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ÉconomieFrance

Ecoutes de Sarkozy : Ayrault et Taubira savaient. Et François Hollande ?

Photo de Florence Trainar

latribune.fr

Publié le 12 mars 2014 à 08:29 - Mis à jour le 12 mars 2014 à 13:30

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Le parquet général aurait transmis à la ministre de la Justice le 26 février une synthèse des écoutes visant l'ancien président et son avocat. L'UMP dénonce un "véritable espionnage politique".

François Hollande avait-il connaissance des écoutes de Sarkozy ? C'est la question que se posent désormais plusieurs représentants de l'opposition. Interrogé mardi au journal de 20 heures de France 2, le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a reconnu que Christine Taubira et lui-même avaient été informés du placement sur écoutes de Nicolas Sarkozy. Des aveux qui contredisent les dires de la Garde des Sceaux.

Versions contradictoires

Selon le Canard Enchaîné à paraître mercredi, le parquet aurait transmis à Christiane Taubira une synthèse des écoutes le 26 février, date de l'ouverture d'une information pour trafic d'influence visant Nicolas Sarkozy et son entourage.

Or la ministre de la Justice avait soutenu lundi sur France Info et TF1 ne pas avoir été au courant de l'affaire avant la lecture de l'article du Monde la révélant vendredi 7 mars.

Mais, d'après les informations de l'hebdomadaire satirique, elle recevrait en réalité "régulièrement un résumé du déroulé de l'enquête, comprenant une synthèse des écoutes téléphoniques".

"A partir du moment où le juge d'instruction verse les écoutes au dossier, le procureur général transmet les informations à la ministre de la Justice" explique un haut magistrat au Canard Enchaîné.

Prise de parole exceptionnelle

De façon exceptionnelle, la ministre de la Justice a pris la parole à l'issue du conseil des ministres mercredi, avant le traditionnel point-presse de la porte parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem.

La ministre de la justice Christiane Taubira a les accusations de mensonge dont elle fait l'objet. "Non, je n'ai pas d'informations concernant la date, la durée, le contenu des interceptions judiciaires", "le contenu des procédures n'est pas remonté à la chancellerie".

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"Il paraît que j'ai des synthèses d'écoutes. C'est votre liberté et votre imagination de penser ça", a-t-elle ajouté. Elle a, par ailleurs, indiqué qu'elle n'avait pas informé le président de la République de l'existence d'écoutes judiciaires visant Nicolas Sarkozy.

Le chef de l'Etat a néanmoins été mis au courant le 4 mars de perquisitions au cabinet de Thierry Herzog, "car le président ne peut pas être exposé à l'ignorance totale".

"Espionnage politique"

Quant au ministre de l'Intérieur Manuel Valls, qui a assuré sur RTL avoir pris connaissance de l'affaire par la presse le 7 mars, et pas avant, le journal affirme que les officiers de police judiciaire peuvent "à sa demande, lui faire parvenir régulièrement leur rapport sur l'avancement de l'enquête".

Des accusations que Jean-Marc Ayrault a démenti sur France 2. Selon le Premier ministre, le gouvernement "n'a pas appris le contenu des écoutes" judiciaires visant Nicolas Sarkozy, et n'en connaissait que l'existence depuis le le 26 février.

"Trop, c'est trop, cette affaire est en train de revêtir une exceptionnelle gravité", a réagi dans un communiqué Jean-François Copé, avant de demander au président François Hollande de "dire la vérité aux Français sur cette affaire d'Etat qui s'apparente à un véritable espionnage politique".

Hollande au courant ?

Les députés UMP ont donc demandé mardi à Jean-Marc Ayrault de réunir "en urgence" le Parlement pour s'expliquer sur ces écoutes, tandis que l'ancien Premier ministre François Fillon se disait lui favorable à une commission d'enquête parlementaire. Jean-Marc Ayrault a opposé une fin de non-recevoir à ces demandes, considérant que le Parlement ne devait pas "s'occuper des affaires de justice".

"J'ai beaucoup de mal à imaginer que le garde des Sceaux et le Premier ministre ne soient pas informés (de ces écoutes, ndlr), et à partir de là le président de la République l'est" et ainsi "l'Etat de droit est bafoué", avait dit Jean-François Copé lors d'une réunion du groupe UMP mardi.

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François Hollande s'est dit prêt à recevoir le bâtonnier de Paris et le président de l'Union syndicale des magistrats (USM) tout en rappelant explique qu'il ne lui "appartient pas, en vertu de la séparation des pouvoirs, de (s')immiscer" dans une affaire judiciaire.

[Edité à 14h00 avec déclaration de Christiane Taubira]

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