Bien sûr, il y a Lille, la référence dans l'histoire des capitales européennes de la culture (CEC). Mais il y a aussi Gênes, Glasgow ou encore Essen qui ont vécu une véritable renaissance en misant sur le culturel. Certaines connaissent même une résurrection, comme Liverpool en 2008 et ses 9 millions d'euros de bénéfices, ses 5,2 millions de visiteurs et la hausse vertigineuse (65 %) de la fréquentation de ses musées.
À ce régime-là, qui ne voudrait pas en être ? Même si certaines villes n'ont pas toujours su relever le défi, comme Thessalonique, Patras ou Istanbul, faute d'une bonne gestion financière. Mais depuis presque trente ans que les CEC existent, les villes candidates ont appris à tirer parti des expériences du passé. Et quand Marseille pose sa candidature pour l'année 2013, c'est tout un aréopage qui se déplace à la Commission européenne de Bruxelles.
Jean-Claude Gaudin, le maire, est accompagné des représentants des conseils général et régional, mais aussi du président de la CCI, Jacques Pfister, et d'une délégation de chefs d'entreprise. En face et en lice : Bordeaux, représenté par le seul Alain Juppé. Il ne fera pas le poids. Quand une ville se mobilise à ce point, il y a fort à parier que l'objectif est prometteur.
Et, de fait, le 30 juin dernier, la cité phocéenne dépassait largement ses prévisions : au lieu des 2 millions de visiteurs attendus à cette date, leur nombre réel s'élevait déjà à 3,5 millions, le Mucem (musée des Civilisations de l'Europe et de la Méditerranée) en réunissant à lui seul presque 1 million. Corinne Brenet, présidente fondatrice de Mécènes du Sud et directrice générale d'une société de courtage, a été l'une des premières à défendre la candidature marseillaise :
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C'est clair : sans gestion efficiente, pas de retour sur investissement. Et Françoise Benhamou, économiste spécialiste de la culture, de rappeler qu'« il ne faut pas oublier qu'investir dans la culture génère inévitablement des dépenses avec des budgets de fonctionnement souvent importants. Le danger serait d'avoir une vision angélique de la culture. Or la culture n'est pas un remède à elle seule, c'est un outil qui génère un apport économique plus indirect que direct. Mais c'est aussi et surtout un élément de bien-être, du vivre ensemble, de la qualité de vie et de la citoyenneté. » Une question d'équilibre, en somme.
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