il reviendrait bien sur les 35H, et sur l'ISF, ce qui lui vaut une nouvelle salve d'applaudissements :
Mais derrière les applaudissements, les patrons semblent plus mesurés que leur chef de file.
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>> 13H : Les membres du Medef commencent à arriver pour le discours de Pierre Gattaz, qui devrait avoir lieu à 14H. Le bleu est à l'honneur :
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